DS04 - Vie, santé et bien-être 2017

Identification de biomarqueurs sanguins prédictifs des infections uriniaires récidivantes et développement d'immunothérapies préventives personnalisées – PredictUTI

Résumé de soumission

Les infections des voies urinaires (UTI) sont parmi les infections les plus fréquentes, touchant plus de 130 millions de personnes chaque année dans le monde entier. Près de 50% des femmes adultes en bonne santé auront une UTI, et la moitié d'entre elles récidiveront. Malgré la forte prévalence et l’impact économique, les options de traitements sont limitées. Les antibiotiques sont le seul traitement de première intention pour l’UTI, mais leur efficacité est menacée par la dissémination mondiale rapide des uropathogènes multirésistants. Nous voulons élucider et valider la variation de la réponse immunitaire humaine qui prédit la susceptibilité à l'UTI. Sur la base de travaux antérieurs, nous émettons l'hypothèse que l'immunité innée façonne le développement de la réponse adaptative à l'UTI et que des biomarqueurs de risque accru de récidive permettront de stratifier les populations de patients. Nous supposons que les stratégies immunothérapeutiques visant spécifiquement l'immunité réduiront les récidives.
Nous effectuerons une analyse des facteurs de risque de l’hôte pour les UTI récurrentes en s'appuyant sur l’étude d’une cohorte humaine saine et bien définie, le Milieu Intérieur. La cohorte MI vise à comprendre la variance dans les réponses immunitaires humaines saines et, en tant que telle, a développé de nouveaux outils d'immuno-surveillance et d'analyse, y compris des systèmes standardisés de stimulation du sang total, appelés tubes TruCulture, et un protocole d'extraction d'ARN à partir de sang total stimulé qui, combiné à une lecture de matrice d'hybridation Nanostring, permet de caractériser la réponse transcriptomique. Ces systèmes sont robustes et reproductibles, permettent une analyse standardisée des voies moléculaires en réponse à une stimulation ex vivo et sont idéaux pour des études basées sur des maladies telles que l'UTI.
Nous testerons si notre signature biologique du risque de récidive élaborée à partir de la cohorte MI peut identifier de manière fiable les personnes à risque dans une étude clinique prospective. Cette étude sera imbriquée dans l'étude de cohorte i-Share, chez 30 000 étudiants des Universités de Bordeaux et Nice Sophia Antipolis, établie pour analyser les aspects de la santé des étudiants et mieux comprendre les mécanismes contribuant à l'apparition de maladies courantes représentant un important fardeau économique. Les bénévoles inscrits seront invités à participer via un site Web sécurisé en fournissant des informations sur leur antécédent d'UTI et un échantillon de sang. Nous recruterons des individus ayant différents antécédents avec l'hypothèse selon laquelle les facteurs génétiques tels que les SNP dans les loci immunitaires, qui influencent par la suite les réponses immunitaires innées, seront enrichis spécifiquement dans une population par rapport à l'autre.
En parallèle, nous effectuerons des études visant à augmenter l'immunité contre l’UTI en utilisant des approches immunomodulatrices. Le concept clé selon lequel une approche immunomodulatrice peut améliorer la réponse de l'hôte est bien établi pour le cancer de la vessie, mais la nouveauté de notre proposition repose sur l'application d'immunothérapie anti-tumorale pour traiter une maladie infectieuse. Notre objectif est d'accroître l'efficacité de la réponse innée, afin qu'une immunité adaptative plus forte se développe et conduise à une meilleure protection contre les récidives.
En plus de révéler de nouvelles informations mécanistiques sur le développement de l'immunité dans la vessie, nous pensons que les résultats de notre projet aideront à identifier et à appliquer des traitements efficaces. Notre ambition est d'identifier les patients les plus à risque de récidiver, de minimiser l'utilisation répétée d'antibiotiques, et d'établir des preuves fondamentales pour l’utilisation de stratégies ne reposant pas sur les antibiotiques afin de prévenir les récidives et améliorer la réponse immunitaire adaptative aux uropathogènes.

Coordination du projet

Molly INGERSOLL (Dendritic Cell Immunobiology - Institut Pasteur)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

IPMC Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire
IP Institut Pasteur
IP Dendritic Cell Immunobiology - Institut Pasteur

Aide de l'ANR 671 760 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2017 - 36 Mois

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