CE12 - Génétique, génomique et ARN 2021

Mécanismes biophysiques et conséquences fonctionnelles de la condensation de TopBP1 – BioTop

Les condensats de TopBP1 : Une révolution dans la réparation de l'ADN et la lutte contre le cancer

Lorsque l’ADN est endommagé (par exemple, sous l’effet de chimiothérapies ou de rayonnements), les cellules cancéreuses utilisent souvent les condensats de TopBP1 pour survivre et résister aux traitements. En comprenant comment ces condensats fonctionnent, nous ouvrons la voie à des thérapies innovantes capables de détruire spécifiquement les cellules cancéreuses en bloquant leur mécanisme de réparation.

Comprendre le fonctionnement des cellules pour mieux les combattre : Le projet ANR sur les condensats de TopBP1, une clé contre le cancer

Imaginez une équipe de secours dans vos cellules : quand votre ADN est endommagé (par des rayonnements, des produits chimiques, ou simplement à cause du vieillissement), cette équipe intervient pour réparer les dégâts et éviter que la cellule ne devienne cancéreuse. Au cœur de cette équipe se trouve une protéine appelée TopBP1, qui agit comme un chef d’orchestre en organisant les réparations. Les enjeux : Pourquoi est-ce crucial ? Dans les cellules cancéreuses, TopBP1 est souvent trop active. Elle aide ces cellules à résister aux traitements comme la chimiothérapie en réparant rapidement leur ADN endommagé. Comprendre comment TopBP1 fonctionne pourrait nous permettre de bloquer ce mécanisme de survie et de rendre les cellules cancéreuses plus vulnérables aux traitements. De plus, ce projet explore un mécanisme fondamental de la biologie : comment les cellules organisent-elles leurs ressources pour réparer l’ADN ? En étudiant TopBP1, nous découvrons aussi des principes universels sur la façon dont les cellules gèrent le stress et maintiennent leur intégrité. L’objectif du projet ANR : Notre projet a pour but de décrypter le rôle de TopBP1 et de ses condensats (des structures similaires à des gouttelettes qui concentrent les protéines nécessaires à la réparation de l’ADN). Nous voulons : ? Comprendre comment TopBP1 forme ces condensats et recrute d’autres protéines pour réparer l’ADN. ? Découvrir son lien avec l’actine nucléaire (une sorte de "squelette" dans le noyau de la cellule) qui aide à déplacer les zones endommagées vers des endroits où elles peuvent être mieux réparées. ? Identifier des moyens de bloquer ces condensats pour empêcher les cellules cancéreuses de se réparer et les rendre plus sensibles aux traitements. En résumé, notre objectif est de trouver une faille dans le système de défense des cellules cancéreuses pour améliorer les thérapies et offrir de nouvelles solutions aux patients.

Pour comprendre le fonctionnement d'une cellule, nous avons utilisés des outils ultra-précis, , des technologies de pointe pour manipuler les protéines, et même des modèles informatiques pour prédire leur comportement. Donc nos outils pour explorer le rôle ds condensats de TopBP1 sont les suivants:

1- Microscopie super-résolutive qui nous permettent d'observer la localisation de TopBP1 dans le noyau soit sous forme diffus, soit sous forme de condensats en présence de dommages à l'ADN. De plus, cette technologie nous permet de visualiser ses interactions avec ses partenaires à l'intérieur de la cellule comme l’actine nucléaire.

2- L'approche d'Optogénétique :

Grâce à l’optogénétique, nous pouvons contrôler l'auto-assemblage de TopBP1 en temps réel pour voir comment elle s’assemble en condensats et comment cela influence la réparation de l’ADN.

3- Modélisation informatique :

Nous utilisons des simulations par ordinateur pour prédire comment TopBP1 s’assemble en condensats et interagit avec d’autres protéines. Ces modèles nous aident à comprendre les règles physiques qui gouvernent ces processus.

4- Utilisations d'inhibiteurs afin d’empêcher l'action de certaines enzymes afin de comprendre l'impact de leur activité sur la condensation de TopBP1/

Pourquoi ces méthodes sont-elles importantes ?

En combinant ces approches, nous pouvons décrypter les mécanismes par lesquels TopBP1 protège les cellules cancéreuses. Cela nous permet de trouver des failles dans leur système de défense et de développer des stratégies thérapeutiques innovantes pour les cibler plus efficacement.

 

Découvertes clés sur TopBP1 : Un acteur crucial dans la réparation de l’ADN et la résistance au cancer

 

Cette étude explore comment TopBP1, une protéine essentielle pour la réparation de l’ADN, agit dans nos cellules lorsqu'elles sont endommagées. Nous avons découvert de nouveaux mécanismes par lesquels TopBP1 aide à réparer l’ADN, notamment en interagissant avec des protéines comme l’actine, et comment ces mécanismes pourraient être utilisés pour améliorer les traitements contre le cancer.

