CE17 - Recherche translationnelle en santé 2024

Rétentions primaires des molaires : décrypter leurs origines moléculaires. – PRIRETORI

Rétentions primaires des molaires : élucider leurs origines moléculaires.

En élucidant l’origine moléculaire des rétentions primaires des molaires (altérations de la voie de signalisation RANKL), qu’elles soient d’origine génétique ou environnementale, ce projet devrait permettre de les prendre en charge plus tôt en clinique (objectif clinique final) et, au moins pour les formes génétiques dont la survenue peut être anticipée (mutations identifiées), d’envisager une approche thérapeutique fondée sur la correction locale de la voie de signalisation RANKL.

Rétentions primaires des molaires : élucider leurs origines moléculaires.

L'objectif du projet est d'établir que les rétentions primaires des molaires, qu'elles soient d'origine génétique ou environnementale, correspondent à des perturbations transitoires de la voie de signalisation RANKL/RANK/OPG au niveau du complexe dento-alvéolaire au cours de la petite enfance.

Les recherches s’articulent autour de deux volets. Le premier volet correspond à l’identification de variations génétiques chez les patients atteints de formes familiales de rétentions primaires, afin de pouvoir évaluer in vitro comment ces variations génétiques affectent la voie de signalisation RANKL/RANK/OPG.
Le deuxième volet consiste à déterminer, à l’aide de notre modèle vivo d’induction de rétention primaire des molaires, quels sont les agents pharmacologiques et chimiques (suspectés d’après le questionnaire d’exposition des patients) responsables de la rétention primaire, puis comment ces agents perturbent la voie de signalisation RANKL/RANK/OPG.

Pendant les 18 premiers mois du projet, les travaux prévus ont tous été engagés. Les parties administratives (autorisations) ont été obtenues avec un peu de retard, mais sans entraver la mise en place de la cohorte et la réalisation des analyses génétiques avec le consentement éclairé des patients dans le cadre du diagnostique utile au soin des patients. La cohorte compte au 1 juillet 2026 quarante patients dont dix-huit formes génétiques correspondant à 15 familles. Concernant les variations identifiées, quatorze concernent le gène PTH1R et une le gène KMT2C. Uniquement deux de ces variations ont déjà été décrites (dans PTH1R). Concernant les formes environnementales (vingt-deux) les questionnaires d’exposition ont permis d’identifier quelques agents pharmaceutiques qui pourrait être impliqués, en particulier quelques antibiotiques dont l’étude in vivo commencera en septembre 2026.

La cohorte s’agrandit continuellement et nous devrions atteindre les soixante patients prévus avant 2028 donc en avance par rapport au calendrier. Un article complet sur la cohorte incluant les résultats des analyses génétiques et l’ensemble des critères cliniques est en préparation pour soumission dans un journal international. Il ne fait à ce stade aucun doute que l’ensemble des objectifs du projet seront atteints.

Une publication en Français dans une revue de spécialité clinique.
Trois présentations en congrès nationaux :
1. 27ème Journées d’Orthodontie 7-9 novembre 2025, Paris.
2. 9ème Symposium O-Rares 27 mars 2026, Nantes
3. 97ème réunion scientifique de la SFODF 8-9 mai 2026, Deauville

Résumé de soumission

Les rétentions primaires des molaires sont des pathologies rares nécessitant une prise en charge précoce dont la prévalence semble augmentée. Des formes familiales (génétiques) et environnementales (non-génétiques) ont été observées, avec des mutations du récepteur PTH1R pour certaines formes familiales, sans pour autant que leur origine moléculaire est pu être précisément établie. Les travaux antérieurs de notre consortium suggèrent que ces rétentions puissent être secondaires à des altérations locales ou systémiques de la signalisation RANKL au cours de la croissance. Le projet présenté a donc pour hypothèse que pendant l'enfance, des altérations transitoires locales ou systémiques de cette signalisation, dont l'origine peut être environnementale ou génétique, soient responsables des rétentions primaires. L'objectif du projet est donc d'établir que pendant la croissance, des perturbations transitoires de cette signalisation dans le complexe dento-alvéolaire sont impliquées dans l'apparition des rétentions primaires. Dans ce but, une approche synergique avec trois axes de recherche sera développée. Le premier est une étude de l'expression des acteurs de la signalisation RANKL dans des échantillons/biopsies de patients du service d'Odontologie de l'hôpital Pitié-Salpêtrière. Le second est l’identification de l'étiologie moléculaire de toutes les formes familiales. Enfin le troisième est l’investigation des origines des perturbations de la signalisation RANKL impliquées dans l'apparition des formes environnementales, dans un modèle murin, avec deux types d’agents étudiés, des agents pharmacologiques (bisphosphonates, antibiotiques, analgésiques/anti-inflammatoires) et des agents chimiques (perturbateurs endocriniens, pesticides), en s’appuyant sur un questionnaire d’exposition (Exposome) réalisé auprès des patients. La perspective est une meilleure connaissance des origines des rétentions primaires pour un diagnostique et une prise en charge plus précoces.

Coordination du projet

Frederic Lezot (Institut national de la sante et de la recherche medicale)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

UMR_S933 Institut national de la sante et de la recherche medicale
DMU CHIR Assistance Publique des Hôpitaux de Paris

Aide de l'ANR 368 875 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2024 - 48 Mois

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