Comprendre, mesurer et renforcer la résilience d'un système en cas de crise humanitaire – ResHI
Ce projet de recherche participative, proposé en collaboration avec Handicap International, a pour objectif de travailler sur la résilience des sociétés. Nous proposons une approche permettant d’appréhender les instabilités systémiques par un changement de perspective, en se basant non pas sur l’étude des composants distincts du réseau, mais sur les interactions entre ces composants. Nous proposons de coupler des outils mathématiques comme les réseaux et des approches d’analyse et d’évaluation des risques.
Dans un premier temps, il s’agira de modéliser un environnement logistique (entrepôts, aéroports, hôpitaux, écoles, camps de réfugiés, routes, etc.) au travers de leurs interactions, formant ainsi un réseau complexe multi-couches. Ce modèle permettra de mieux comprendre les liens entre tous les constituants du système et servira de base de travail pour les deux étapes suivantes. L’utilisation des indicateurs topologiques usuels sera revue de manière à regrouper les entités par clusters de même nature sémantique, pour assurer la cohérence des analyses.
Dans un second temps, nous travaillerons sur la mesure de la robustesse et de la résilience en incluant les mécanismes de défaillance en cascade qui peuvent intervenir lors de crises. Nous passerons par une analyse des risques de survenue des crises pour que ces attaques aient une probabilité d’apparition conforme à la réalité terrain. Nous testerons la capacité du réseau à redevenir rapidement fonctionnel après une suite de perturbations. Nous proposerons ainsi un nouvel indicateur de robustesse pour les réseaux complexes et intégrerons cet indicateur dans une proposition qui unifie des approches de résilience théoriques et les approches organisationnelles. Les nouvelles propositions scientifiques seront de plus mises en œuvre dans un contexte multicouches apportant une réelle plus value du projet pour la littérature encore frugale à ce sujet. Nous chercherons ensuite à prioriser les actions à mener (remettre en état un pont ou un aéroport par exemple) pour atténuer les impacts de la crise en maximisant le passage des flux de produits et de personnes.
Dans un troisième temps, nous chercherons à atteindre une meilleure efficience dans l’affectation des ressources disponibles, en prenant en compte l’aspect dynamique de la réponse à la crise. En fonction des actions déjà réalisées et d’autres facteurs externes, les besoins évoluent. L’utilisation d’approches classiques pour piloter les systèmes et corriger leurs trajectoires méritent d’être testées dans un contexte très différent de leur utilisation habituelle, plutôt en automatique. Enfin, en comparant des contextes de crises de différents types et de leur trajectoire, nous étudierons les similarités entre crises, pour arriver à la notion de signature de crise.
Nous commencerons par appliquer notre approche au cas de Madagascar, où les régions de Diana et Boeny notamment sont très vulnérables aux crises naturelles comme les cyclones et les inondations. Ensuite nous nous pencherons sur un cas plus complexe comme celui d'Haïti ou du Mozambique, où le contexte politique, sécuritaire et environnemental entraîne des défis logistiques majeurs. En effet, les contraintes de sécurité et l'état des infrastructures dans ces zones, ainsi que les mouvements réguliers des populations affectées rendent difficiles la planification et la distribution efficaces des fournitures essentielles. Une application à plus grande échelle, sur les réseaux européens, est également prévue.
Coordination du projet
Aurélie Charles (DECISION, INFORMATION POUR LES SYSTEMES DE PRODUCTION)
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Partenariat
DISP DECISION, INFORMATION POUR LES SYSTEMES DE PRODUCTION
Aide de l'ANR 264 682 euros
Début et durée du projet scientifique :
janvier 2025
- 48 Mois