 

1. TopBP1 forme des clusters pour réparer l'ADN endommagé

 

Lorsqu’une cellule subit des dommages à son ADN, par exemple à cause de traitements chimiques, TopBP1 se regroupe rapidement en zones spécifiques dans le noyau de la cellule. Ces clusters marquent les endroits où l’ADN est endommagé et se forment principalement lors de la réplication de l’ADN, lorsque la cellule copie son matériel génétique. En utilisant des technologies d'imagerie de pointe, nous avons observé que TopBP1 existe sous deux formes : une forme mobile qui se déplace dans la cellule et une autre qui reste ancrée dans ces clusters pour aider à réparer l’ADN.

 

2. TopBP1 et l’actine : Une collaboration essentielle pour la réparation de l’ADN

 

TopBP1 joue également un rôle clé dans la formation de filaments d’actine, une protéine qui participe à la structure de la cellule. Ces filaments aident à stabiliser et à transporter les zones endommagées vers des régions du noyau où la réparation peut être plus efficace. Nous avons découvert que, lorsque l’actine est inhibée, les clusters de TopBP1 se forment davantage, ce qui suggère que l’actine est impliquée dans la résolution de ces structures. En utilisant des outils de contrôle génétique, nous avons montré que TopBP1 stabilise des protéines qui favorisent la formation de ces filaments d’actine, contribuant ainsi à protéger l’ADN.

 

3. La périphérie nucléaire : Un centre de réparation spécialisé

 

Une autre découverte importante de l’étude est le rôle de la périphérie du noyau, l’enveloppe extérieure de la cellule, dans la réparation de l’ADN. TopBP1 se concentre dans cette région, en interaction avec des protéines structurelles comme Lamin A/C et Emerin. Ces protéines aident à organiser les réparations de l’ADN et sont essentielles pour que TopBP1 fonctionne correctement. Lorsque ces protéines sont éliminées, les clusters de TopBP1 diminuent, ce qui indique que l’organisation de la cellule elle-même est cruciale pour la réparation.

 

4-Implications thérapeutiques pour le cancer

 

Dans des cellules de cancer colorectal résistantes à un traitement de chimiothérapie (oxaliplatine), nous avons trouvé que TopBP1 et d’autres protéines associées à l’actine étaient plus présentes. Cela suggère que TopBP1 aide ces cellules cancéreuses à résister au traitement en favorisant la réparation rapide de leur ADN. En éliminant TopBP1, nous avons observé que les cellules devenaient plus sensibles à la chimiothérapie, ce qui ouvre de nouvelles pistes pour des thérapies.

Nos travaux pourraient mener à des thérapies ciblées qui, combinées aux chimiothérapies classiques, empêcheraient les cellules cancéreuses de réparer leur ADN, les rendant ainsi plus faciles à éliminer. En outre, cette découverte éclaire un mécanisme fondamental de la biologie cellulaire, ouvrant de nouvelles pistes pour comprendre comment les cellules gèrent le stress et maintiennent leur intégrité.

En résumé : Nous avons découvert un talon d’Achille des cellules cancéreuses. En ciblant les condensats de TopBP1, nous pourrions révolutionner le traitement du cancer et offrir de nouvelles solutions pour les patients atteints de tumeurs résistantes.

 

La signalisation du stress réplicatif par la kinase ATR permet aux cellules de surmonter les obstacles à la réplication de l’ADN. Elle assure la survie des organismes. TopBP1 est l'activateur de ATR. Nous avons découvert que TopBP1 active ATR en formant des condensats biomoléculaires de stœchiométrie non définie. TopBP1 est capable de s'auto-assembler, créant ainsi des compartiments qui organisent et amplifient la réponse cellulaire au stress réplicatif. Nous utiliserons une approche multidisciplinaire pour quantifier la formation des condensats TopBP1 et les signaux produits, pour déterminer les paramètres biophysiques en jeu, pour déterminer comment la nucléation de ces structures est régulée, et pour modéliser l'auto-organisation de TopBP1 en condensats. L’exploration de la réponse au stress génotoxique et son organisation au niveau supra-moléculaire nous offre une belle opportunité de révéler un chaînon manquant entre la biochimie des protéines et la physiologie cellulaire.

Coordination du projet

Jihane Basbous (Institut de Génétique Humaine)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

IGH Institut de Génétique Humaine
CBS Centre de Biologie Structurale
CBS Centre de Biologie Structurale

Aide de l'ANR 518 338 euros
Début et durée du projet scientifique : avril 2022 - 42 Mois

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