CE54 - Arts, langues, littératures, philosophies 2024

La littérature russe face à la guerre en Ukraine – ARTATWAR

La littérature russe face à la guerre en Ukraine

Comment la guerre en Ukraine appelle-t-elle à un renouvellement des approches sur la littérature russe et modifie-t-elle les pratiques et les représentations littéraires contemporaines?

Lire le canon russe à l'épreuve de la guerre

La guerre en cours en Ukraine a profondément changé le visage de la littérature russe, comme le regard que nous portons sur elle. Tandis que s’organisent des campagnes de boycott de l’art russe, de nouvelles pratiques littéraires permettant aux artistes d’exprimer leur désaccord et de manifester une résistance contre la guerre d’agression émergent sur le territoire russe et chez les récents émigrés. D’un autre côté, la guerre a fait naître de nouvelles perspectives sur le canon littéraire russe, changeant notre manière d’appréhender ce qui était considéré comme « russe » ou comme « ukrainien », dans une perspective décoloniale jusqu’alors très peu présente dans les études slaves. Pourtant, ces transformations n’ont pas encore eu d’impact notable dans le champ français des études slaves : elles n’ont pas modifié structurellement notre façon d’étudier la littérature russe, notre rapport à des auteurs ou des objets contestés, ni nos pratiques pédagogiques sur ces problèmes que l’actualité rend particulièrement complexes. À la lumière des transformations provoquées par la guerre tragique en Ukraine, le projet « ArtAtWar » se veut un incubateur de perspectives innovantes sur l’histoire littéraire russe, à travers l’analyse conjointe (a) de nouvelles pratiques d’écriture dans la Russie contemporaine et (b) des redéfinitions en cours du canon littéraire russe, de ses frontières et de son contenu. Au cœur du projet se trouve un tournant méthodologique majeur, grâce à l’implémentation d’une approche transnationale où la littérature russe n’est pas étudiée comme un objet clos sur lui-même, mais dans un contexte global et en relation avec d’autres littératures. Pour produire la plus-value scientifique recherchée, ce projet coordonné par une spécialiste émergente rassemble une équipe de jeunes chercheurs en littérature russe, ukrainienne ou comparée (parfois issus du programme PAUSE-Solidarité Ukraine) et développe des outils créatifs issus des humanités numériques.

Le projet ArtAtWar poursuit deux objectifs : a) développer les études transnationales dans le domaine des études russes en France, à la fois comme sujet de recherche et comme méthodologie de recherche. Le projet démontrera la fécondité de cette approche à ces deux niveaux : en tant que sujet de recherche,les perspectives transnationales nous permettent d'aborder le canon comme une construction culturelle à travers une perspective comparatiste et d'aborder de nouveaux objets (tels que le réexamen d'auteurs géographiquement et ethniquement marginalisés dans le canon stabilisé) ;en tant que méthodologie, elle apporte plus d'objectivité scientifique au domaine car elle suppose de regarder les phénomènes culturels de l'extérieur : ainsi, elle crée une distance par rapport aux discours produits dans le pays qui pourraient être porteurs d'idéologie et met fortement l'accent sur les relations littéraires et culturelles entre différents espaces plutôt que sur un seul pays. Cette approche apparaît comme une réponse adéquate à la situation du domaine universitaire dans le contexte de la guerre en Ukraine, car elle permet aux chercheurs de continuer à développer leurs intérêts de recherche sur la Russie ou l'espace russophone, mais dans une perspective qui autorise le pluralisme des points de vue et la relativisation des discours traditionnels produits en Russie. b) promouvoir les outils et les approches européens dans le domaine des études transnationales : les études transnationales sont souvent associées à la sphère universitaire anglo-saxonne. Le projet vise à combler le fossé avec l'expertise développée dans ce domaine en dehors de l'Europe, mais aussi à mettre en œuvre et à valoriser dans le domaine international des études transnationales les outils, concepts et approches qui ont été développés au niveau européen. En effet, le paradigme de l'« histoire croisée », une branche de l'histoire connectée qui nous aide à comprendre comment l'histoire peut être écrite dans une nouvelle perspective lorsqu'elle ne se concentre pas sur un seul pays, mais plutôt sur les relations entre plusieurs zones, permet aux chercheurs de se concentrer sur les trajectoires des acteurs et l'interaction des sphères culturelles plutôt que sur le niveau politique dans une perspective monolithique ; la notion de « frontière fantôme » (qui met en évidence la permanence des anciennes frontières qui ont disparu au niveau politique mais restent actives sur le plan culturel) permet aux chercheurs de mieux comprendre l'importance de la culture dans des zones spécifiques ayant une longue histoire de changements de dirigeants au sein d'empires et de nations en mouvement.

 

 

 

Frise chronologique sur le Pouchkinopad :

octant.unistra.fr/story/158191d3-f84d-41f0-a9ef-27ddb1c9838f

 

Collection HAL du projet

hal.science/ARTATWAR

 

Chaîne vidéo sur Pod

pod.unistra.fr/artatwar/

 

 

La guerre en cours en Ukraine a profondément changé le visage de la littérature russe, comme le regard que nous portons sur elle. Tandis que s’organisent des campagnes de boycott de l’art russe, de nouvelles pratiques littéraires permettant aux artistes d’exprimer leur désaccord et de manifester une résistance contre la guerre d’agression émergent sur le territoire russe et chez les récents émigrés. D’un autre côté, la guerre a fait naître de nouvelles perspectives sur le canon littéraire russe, changeant notre manière d’appréhender ce qui était considéré comme « russe » ou comme « ukrainien », dans une perspective décoloniale jusqu’alors très peu présente dans les études slaves.
Pourtant, ces transformations n’ont pas encore eu d’impact notable dans le champ français des études slaves : elles n’ont pas modifié structurellement notre façon d’étudier la littérature russe, notre rapport à des auteurs ou des objets contestés, ni nos pratiques pédagogiques sur ces problèmes que l’actualité rend particulièrement complexes.
À la lumière des transformations provoquées par la guerre tragique en Ukraine, le projet « ArtAtWar » se veut un incubateur de perspectives innovantes sur l’histoire littéraire russe, à travers l’analyse conjointe (a) de nouvelles pratiques d’écriture dans la Russie contemporaine et (b) des redéfinitions en cours du canon littéraire russe, de ses frontières et de son contenu. Au cœur du projet se trouve un tournant méthodologique majeur, grâce à l’implémentation d’une approche transnationale où la littérature russe n’est pas étudiée comme un objet clos sur lui-même, mais dans un contexte global et en relation avec d’autres littératures.
Pour produire la plus-value scientifique recherchée, ce projet coordonné par une spécialiste émergente rassemble une équipe de jeunes chercheurs en littérature russe, ukrainienne ou comparée (parfois issus du programme PAUSE-Solidarité Ukraine) et développe des outils créatifs issus des humanités numériques.

Coordination du projet

Victoire Feuillebois (Université Strasbourg)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

GEO Université Strasbourg

Aide de l'ANR 490 379 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2025 - 36 Mois

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