Conception de surfaces bioinspirées avec des propriétés mécaniques et de bioactivité contrôlées pour la synthèse de plateforme in vitro de culture cellulaire – DENDRICELLPLATFORM
Conception d'hydrogels bio-inspirés à propriétés mécaniques modulables à base de DGL pour la création de plateformes bioactives de culture cellulaire.
DENDRICELLPLATFORM
Les cellules souches sont essentielles pour fabriquer et réparer nos tissus, mais certaines, comme les cellules stromales mésenchymateuses (CSM), sont rares et difficiles à faire se développer en laboratoire. Pour mieux les utiliser, nous avons créé des hydrogels synthétiques, des gels qui imitent l’environnement naturel des cellules. Ces gels peuvent être ajustés en rigidité et enrichis de signaux qui encouragent les CSM à se transformer en cellules osseuses. Cette approche permet de produire plus facilement des cellules fonctionnelles pour la recherche et l’ingénierie de tissus, ouvrant la voie à de nouvelles thérapies régénératives et à la création d’organes miniatures pour étudier les maladies.
Le projet DENDRICELLPLATFORM visait à créer de nouveaux gels capables de guider les cellules souches pour qu’elles se transforment en cellules spécialisées, comme les cellules osseuses. Pour cela, des molécules très ramifiées appelées dendrigrafts ont été combinées à des polymères pour former un support imitant les tissus naturels. Ces gels ont été enrichis de signaux chimiques favorisant l’adhésion et la maturation des cellules. Les chercheurs ont ensuite étudié la rigidité de ces gels et leur capacité à stimuler la croissance et la différenciation des cellules souches, ouvrant la voie à des outils plus efficaces pour l’ingénierie tissulaire et la recherche sur les organoïdes.
Les dendrigrafts sont de grosses molécules très ramifiées, plus flexibles et moins ordonnées que les dendrimères classiques. Les dendrigrafts de poly-L-lysine de cinquième génération (DGL G5) possèdent de nombreux groupes chimiques à leur surface, ce qui permet de fabriquer des hydrogels (des gels semblables à la matrice des tissus) avec des propriétés ajustables, comme la rigidité ou la présence de signaux chimiques.
Dans ce projet, ces dendrigrafts ont été utilisés comme “liants” pour créer des hydrogels à base de PEG capables de favoriser la transformation des cellules souches mésenchymateuses humaines en cellules osseuses. En combinant DGL G5 avec des chaînes de PEG, nous avons obtenu des gels dont la rigidité pouvait varier de façon contrôlée, et nous avons mesuré cette rigidité à grande et petite échelle.
Pour encourager les cellules à s’accrocher et à se différencier, les hydrogels ont été enrichis avec des signaux chimiques imitant ceux présents dans les os. Dès les premières heures, les cellules s’attachaient mieux aux gels les plus rigides et se répartissaient davantage que sur des surfaces classiques. Après deux semaines, elles présentaient une forme plus typique des cellules osseuses et exprimaient des marqueurs indiquant leur transformation en ostéoblastes.
Ces résultats montrent que les hydrogels DGL G5-PEG peuvent influencer de manière significative l’adhésion, l’étalement et la maturation des cellules souches, ouvrant la voie à des supports de culture plus efficaces pour la recherche et l’ingénierie tissulaire.
Grâce à la collaboration entre ses partenaires, le projet progresse vers la création de nouveaux hydrogels à base de dendrigrafts (DGL) pour la culture 3D d’organoïdes, avec l’objectif de remplacer le Matrigel, actuellement utilisé mais limité par son origine animale, sa variabilité et son coût élevé.
Une lettre d’intention (projet MYOSMAT) a été déposée dans le cadre de l’AAP ANR 2026 (Partenaires : CBMN et FGHI et un nouveau partenaire (Physiologie et médecine expérimentale du cœur et des muscles PhyMedExp de l'Université de Montpellier). Ce projet utilise l’ingénierie mécanobiologique, en concevant des gels biofonctionnalisés pour stimuler la croissance et la différenciation de cellules musculaires et osseuses humaines.
Les applications des hydrogels ont été élargies grâce à un consortium regroupant FGHI, OCCICAL Therapeutics, PhyMedExp et l’IBMM, pour étudier la dysfonction diaphragmatique induite par la ventilation mécanique (VIDD), qui touche 70 % des patients ventilés. Ce projet (Dia-SCanOx, ANR 2026) permettra de valider un modèle préclinique unique et d’ouvrir la voie à de nouvelles thérapies pour prévenir la VIDD.
