Effets à long-terme d’un environnement bruyant sur les performances auditives – DAILYNOISE
EFFETS À LONG TERME D’UN ENVIRONNEMENT BRUYANT SUR LES PERFORMANCES AUDITIVES
Depuis quelques dizaines d’années, de nouvelles sources de bruit ont envahi notre environnement quotidien: bruits urbains, baladeurs musicaux, concerts et discothèques. Les effets de l’accumulation quotidienne de bruit, même à des niveaux assez faibles autour de 80 dB SPL, au travail et hors du travail sont mal connus et peu étudiés. Il est urgent de se pencher sur l’effet prolongé des environnements bruyants, à très long-terme, c’est-à-dire jusqu’aux conséquences chez le sujet âgé.
Se rapprocher des conditions humaines
Dans cette optique, le projet DAILYNOISE propose d’étudier les effets d’une exposition prolongée de huit heures quotidiennes à un environnement bruyant à 80dB SPL ayant des caractéristiques acoustiques proches de celles du bruit quotidien subi par les humains. Nous utiliserons pour cela des rats adultes, à l’espérance de vie relativement courte (deux ans), et pour lesquels la durée de l’exposition atteindra jusqu’à vingt mois. Il est nécessaire d’étudier l’ensemble du système auditif de ces animaux après exposition, de la périphérie au cortex, pour deux raisons principales : d’une part, d’éventuels dommages du système auditif périphérique induiront des modifications du système auditif central, ce qui peut affecter in fine le traitement cortical des sons de communication acoustique. D’autre part, les effets de l’environnement bruyant sont susceptibles d’interférer avec la perte auditive provoquée naturellement par le vieillissement de l’ensemble du système auditif.
Le programme scientifique de DAILYNOISE propose de quantifier aussi bien les dommages au système auditif périphérique (cellules ciliées, nerf auditif) que l’évolution des réponses fonctionnelles du système sous-cortical ainsi que les modifications physiologiques et fonctionnelles de la réponse des neurones du système thalamocortical. En particulier, la réponse à des sons de communication acoustique sera étudiée, en présence ou non de bruit, dont il est connu qu’il affecte l’intelligibilité de la parole chez les personnes atteintes de perte auditive due à un trauma sonore ou au vieillissement. Ce programme fait appel à une variété inédite de techniques appliquées à l’échelle cellulaire et intégrée chez le même animal, allant de l’immunohistochimie à l’électrophysiologie in-vivo et au comportement. L’ambition de DAILYNOISE est portée par une équipe de recherche dont la compétence, l’expérience et les effectifs sont parfaitement taillés pour ce projet.
Les premiers résultats préliminaires indiquent une très bonne résistance du système auditif des animaux à cette exposition acoustique prolongée. Le vieillissement des animaux ne semble pas affecté par l'accumulation de bruit durant leur vie. Ce résultat très étonnant demande confirmation. Plusieurs aspects complémentaires, comme le stress des animaux, sont aussi à l'étude.
L’objectif central de DAILYNOISE est de déterminer s’il existe une dégradation des performances auditives ou de la physiologie du système auditif induite par une exposition prolongée à un environnement bruyant dans la limite des seuils légaux d’exposition. Une réponse positive pourrait remettre en cause les législations actuelles et provoquer un débat crucial autour de la santé auditive et des modes de vie des populations urbaines en particulier. Le projet DAILYNOISE, par son ambitieuse approche multi-échelle et les nombreux étages du système auditif étudiés, possède toutes les clés pour s’attaquer à cette importante question de santé publique.
Outre un important travail méthodologique d'analyse des réponses neurales du cortex auditif, les résultats préliminaires ont été présentés dans de nombreux congrès internationaux: SfN 2015, 2016; ARO 2016, 2017. L'énorme quantité de données générée par le projet est en cours d'analyse .
