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En marge de l'économie mondiale : Histoires parallèles de la connaissance économique en temps d'incertitude – LOGE

Résumé de soumission

Que savons-nous vraiment de l’économie mondiale ? Les indicateurs économiques internationaux sont devenus partie intégrante du langage standard du commerce mondial et des prévisions gouvernementales et institutionnelles. Les évaluations annuelles de l’économie mondiale du Fonds monétaire international, les indicateurs de développement de la Banque mondiale, le Système de comptabilité nationale des Nations Unies, ainsi que les publications statistiques historiques de l'Organisation de coopération et de développement économiques, présentent tous les activités, stocks et flux qu’ils recueillent comme un reflet naturel de la réalité économique, aisément converti en tableaux de chiffres. Cependant, ces définitions normatives et conventions comptables confinent l'économie observée aux activités monétisées, excluant ainsi le travail domestique, l'entraide collaborative des communautés les plus vulnérables, l'agriculture de subsistance, l'activité économique non marchande, l'économie informelle et les externalités environnementales.
"Living Outside the Global Economy" (LOGE) explore un siècle de critiques remettant en question les définitions institutionnelles et les mesures de l'économie mondiale. Notre attention se porte sur des figures marginalisées, principalement des femmes, qui ont collaboré avec des organisations internationales en période d'incertitude, lorsque les connaissances institutionnelles conventionnelles se sont avérées insuffisantes. Ces statisticiennes, économistes, sociologues, démographes, biologistes et physiciennes, ignorées par l'historiographie, ont contribué de façon innovante à rendre compte des expériences humaines et non humaines exclues des observations traditionnelles de l'économie mondiale. Leurs travaux ont mis en avant à quel point la restriction de l'économie aux notions de “production”, excluant les notions de “reproduction”, “extraction” et “destruction”, ainsi que les frontières et les océans en tant que sites centraux d'extractivisme et de destruction environnementale, entraînait des biais incommensurables dans les recensements nationaux, les pratiques de modélisation macro- et micro-économiques, ainsi que dans les programmes de développement. Ces critiques ont également été parmi les premières à mettre en lumière le nationalisme méthodologique et les biais de genre dans la production de connaissances institutionnelles, qui ont contribué à fragmenter la connaissance de la vie économique dans l'Anthropocène.
Ce projet promet de contribuer de manière significative à l'histoire globale et environnementale, à l'économie politique internationale, aux études de genre et postcoloniales, ainsi qu'à l'histoire de la pensée économique. Il offre de nouvelles perspectives pour les débats actuels sur la fiabilité des indicateurs économiques face au changement climatique, aux inégalités mondiales, et au manque de transparence statistiques.

Coordination du projet

Johanna Gautier Morin (Centre de sociologie des organisations)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

CSO Centre de sociologie des organisations

Aide de l'ANR 211 361 euros
Début et durée du projet scientifique : - 24 Mois

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