Les interactions moustiques-microplastiques, une menace pour la santé publique. – MOMI-TPH
La production mondiale de plastique n'a cessé d’augmenter au cours des cinquante dernières années. Cependant, seulement 21 % des plastiques ont été incinérés ou recyclés, tandis que près d’un quart de la production totale finit dans l’environnement. Avec le temps, ces plastiques subissent une dégradation chimique, physique et biologique, se fragmentant en particules plus petites appelées microplastiques. Lorsqu’ils sont ingérés, les microplastiques peuvent affecter les organismes aux niveaux moléculaire, cellulaire et systémique, faisant d’eux un problème majeur de santé publique.
Les moustiques, en tant que vecteurs de maladies, représentent une menace sanitaire mondiale. Des études récentes suggèrent que les interactions entre les microplastiques et les moustiques pourraient accentuer leur impact sur la santé publique. Le moustique tigre (Aedes albopictus) constitue un modèle idéal pour étudier le lien entre la pollution aux microplastiques et la transmission des maladies vectorielles. En effet, au cours du dernier siècle, Ae. albopictus est devenu l’espèce de moustique la plus invasive au monde grâce à sa remarquable capacité d’adaptation aux environnements urbains. Ses larves prospèrent dans des récipients artificiels contenant de l’eau, tels que les pneus usagés, les soucoupes de pots de fleurs, les débris plastiques et les collecteurs d’eau de pluie—autant de sites où elles sont continuellement exposées à la contamination par les microplastiques. De plus, ce moustique est un vecteur majeur de plusieurs maladies virales, notamment la dengue, le chikungunya, la fièvre jaune et le Zika.
Le projet MOMI-TPH adoptera une approche eco-health intégrant trois composantes clés : 1) Un échantillonnage sur le terrain pour établir la relation réelle entre le risque d’exposition des larves et l’ingestion de microplastiques en milieu naturel; 2) Des expériences comportementales pour évaluer l’impact de l’ingestion de microplastiques sur la mobilité larvaire et leur capacité à acquérir de la nourriture; 3) Des infections expérimentales en laboratoire pour examiner comment l’ingestion de microplastiques influence les traits de vie du moustique et la réplication virale en son sein; et 4) Une modélisation mathématique pour prédire les résultats épidémiologiques potentiels.
Grâce à cette approche globale, nous établirons pour la première fois une relation précise entre la présence de microplastiques dans les habitats larvaires et ceux effectivement ingérés par les larves de moustiques. Ces travaux permettront également d’anticiper l’impact de la pollution aux microplastiques sur l’épidémiologie des arbovirus à transmission vectorielle tels que la dengue et le chikungunya.
Coordination du projet
Olivier Roux (INSTITUT DE RECHERCHE POUR LE DEVELOPPEMENT)
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Partenariat
IRD INSTITUT DE RECHERCHE POUR LE DEVELOPPEMENT
L2C UNIVERSITÉ DE MONTPELLIER (EPE)
Aide de l'ANR 562 497 euros
Début et durée du projet scientifique :
novembre 2025
- 48 Mois