Enfin, le partenaire 1 a soumis une autre lettre d’intention (HydroBone, ANR 2026) avec l’Université de Limoges (Institute of Research for Ceramics (IRCER)) pour développer des hydrogels bioactifs aux propriétés proches de celles des tissus, destinés à la régénération osseuse.
Les cellules souches mésenchymateuses (MSC), présentes en très petites quantités chez l'adulte, sont des cellules multipotentes qui trouvent des applications en thérapie et en ingénierie tissulaire et qui pourraient être impliquées dans la restauration de tissus et d'organes spécifiques tels que les cellules du cartilage (chondrocytes), les cellules osseuses (ostéoblastes), les cellules adipeuses (adipocytes) ou les cellules musculaires (myocytes). Ainsi, les progrès récents de la médecine régénérative reposent sur plusieurs protocoles induisant une différenciation ex vivo des cellules souches (SC) avant la transplantation in vivo. Mais pour obtenir des tissus ou des organoïdes,un inconvénient principal est la production ex vivo de quantités cliniquement pertinentes de cellules fonctionnelles différenciées. En effet, le manque de sources abondantes de MSC et l'efficacité de leur différenciation rendent difficile l'obtention de suffisamment de cellules pour avancer vers de nouvelles étapes. Il a été démontré que les microenvironnements de SC (caractéristiques biochimiques, topographiques ou mécaniques) influent sur le rendement de différenciation des cellules et déterminent des aspects importants de leur physiologie. Aucun système actuel ne peut fournir de manière satisfaisante une stratégie pour envisager la fabrication d'un revêtement innovant (une plaque de culture cellulaire intelligente) pour la production rapide à haut rendement de cellules ostéoblastiques à partir de MSC d'un patient. Aujourd'hui, il n'est en effet pas possible de contrôler à 100% la différenciation de MSC vers un lignage souhaité. Étant donné que ces inconvénients limitent actuellement le potentiel thérapeutique des MSC cultivées en 2D, des méthodes de cultures alternatives ont été étudiées pour comprendre et contrôler la différenciation de MSC. La recherche se focalise aujourd’hui dans le développement de techniques capables de mimer l’environnement in vivo. Les polymères naturels ou synthétiques ont longtemps été utilisés comme revêtement dans la culture cellulaire ou comme composants d'échafaudage et il est également apparu récemment que les structures dendritiques pouvaient être testées en culture cellulaire et en échafaudage. De ce point de vue, les polymères dendritiques entièrement constitués d'acides aminés essentiels, comme les Dendri-Graft de Lysines (DGL), semblent être d'un intérêt primordial. Ce sont des polymères « arborescents » de L-lysine, 100% biocompatibles, non immunogènes, hydrosolubles et stables. Ils peuvent être façonnés en échafaudages 3D hybrides en incorporant de manière covalente une variété de substances biologiques et/ou chimiques pour mimer le microenvironnement de MSC in vivo. Le but du projet DENDRICELLPLATFORM est de permettre la synthèse d’une microplaque de culture fonctionnalisée permettant de favoriser la différenciation de MSC en ostéoblastes. Pour atteindre cet objectif, ce projet de 42 mois progressera par une approche pluridisciplinaire (de la synthèse des dendrimères aux tests de culture cellulaire in vitro) avec des WP interconnectés (WPs1-3). Nous proposons d'utiliser les propriétés de différentes générations de DGL natifs ou décorés (Poly-L ou D-Lysines DendriGrafts) comme interfaces bioactives biocompatibles présentant diverses propriétés mécaniques contrôlées pour favoriser l'adhésion, la différenciation MSC.La synthèse et l'immobilisation de différentes générations de DGL sur plaque de culture seront réalisées par le Part. 2 (WP1) de manière à intégrer des principes actifs (WP2) bien connus du Part. 1 afin de guider l'adhésion et la différenciation MSC (WP3, Part. 1). Les propriétés mécaniques de l'hydrogel seront étudiées par AFM (Part. 1). Un WP0 assurera le bon fonctionnement et la gestion du projet afin d'obtenir à l'issue de DENDRICELLPLATFORM un revêtement innovant (plaque de culture cellulaire intelligente) pour la production rapide et spécifique à haut rendement d’ ostéoblastes à partir de MSC.
Coordination du projet
Marie-Christine DURRIEU (INSTITUT DE CHIMIE ET DE BIOLOGIE DES MEMBRANES ET DES NANOOBJETS)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
CBMN INSTITUT DE CHIMIE ET DE BIOLOGIE DES MEMBRANES ET DES NANOOBJETS
FGHI FGHI
Aide de l'ANR 383 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
février 2022
- 42 Mois