CE14 - Physiologie et physiopathologie 2023

Rôle des vésicules bactériennes extracellulaires dans la physiopathologie du syndrome hémolytique et urémique (SHU) – VeSPath

Résumé de soumission

Le syndrome hémolytique et urémique (SHU) est l’étiologie la plus fréquente de l’insuffisance rénale aiguë en pédiatrie. L’étiologie classique du SHU est une colite aiguë due à une infection par des Escherichia coli entérohémorragique (EHEC). Le facteur de virulence clé des EHEC est la Shigatoxine (Stx) massivement libérée dans la lumière intestinale. Les cellules endothéliales glomérulaires sont les principales cibles de la toxine Stx qui, après s’être liée à son récepteur spécifique le Gb3, induit une réponse pro-inflammatoire impliquée dans le recrutement et l’adhésion des plaquettes et des leucocytes, ce qui contribue à la formation de thrombi à l’origine du SHU. Stx peut être trouvée sous une forme libre ou dans des vésicules de membranes externes bactériennes (OMV). Les OMV représentent un moyen alternatif pour les souches EHEC de délivrer des toxines et de renforcer leur pathogénicité. Depuis une dizaine d’années, on observe l’émergence des EHEC de sérotype O80:H2. Ce sérotype est désormais la 2e cause de SHU pédiatrique en France et l’infection avec ces EHEC évolue vers un SHU dans 91% des cas (contre 5% - 10% généralement observés dans les infections à EHEC). Cette virulence accrue est liée à l’acquisition d’un plasmide de virulence, absent chez les autres souches EHEC. Nous avons montré que ce plasmide code pour une enzyme particulière appelée HlyF qui induit une production massive d’OMV particulières qui ont la capacité de bloquer le flux autophagique. Nous postulons que ces OMV particulières en agissant sur les cellules endothéliales et les plaquettes de l’hôte contribuent à l’hypervirulence des EHEC O80:H2 et conduisent à une aggravation de la pathophysiologie et finalement au SHU. En combinant l’expertise complémentaire de deux équipes toulousaines, nous révélerons le rôle potentiel de ces nanoparticules dans l’aggravation de la pathophysiologie menant au SHU. Ces travaux ouvriront la voie à de nouvelles approches thérapeutiques potentielles.

Coordination du projet

Eric Oswald (Institut de Recherche en Santé Digestive)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

IRSD Institut de Recherche en Santé Digestive
INSERM I2MC INSTITUT DES MALADIES METABOLIQUES ET CARDIOVASCULAIRES

Aide de l'ANR 500 592 euros
Début et durée du projet scientifique : janvier 2024 - 36 Mois

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