Pratiques des populations aisées et environnement – POAEE
La question des inégalités dans les émissions de gaz à effet de serre et la contribution disproportionnée d’un petit groupe de « gros émetteurs » est un sujet de recherche émergent (Mattioli et al., 2023). En effet, les pratiques énergétiques des plus riches sont des leviers de réduction des émissions, à la fois par l’ampleur de leurs impacts climatiques propres et par les aspirations sociales qu’ils contribuent à maintenir.
Pourtant, les riches sont un groupe social dont les pratiques de consommation – et en particulier énergétiques – sont peu connues (Observatoire des inégalités, 2022), et restent largement un impensé des politiques climatiques. Au-delà de travaux centrés sur les 1 % les plus riches, qui ne résument pas la diversité de la richesse, l’attention aux pratiques énergétiques domestiques s’est surtout concentrée sur les populations précaires.
Le projet ENER-RICHES s’inscrit dans ce sujet émergent en abordant la consommation à travers le prisme de la classe sociale, pour étudier en parallèle la structure des consommations énergétiques des riches en France et les dynamiques de politisation de ces consommations. Il mobilise pour cela les deux champs de la political ecology et de la théorie des pratiques.
La mise en œuvre de ce programme de recherche repose sur trois hypothèses. Il postule que la stratification sociale de la consommation est reflétée par des formes spécifiques de consommation énergétique chez les ménages riches, qu’il s’agit d’objectiver par le moyen d’une enquête. Il fait l’hypothèse que ces derniers disposent de leviers politiques importants, qui sont un facteur explicatif de l’invisibilisation de leurs consommations énergétiques dans les politiques climatiques, une hypothèse explorée à partir des propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat. Enfin, il aborde l’évolution de ce qui est acceptable dans l’opinion publique en matière d’encadrement des consommations énergétiques des riches par une analyse des réseaux sociaux.
Coordination du projet
Lise Desvallées (Laboratoire Transitions énergétiques et environnementales)
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Partenariat
TREE Laboratoire Transitions énergétiques et environnementales
Aide de l'ANR 290 596 euros
Début et durée du projet scientifique :
décembre 2024
- 48 Mois