DS04 - Vie, santé et bien-être

Mise en Evidence des Circuits Ocytocinergiques Coordonnant les Comportements Socio-Sexuels – SoSexOT

L’ocytocine promeut la communication au travers du contact social

La reproduction est essentielle aux organismes vivants et largement modulée, chez les vertébrés, par le système ocytocinergique de l'hyothalamus. Chez les mammifères, la reproduction est l'achèvement de comportements socio-sexuels complexes, tous modulés par l'ocytocine. Pourtant, les circuits ocytocinergiques sous-jacents sont encore méconnus.

Comment les neurones OT promeuvent le comportement socio-sexuel ?

Au travers de notre étude précédente (Eliava et al., Neuron, 2016), nous avons montré qu’une petite population de neurones OT (certains neurones parvocellulaires OT) contrôle l’activité d’une population beaucoup plus grande de neurones OT magnocellulaire. L’efficacité de ces ~30-100 neurones à active ~10000 neurones magnocellulaires a été démontrée dans le cas d’une douleur inflammatoire aigue. Suivant ces conclusions, nous avons décidé d’étendre cette étude en interrogeant si cette même population de neurones OT parvocellulaire pouvait coordonner l’activité des neurones OT en réponse à des stimulations non nociceptives (comme le touché social) pour promouvoir le comportement socio-sexuel.

Ce projet ANR-DFG a été l’occasion dîmplanter de nouvelles technologies au sein de nos laboratoires, i.e. l’imagerie calcique in vivo, que nous avons utilisé en complement de l’électrophysiologie in vivo afin de mieux comprendre comment un comportement socio-sexuel module l’activité des neurones ocytocinergiques.

Au cours de notre étude nous avons obtenus les principaux résultats suivants:
1. Les neurones ocytocinergiques sont actives Durant une interaction sociale entre femelles, principalement par un contact physique direct.
2. Une population spécifique de neurones OT (parvocellulaires), est préférentiellement activé par des stimulations tactiles et transmettent cette information à un pool de neurones magnocellulaires plus important.
3. L’activation spécifique de ces neurones par chémogénétique chez la rate femelle poeut l’interaction sociale avec une autre femelle non familière. De plus, leur inhibition sélective inhibe ces interactions.

Tous les résultats obtenus au cours de notre projet sont ou seront publiés dans des journaux internationaux à comité de lecture.

5 articles communs ont été publiés autour de ce sujet par les coordinateurs du projet.

Essentielle aux organismes vivants, la fonction reproductrice est très largement modulée, chez les vertébrés, par un neuropeptide hypothalamique : l’ocytocine (OT). Chez les mammifères, la fonction reproductrice résulte de comportements socio-sexuels (SS) complexes pouvant être fonctionnellement divisés en deux étapes : précopulatoires et copulatoires, tous deux modulés par l’OT. Cependant, les circuits OT sous-jacent aux effets de l’OT sont à ce jour méconnus. Bien qu’il n’y ait plus de doute quant au rôle régulateur des fonctions d’érection et d’éjaculation par l’OT au niveau de la moëlle épinière, les circuits OT orchestrant les comportements précopulatoires. Pour répondre à ces questions, nous utiliserons une technique génétique récemment développé (vGAIT, pour “virus-based Genetic Activity-Induced Tagging”) permettant d’exprimer une protéine d’intérêt dans une population spécifique de neurones OT activée lors des comportements précopulatoires et/ou copulatoires des rats (SS-OT). En utilisant cette technique, nous éluciderons la distribution spatiale de ces neurones SS-OT dans l’hypothalamus, caractériserons leur phénotype et cartographierons leurs projections vers les structures de l’encéphale et de la moelle épinière. En parallèle et chez des rats libres de leurs mouvements, nous enregistrerons l’activité des neurones SS-OT afin de caractériser leurs propriétés et excitabilité pendant le comportement SS. Sur la base des données anatomiques collectées, nous stimulerons la sécrétion OT axonale dans les structures cérébrales fonctionnellement corrélées au comportement social afin de mieux comprendre les mécanismes cellulaires et les microcircuits cellulaire impliqués. Finalement, à l’aide de techniques d’optogénétique et de pharmacogénétique, nous activerons ou inhiberons les populations OT marquées comme impliquées dans le comportement socio sexuel. Les données récoltées seront entièrement originales et permettront de mieux comprendre la physiologie du système ocytocinergique impliqué dans le comportement socio sexuel. Ce projet est en parfaite adéquation avec les problèmes de santé humaine puisqu’il proposera une base pour la pathogenèse et une potentielle intervention pharmacologique chez les patients masculins atteints de troubles de l’excitation sexuelle et/ou de la fonction reproductrice.

Coordination du projet

Alexandre CHARLET (CNRS - UPR3212)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

INCI CNRS - UPR3212
DKFZ Schaller Research Group on Neuropeptides, German Cancer Research Center, CellNetwork Cluster of Excellence

Aide de l'ANR 208 000 euros
Début et durée du projet scientifique : janvier 2017 - 36 Mois

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