FRAL - Appel Franco-allemand en sciences humaines et sociales 2020

Démocratie industrielle, un idéal européen? discourses et pratiques sur la démocratization du travail après 1945 – EURO-DEM

Résumé de soumission

Pendant la plus grande partie du XXe siècle s'est affirmé un mouvement dynamique en faveur de la démocratie industrielle, notion recouvrant un large éventail de significations, de la démocratie interne aux syndicats à la co-détermination (dans l'atelier, l'entreprise, l'industrie, l'économie nationale), en passant par la négociation collective. Dès l'origine, dans la plupart des pays européens, les syndicats ont joué un rôle majeur dans la promotion théorique et la gestion concrète de la démocratie sur le lieu de travail. Aujourd'hui, cependant, les choses apparaissent différentes. Si des exemples de démocratie dans l'entreprise existent, les formes d'organisation hiérarchiques dominent et la démocratie organisationnelle ne suscite peu d'écho dans les médias et le débat public. Le déclin de la notion est en partie lié à celui du syndicalisme et aux transformations de la production, mais aussi à l'hégémonie, depuis des décennies, d'une conception libérale (par opposition à sociale) de la démocratie politique, laquelle suppose une séparation stricte entre les sphères politique et économique.

Ces dernières années, des signes indiquent toutefois un regain d'intérêt. Des publications universitaires fleurissent à nouveau, dans des disciplines diverses : théorie politique, sciences sociales et politiques, histoire, théorie juridique, économie, gestion et psychologie du travail. Une nouvelle directive européenne "relative à l'établissement du principe de la démocratie au travail, dans le capital et dans tous les domaines de la vie économique" vient d'être rédigée, et l'Institut syndical européen promeut activement l'idée auprès de ses partenaires nationaux.

Dans ce projet, nous souhaitons enquêter sur l'histoire de cette notion, avec ses hauts et ses bas, au prisme de l'histoire conceptuelle et de l'histoire sociale, en explorant la manière dont elle a été façonnée par les discours académiques et non académiques, par les pratiques et les luttes sociales, en nous concentrant sur deux acteurs institutionnels principaux - le monde universitaire et les syndicats - et en étudiant leurs interactions, leurs influences mutuelles et leurs trajectoires.

Cette approche est justifiée par la nature de notre objet. Premièrement, bien que l'importance des universitaires dans la théorisation de la Workplace democracy soit peu contestable, le rôle spécifique joué par les différentes disciplines est largement sous-étudié (manque de communication entre champs disciplinaires, grande variabilité de l'objet). Deuxièmement, les syndicats ont joué un rôle majeur, mais historiquement variable, dans les luttes en faveur de la démocratie au travail. Dans le même temps, à côté du monde universitaire, ils ont, avec leurs institutions de recherche, été le plus important producteur de connaissances dans ce domaine. Troisièmement, syndicats et monde universitaire ont constamment interagi, s'influençant mutuellement de multiples façons qui n'ont guère été étudiées.

Coordination du projet

Roberto frega (Centre franco-allemand de recherches en sciences sociales de Berlin)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

IDHE.S -EVRY Institutions et Dynamiques Historiques de l'Economie et de la Société
INSTITUTE FOR SOCIAL MOVEMENTS
CENTRE MARC BLOCH Centre franco-allemand de recherches en sciences sociales de Berlin

Aide de l'ANR 298 013 euros
Début et durée du projet scientifique : mai 2021 - 36 Mois

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