Depuis quelques dizaines d’années, de nouvelles sources de bruit ont envahi notre environnement quotidien : les bruits urbains liés au transport s’ajoutent à l’utilisation de baladeurs musicaux et à la fréquentation de concerts et discothèques. Des lois fournissent désormais des niveaux sonores maximaux, généralement 85 dB au travail et 105dB en discothèque, en concert ou dans les baladeurs, au moins dans les pays occidentaux. Cependant, ces niveaux restent élevés. Surtout, les effets de l’accumulation quotidienne de bruit, même à des niveaux assez forts autour de 80 dB SPL, au travail et hors du travail sont mal connus et peu étudiés. Une des raisons principales est que, jusqu’ici, il n’a pas été démontré de pertes auditives massives chez les jeunes, d’après des tests classiques d’audiométrie utilisés dans les études épidémiologiques. Un nombre croissant d’études sur le modèle animal révèlent pourtant que le bruit prolongé, même à des niveaux non traumatisants, provoque progressivement de nombreux dommages au système auditif périphérique et des modifications de la représentation neurale des sons dans le cerveau, qui sont susceptibles d’affecter chez l’humain l’intelligibilité de la parole avant ses seuils auditifs. Compte-tenu des enjeux de santé et de société, il est urgent de se pencher sur l’effet prolongé des environnements bruyants, à très long-terme, c’est-à-dire jusqu’aux conséquences chez le sujet âgé.
Dans cette optique, le projet DAILYNOISE propose d’étudier les effets d’une exposition prolongée de huit heures quotidiennes à un environnement bruyant ayant des caractéristiques acoustiques proches de celles du bruit quotidien subi par les humains. Nous utiliserons pour cela des rats adultes, à l’espérance de vie relativement courte (deux ans), et pour lesquels la durée de l’exposition atteindra jusqu’à vingt mois. Il est nécessaire d’étudier l’ensemble du système auditif de ces animaux après exposition, de la périphérie au cortex, pour deux raisons principales : d’une part, d’éventuels dommages du système auditif périphérique induiront des modifications du système auditif central, ce qui peut affecter in fine le traitement cortical des sons de communication acoustique. D’autre part, les effets de l’environnement bruyant sont susceptibles d’interférer avec la perte auditive provoquée naturellement par le vieillissement de l’ensemble du système auditif.
Plus précisément, le programme scientifique de DAILYNOISE propose de quantifier aussi bien les dommages au système auditif périphérique (cellules ciliées, nerf auditif) que l’évolution des réponses fonctionnelles du système sous-cortical ainsi que les modifications physiologiques et fonctionnelles de la réponse des neurones du système thalamocortical. En particulier, la réponse à des sons de communication acoustique sera étudiée, en présence ou non de bruit, dont il est connu qu’il affecte l’intelligibilité de la parole chez les personnes atteintes de perte auditive due à un trauma sonore ou au vieillissement. Ce programme fait appel à une variété inédite de techniques appliquées à l’échelle cellulaire et intégrée chez le même animal, allant de l’immunohistochimie à l’électrophysiologie in-vivo et au comportement. L’ambition de DAILYNOISE est portée par une équipe de recherche dont la compétence, l’expérience et les effectifs sont parfaitement taillés pour ce projet.
L’objectif central de DAILYNOISE est de déterminer s’il existe une dégradation des performances auditives induite par une exposition prolongée à un environnement bruyant dans la limite des seuils légaux d’exposition. Une réponse positive pourrait remettre en cause les législations actuelles et provoquer un débat crucial autour de la santé auditive et des modes de vie des populations urbaines en particulier. Le projet DAILYNOISE, par son ambitieuse approche multi-échelle et les nombreux étages du système auditif étudiés, possède toutes les clés pour s’attaquer à cette importante question de santé publique.
Coordination du projet
Boris GOUREVITCH (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
CNRS (DR4) Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) Délégation Régionale Ile-de-France Secteur Sud
INSERM Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale
Aide de l'ANR 240 260 euros
Début et durée du projet scientifique :
septembre 2015
- 36 Mois