Stratégie préemptive de surveillance de l’air et de l’eau pour anticiper l’émergence de maladies des plantes liés aux changements paysagers – SPREE
La surveillance des maladies des plantes et la réponse pour limiter leurs effets mobilisent des ressources humaines et économiques importantes en Europe et ailleurs. Les plans actuels de surveillance des maladies des plantes par des organisations nationales et internationales ciblent les agents pathogènes connus dans le contexte de l'agriculture ou de l'échange commercial ou sont basés sur l'expression des symptômes sur le terrain. Ces plans ne surveillent pas la diffusion des pathogènes par les routes naturelles du mouvement de l'air et de l'eau de surface et ne ciblent pas de souches qui n’ont pas étaient encore connues d'avoir provoqué une épidémie. L'air et les eaux de surface peuvent transporter des pathogènes à travers des mètres jusqu’aux des milliers de kilomètres et il existe de nombreux exemples d'épidémies dues à ces moyens de diffusion. Les mouvements naturels de l'air et de l'eau ont la particularité non seulement de diffuser des agents pathogènes connus, mais aussi de mettre les microorganismes provenant de divers habitats en contact avec la production agricole. Ces habitats comprennent les écosystèmes sans agriculture, où le potentiel pathogène des microorganismes indigènes est inconnu et n'a généralement pas été pris en compte par la pathologie végétale. Par conséquent, un plan de surveillance de la diffusion par l’air et l’eau serait complémentaire des mesures existantes de surveillance qui impliquent des restrictions à l'importation de tissus végétaux et la surveillance des symptômes de la maladie sur le terrain. Cela renforcerait l'efficacité de la surveillance actuelle en fournissant un moyen de surveiller les pathogènes inconnus et potentiellement nouveaux qui voyagent sur les routes naturelles.
SPREE va combiner les compétences en biologie, mathématiques et économie pour tirer parti des développements récents concernant l'écologie des agents phytopathogènes dans les environnements naturels, les analyses de réseau, la modélisation épidémiologique et la cartographie et la simulation du paysage afin de développer un cadre de surveillance de pathogènes via les mouvements d'air et d'eau de surface. Le projet impliquera des partenaires qui ont travaillé ensemble depuis plusieurs années pour développer les outils et les ressources pour construire ce cadre. Nous focaliserons sur les agents pathogènes pour lesquels nous avons confirmé leur présence dans des habitats en dehors de l'agriculture et en particulier dans les cours d'eau et l'atmosphère: Pseudomonas syringae, Pectobacterium spp. et Dickeya spp. Nous concentrerons notre analyse sur le bassin de la Durance dans le sud de la France. Nous avons travaillé sur le terrain dans ce bassin depuis plus d'une décennie et connaissons bien son hydrologie et sa météorologie. Nous avons également établi des collections de bactéries en provenance de ce bassin en préparation pour cette étude. Ce bassin se trouve dans la région PACA (Provence Alpes Côtes d'Azur), l'une des seules régions d'Europe où des données fines sur l'utilisation des terres à grande échelle sont disponibles. Ces données comprennent plus de 900 cartes cadastrales numériques, les données fiscales associées, des informations sur le règlement de l'utilisation des terres et sur la nature des terres agricoles, y compris le type de culture sur le terrain. Les partenaires de ce projet sont impliqués dans la gestion d'une plate-forme géomatique pour l'analyse de ces données et d'autres données spatiales. Ce contexte nous place dans la position unique de développer le cadre pour surveillance visé dans ce projet en déployant des concepts les plus modernes et l'interdisciplinarité complète nécessaire. Nous sommes aussi dans une position stratégique pour établir des relations avec les responsables de la surveillance des maladies des plantes et les décideurs politiques afin de favoriser la compréhension de notre travail, le transfert de technologie et le développement de recommandations politiques.
Coordination du projet
Cindy Morris (INRA)
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Partenariat
PV INRA
IEES Institut d’Ecologie et des Sciences de l’Environnement de Paris
BioSP Biostatistics and Spatial Processes Research Unit
Ecodev Ecodéveloppement
Aide de l'ANR 480 724 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 36 Mois