DS0408 - 2016

IMPACT DE LA FORMULATION VACCINALE SUR LA COMPOSITION DES COMPARTMENTS LYMPHOCYTAIRES A MEMOIRE TFH ET B – MEMO-SIGN

Résumé de soumission

Le but de la vaccination est de générer des cellules à mémoire capables d’initier une réponse immunitaire amplifiée et accélérée lors d’une exposition à un agent pathogène. La réponse anticorps (Ac) aux antigènes (Ag) thymo-dépendants nécessite la coopération de deux types cellulaires, tous deux capables de donner naissance à des lymphocytes à mémoire: les lymphocytes B (LB) et les lymphocytes dits « follicular helper » (Tfh) une population de lymphocytes T exerçant spécifiquement une fonction auxiliaire vis à vis des LB. Les compartiments B et Tfh à mémoire (mB et mTfh) sont tous deux hétérogènes et comprennent différentes sous-populations exerçant des fonctions distinctes mais encore mal connues. Il est admis que les adjuvants modulent la réponse immunitaire de manière à la fois quantitative et qualitative. Nous postulons que la qualité et l’efficacité de la mémoire « humorale » induite par l’adjuvantation vaccinale dépend également de la composition cellulaire des compartiments mB et mTfh et des interactions qui s’établissent entre ces deux types de cellules à mémoire.
Les objectifs de ce projet sont au nombre de quatre.
1. Explorer l’impact de différents adjuvants associés à un même Ag modèle, sur l’anatomie des compartiments mB et mTfh.

2. Explorer les liens entre l’anatomie des compartiments mB et mTfh et l’efficacité de la réponse Ac secondaire générée par les cellules à mémoire grâce à notre choix d’un composant bactérien comme Ag modèle. Nous nous concentrerons sur deux paramètres de la réponse Ac :
- son degré de réactivité croisée, c’est à dire sa capacité à produire des Acs capables de reconnaître des variants du pathogène, une propriété très importante lorsque ce dernier est susceptible de muter de manière importante.
- son taux d’Acs neutralisants, car la mémoire immunitaire n’a d’intérêt en vaccination que si elle est capable d’offrir à l’hôte une immunité protectrice.

3. Analyser l’impact de la formulation vaccinale sur la biodisponibilité de l’Ag. Le fait qu’une partie du contingent B et Tfh à mémoire soit co-localisé dans des centres germinatifs (CG) persistants, donc à proximité de dépôts de complexes immuns suggère qu’un lien pourrait exister entre la persistance de l’Ag et la longévité de la mémoire humorale. Nous comparerons différentes formulations vaccinales pour leur capacité à moduler la quantité de peptides antigéniques disponibles et à promouvoir la persistence des centres CG.

4. Disséquer le dialogue entre mB et mTfh lors d’une restimulation antigénique. Il est vraisemblable que la longévité et les aptitudes fonctionnelles de ces deux populations de cellules à mémoire sont dépendantes des interactions physiques qu’elles établissent. Nous comparerons l’aptitude de différentes sous-populations mTfh à collaborer avec les mB. Puis nous étudierons l’impact de différents adjuvants sur la localisation micro-anatomique des mB et mTfh et sur l’activité auxiliaire des mTfh vis à vis des mB.
Notre projet est innovant pour deux raisons principales. Tout d’abord, parce qu’il représente, à notre connaissance, la première tentative d’intégration du concept récent de diversité des populations B et Tfh à mémoire à une problématique appliquée de vaccination antibactérienne. Ensuite, parce que nous avons fait le choix d’analyser de manière conjointe l’impact des formulations vaccinales sur les compartiments mB et mTfh. Bien que ces deux populations collaborent étroitement, elles sont généralement étudiées de manière séparée. L’hétérogénéité révélée des populations à mémoire suggère que certains attributs de la mémoire humorale (longévité, capacité effectrice accrue, auto-renouvellement…) pourraient être exprimés par des sous-populations distinctes. Nous avons l’espoir que notre projet contribuera à réexaminer l’intérêt de différentes formulations vaccinales connues sur la base de la « signature mémoire » qu’elles induisent.

Coordination du projet

Thierry Defrance (Centre International de Recherche en Infectiologie (TD))

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

CIRI Centre International de Recherche en Infectiologie (TD)
CPTP Centre de Physiopathologie de Toulouse Purpan (NF)
CIRI Centre International de Recherche en Infectiologie (FV)
LBTI - CNRS Laboratoire de Biologie Tissulaire et Ingénierie Thérapeutique (BV)

Aide de l'ANR 766 830 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2016 - 36 Mois

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