Dynamique de survie des aéro-pathogènes dans les environnements bâtis – DISPERS
La pandémie de Covid-19 a permis de mettre en lumière le lien étroit entre la transmission d’une maladie infectieuse et l’environnement bâti. La densité d’occupation et le temps passé dans les espaces clos contribuent à augmenter la diffusion des pathogènes au sein des populations et, ce faisant, ont été des éléments structurants dans les mesures prises pour la gestion de la pandémie, avec la fermeture ou la mise en place de jauges dans nos lieux de vie quotidienne (travail, enseignements, loisirs, restaurants…). Cette crise a aussi révélé l’efficacité des mesures de distanciation physique et d’hygiène des mains pour faire face aux voies de contamination par contact direct ou indirect. A contrario, les modalités d’exposition à une émission d’aérosols contenant des pathogènes, notamment à partir des voies respiratoires, et la gestion de ces aérosols infectieux n’ont pas encore trouvé de réponses satisfaisantes.
En France et à l’international, de nombreuses équipes ont œuvré dernièrement pour modéliser le transport et l’exposition des occupants des environnements intérieurs à l’aérosol de Sars-Cov-2. Pour autant, quels que soient le niveau de raffinement et l’approche retenue, ces travaux manquent toujours cruellement de données expérimentales pour affermir leur projection et proposer, le cas échéant, une évaluation robuste du risque de transmission aéroportée.
Un des premiers objectifs de ce projet sera de caractériser le « terme source » pour lequel il manque encore à l’heure actuelle des données, à savoir : i) la connaissance du taux d’émission, ii) la charge biologique aéroportée dès la première phase d’excrétion et iii) la taille initiale et la composition biochimique des microgouttelettes porteuses de virus infectieux.
D’autre part, les épidémies récentes ont également mis sur le devant de la scène la nécessité de mieux comprendre les mécanismes de transmission des virus en lien avec leur persistance dans l’air. Les études portant sur cette question sont principalement des études observationnelles réalisées en laboratoire, dans des contextes expérimentaux prédéfinis et au final relativement éloignés des modalités d’exposition. La modélisation des mécanismes de persistance des agents pathogènes aéroportés, et tout particulièrement de la capacité des virus à rester infectieux dans les projections de gouttelettes respiratoires en champ proche de l’émission et/ou dans les résidus issus de ces gouttelettes potentiellement contaminants en champ lointain, est le socle qui permettra l’émergence de solutions innovantes de biosécurisation à destination des environnements bâtis.
L’autre objectif de ce projet sera donc de proposer des mécanismes biologiques et biochimiques, pouvant expliquer l’inactivation des virus à partir des données collectées, et d’envisager une approche plus globale de la persistance des virus dans l’air. La formulation de ces mécanismes prendra également appui sur des études réalisées dans des domaines connexes à la virologie.
En conséquence, le projet DISPERS ambitionne la construction d’un modèle de persistance de l’aérosol explicatif, basé sur des données expérimentales robustes et exploitables face à des situations réalistes d’exposition. La démarche entreprise sur le sujet, confortée par une approche transdisciplinaire, vise au préalable à développer les moyens expérimentaux nécessaires à la caractérisation du terme source (animal ou humain) et à l’étude de la dynamique de survie des aérosols biologiques au laboratoire. Un point clé de la démarche sera de travailler de manière contrôlée sur toute la chaîne de contamination sur un modèle animal, de la caractérisation des émissions du porc contaminé par un virus influenza de type A jusqu’à l’étude de son infectiosité selon des conditions abiotiques maîtrisées et qui auront été préalablement explorées en laboratoire. Puis, il s’agira d’étendre ce modèle initial à d’autres pathogènes d’intérêt en santé humaine, animale et NRBC.
Coordination du projet
India Leclercq (Institut Pasteur)
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Partenariat
CSTB Centre Scientifique et Technique du Bâtiment
IP Institut Pasteur
CERTES Centre d'Etudes et de Recherche en Thermique, Environnement et Systèmes
IUCPQ-Université Laval Institut Universitaire de Cardiologie et de Pneumologie de Québec-Université Laval
ANSES Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail
Aide de l'ANR 298 048 euros
Début et durée du projet scientifique :
décembre 2022
- 36 Mois