Vers la complexité phonologique : Suite de consonnes en position d'attaque en production, perception et parole pathologique – PATHS
Vers la complexite phonologique: Attaques complexes en production, perception et parole pathologique
L’objectif de ce projet est de mieux comprendre comment les aspects universaux de la production de la parole, du contrôle moteur et de la perception sont modelés par les différences grammaticales entre les langues du monde. Dans une étude inter-langues, nous exploitons les différences prosodiques et phonotactiques entre 4 langues (japonais, français, allemand, géorgien) et, pour l'allemand, les différences entre patrons d’erreurs dans deux types de troubles de la parole (apraxie et aphasie).
Ce travail établira les bases d’une explication d’un aspect essentiel de la parole humaine: comment la diversité linguistique surgit à partir d’une base cognitive et physiologique commune.
Le potentiel novateur majeur de notre projet provient de la comparaison directe proposée entre les différences de timing articulatoire (degré de chevauchement des consonnes) attestées entre les langues et leur impact sur les conditions d’émergence des patrons préférés dans la production de la parole et dans la perception de ces patrons.
L’étude de la perceptibilité des patrons nous informera sur la manière dont les préférences physiologiques peuvent se refléter dans la grammaire. Nous considèrerons également l’interaction entre préférences universelles et aspects spécifiques de la langue maternelle dans l’apraxie et l’aphasie, ce qui permet une meilleure compréhension des composantes cognitives et motrices/perceptuelles de la complexité phonologique et pose un défi aux théories abstractionnistes de l’aphasie.
The most interesting result so far supports our hypothesis, that native listeners of all languages tested (French, German, Georgian, Japanese) make use of timing lag information in distinguishing between the same clusters produced in German (high overlap) and Georgian (low overlap). This was not predicted for Japanese listeners, based on previous research. However, this finding is particularly interesting, because it provides evidence that, when the task does not require categorical labelling, listeners can be sensitive to non-native sub-phonemic details regardless of their native phonotactics. It therefore suggests that the « deafness » reported for Japanese listeners, who commonly perceive intrusive vowels in consonant clusters, is purely phonological, and should only be observable in a phonological task, but not a phonetic one. This result suggests an answer to the main question of our study : how does phonotactic complexity evolve ?
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Publications basees sur le projet:
Chitoran - Relating the sonority hierarchy to articulatory timing patterns : A cross-linguistic perspective. In Martin J. Ball and N. King (Eds.) Sonority across languages. Equinox Series « Studies in Phonetics and Phonology ». 2016. 45-62
Conference presentees:
Chitoran & Kwon, 2016 – Patterns of coproduction in Georgian stop clusters : Insights from perception. 7th International Symposium on Kartvelian Studies. Tbilisi, Georgia, October 17-22
Chitoran & Kwon, 2016 – Timing lag matters in the perception of Georgian stop sequences by native speakers. LabPhon 15, Cornell University, Ithaca, NY, USA, July 13-17
Kwon, 2016. Perceptual sensitivity to cross-linguistic timing differences in consonant clusters. IPS workshop: How words emerge and dissolve: Evidence from Speech Production, Speech Perception, Acquisition and Disorders, Ludwig-Maximilians-Universität, Munich, Germany, May 17-18
Chitoran, 2016. Sonority from an articulatory perspective. CUNY Phonology Forum, New York, USA, January 14-15
L’objectif principal de notre projet est de mieux comprendre comment les aspects universaux de la production de la parole, du contrôle moteur et de la perception sont modelés par les différences grammaticales entre les langues du monde. Dans une étude inter-langues, nous exploiterons les différences prosodiques et phonotactiques qui existent entre quatre langues (japonais, français, allemand, géorgien) et, pour une seule langue, les différences entre patrons d’erreurs dans deux types de troubles de la parole (apraxie et aphasie). Nous proposons également d’étudier l’émergence de l’optimisation motrice. A notre connaissance, ces questions n’ont jamais fait l’objet d’une telle comparaison inter-langues. Le potentiel novateur majeur de notre projet provient de la comparaison directe proposée entre les différences de timing articulatoire (degré de chevauchement des consonnes) attestées entre les langues et leur impact sur les conditions d’émergence des patrons préférés dans la production de la parole et dans la perception de ces patrons. L’étude de la perceptibilité des patrons nous informera sur la manière dont les préférences physiologiques peuvent se refléter dans la grammaire. Nous considèrerons également l’interaction entre préférences universelles et aspects spécifiques de la langue maternelle dans l’apraxie et l’aphasie, ce qui permet une meilleure compréhension des composantes cognitives et motrices/perceptuelles de la complexité phonologique et pose un défi aux théories abstractionnistes de l’aphasie. Ce travail établira les bases d’une explication d’un aspect essentiel de la parole humaine: comment la diversité linguistique surgit à partir d’une base cognitive et physiologique commune.
Coordination du projet
Ioana Chitoran (Centre de Linguistique Inter-langues, de Lexicologie, de Linguistique Anglaise et de Corpus (CLILLAC))
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
IPS (LMU München) Institut fur Phonetik und Sprachverarbeitung
CLILLAC - EA 3967 Centre de Linguistique Inter-langues, de Lexicologie, de Linguistique Anglaise et de Corpus (CLILLAC)
Aide de l'ANR 130 385 euros
Début et durée du projet scientifique :
décembre 2014
- 48 Mois