Approche integrative des effets combinés de contaminants biotiques et abiotiques sur des poissons – INTERACTION
L'objectif principal du projet INTERACTION, qui s'inscrit dans le concept One Health, est non seulement d'améliorer les connaissances sur les effets d'un contaminant émergent sur la faune, mais aussi d'étudier son impact en combinaison avec un facteur de stress biotique sur l'animal. Ce projet se concentrera sur l'espèce menacée Anguilla anguilla, exposée expérimentalement à des doses réalistes de bisphénol S en tant que contaminant abiotique, et infectée par le nématode invasif Anguillicola crassus (niveau d'infection conforme à nos données épidémiologiques sur les anguilles européennes des lagunes méditerranéennes). Le bisphénol S (BPS), présenté à l'origine comme une alternative écologique au BPA pour une large gamme d'utilisations (additif au papier thermique et aux agents colorants, composant des résines phénoliques), est en train de devenir un nouveau contaminant environnemental préoccupant. Alors que l'utilisation du BPS comme alternative au BPA se développe, il est urgent d'améliorer notre compréhension des effets négatifs potentiels du BPS dans des conditions réalistes, en combinaison avec des facteurs de stress biologiques tels que les agents pathogènes et les parasites. Le nématode parasite A. crassus, introduit en Europe au début des années 1980 avec les anguilles japonaises importées, est reconnu pour avoir un impact négatif sur les anguilles européennes (A. anguilla). Comme nous supposons que l'effet combiné des facteurs de stress biotiques et abiotiques affecte la physiologie des anguilles et diminue leur condition physique, compromettant leur capacité à migrer et à se reproduire, nous considérons que l'impact d'un polluant émergent (BPS) en combinaison avec un parasite invasif (A. crassus) constitue un manque de connaissances qui reste à combler. Pour atteindre l'objectif du projet INTERACTION, nous utiliserons une approche pluridisciplinaire pour obtenir une vision intégrative des effets combinés induits, par des contaminations expérimentales contrôlées, sur différents processus (modifications du microbiome, métabolome, transcriptome, peptidome, protéome). Les résultats attendus concernent l'identification des principales voies biologiques des poissons impactées par le stress multifactoriel ciblé dans le projet. A l'échelle de la vessie gazeuse, nous utiliserons également une approche innovante dans ce domaine de recherche, l'imagerie par spectrométrie de masse MALDI, pour révéler l'expression locale du peptidome (histo-peptidomique) au sein de la paroi de cet organe cible en réponse au développement du parasite. Comme la couche de mucus de la peau est la première barrière avec l'environnement pour les poissons, continuellement exposés à des facteurs de stress biotiques et abiotiques, il semble pertinent d'explorer les interrelations entre l'expression des gènes, la production de métabolites et les variations de la communauté microbienne induites par le BPS et/ou A. crassus dans cette barrière protectrice clé et de caractériser les biomarqueurs afin de fournir un proxy non invasif pour le suivi de l'état de santé de l'anguille.
INTERACTION est un projet transdisciplinaire ambitieux, mené par un consortium scientifique de haute expertise, basé sur une approche expérimentale pertinente avec un modèle biologique pertinent et utilisant une large gamme de techniques de pointe.
Coordination du projet
Nathalie TAPISSIER (Centre de recherches insulaires et observatoire de l'environnement)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
CEFREM Centre de formation et de recherche sur les environnements méditerranéens
IAB Institut pour l'Avancée des Biosciences
IHPE Interactions Hôtes-Pathogènes-Environnements
CRIOBE Centre de recherches insulaires et observatoire de l'environnement
BIOM Biologie intégrative des organismes marins
Aide de l'ANR 668 198 euros
Début et durée du projet scientifique :
janvier 2024
- 48 Mois