CE19 - Technologies pour la santé 2023

double marquage fluorescent de la surface oculaire dans le syndrome sec – FLUOSICCA

Résumé de soumission

Le syndrome d'œil sec est une maladie qui affecte la qualité de vie de millions d'individus dans le monde à des degrés divers. Si le diagnostic positif est généralement très facile, la détermination objective et fiable de sa sévérité (grading) reste le principal problème diagnostique depuis des décennies. En pratique, il faut distinguer deux situations très différentes : la pratique clinique courante où le classement est nécessaire pour personnaliser le traitement et les essais cliniques où le classement est essentiel pour démontrer l'efficacité d'un nouveau traitement : 1/ En pratique clinique courante, le clinicien recueille les symptômes, observe la surface oculaire colorée à la fluorescéine pour évaluer la kératite ponctuée superficielle et le temps de rupture du film lacrymal et estime la quantité de larmes à l'aide du test de Schirmer. 2/ Lors des essais cliniques, la très grande imprécision et/ou le manque de fiabilité (précision, exactitude, répétabilité) des 3 tests oblige à ajouter d'autres critères d'évaluation, comme différents biomarqueurs, mais aucun n'a jamais été imposé ou transféré en routine.
FLUOSICCA vise à révolutionner le diagnostic de sévérité et le suivi du syndrome de l'œil sec en développant un procédé combinant imagerie de fluorescence et biologie. Nous quantifierons in situ un couple de biomarqueurs, directement sur la surface oculaire des patients de manière sensible et spécifique : un marqueur d’expression constante ou variant faiblement dans la pathologie et servant à normaliser le signal et un marqueur qui est surexprimé dans le syndrome sec. La mesure d'un ratio permettra de réduire la variabilité inter et intra individuelle.
Les ligands des deux biomarqueurs (Partenaire 3) seront des protéines de synthèse, non immunogènes, stables et facilement personnalisables. Ils seront couplés à des fluorophores BODIPY fonctionnalisés (Partenaire 2) et excitables dans une gamme de longueurs d'onde non éblouissantes (>650 nm, facile à tolérer) tout en maintenant luminosité et photostabilité.
Le dispositif d'imagerie (partenaire 4) sera sensible et pourra être industrialisé à grande échelle. Il permettra la détection et la discrimination des deux fluorophores afin de calculer leur ratio de fluorescence sur la surface oculaire.
L'ensemble du système sera d'abord développé in vitro sur des cellules exprimant les deux biomarqueurs étudiés, puis testé sur des cellules épithéliales oculaires primaires et sur des cornées humaines conservées dans le bioréacteur du partenaire 1, en utilisant un modèle innovant d'œil sec ex vivo. Cette solution intégrée sera ensuite transposable à d'autres biomarqueurs et à d'autres pathologies de la surface oculaire.

Coordination du projet

Philippe GAIN (Biologie, Ingénierie et Imagerie pour l'Ophtalmologie)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

LISM Laboratoire d'ingénierie des systèmes macromoléculaires
LabHC Laboratoire Hubert Curien
BIIO Biologie, Ingénierie et Imagerie pour l'Ophtalmologie
ICPEES UMR7515 Institut de Chimie et Procédés pour l'Energie, l'Environnement et la Santé (UMR 7515)

Aide de l'ANR 583 811 euros
Début et durée du projet scientifique : octobre 2023 - 36 Mois

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