Blanc SIMI 4 - Blanc - SIMI 4 - Physique des milieux condensés et dilués 2012

Contacts et Rubans de Graphène – CoRiGraph

Contacts et rubans de graphène

Contacts et rubans de graphène

Structure atomique et électronique de rubans et interfaces graphène/métal

L'objectif principal de ce projet est l'étude des rubans de graphène sur de facettes de SiC et de les comparer avec de rubans obtenus par lithographie. Plus précisement, l'étude des effets de dimensionalité, la présence ou non de bande interdite, et la structure électronique en général sera étudiée par microscopie et par spectroscopie. Les interfaces de métal/graphène, très importantes pour la fabrication de dispositifs seront aussi étudiées.

La spectroscopie de photoémission à haute résolution permettra de caractériser la qualité globale des rubans au même temps qu'elle donne la structure électronique avec résolution en k. STM fournira l'information sur la dernière couche atomique et la microscopie électronique à transmission déterminera l'empilement atomique des couches de graphène.

Le point fort du transport sont les résultats obtenus sur le transport dans les nanorubbans à la fois mesurés à basse température (Georgia Tech) et in situ avec 4 pointes locales STM (Université Leibnitz à Hannovre). Ces résultats conduisent à la conclusion que le transport est unidimensionnel, quantifié (1e2/h) et balistique à la température ambiante jusqu’à des longueurs de 15µm. Nous montrons aussi qu’en appliquant une tension de grille le transport dans les bandes à large indice (plus loin du point de Dirac) se fait avec un petit libre parcours moyen électronique, de l’ordre de quelques nm, à la fois dans les rubans épitaxiés et les rubans gravés. Ceci démontre que les rubans épitaxiés ont vraiment des caractéristiques spéciales au point de Dirac. De plus, ces résultats ressemblent de près aux observations faites dans les nanotubes de carbones, ce qui nécessite une explication plus profonde sur l’origine du transport que simplement l’effet des bords droits et propres et la protection topologique dans un conducteur unidimensionnel de graphène. Sur ces rubans, nous avons aussi observé l’ouverture d’une bande interdite dans la dimension courte du ruban, celle associée au confinement. A partir des mesures de photoémission, la bande interdite semble être associée à une région proche du bord du ruban.

Pour l’année suivante nous prévoyons d’étudier la structure atomique des rubans de graphène (STM, TEM), ainsi que les propriétés électroniques des interfaces graphène/métal. Enfin nous allons aussi étudier les propriétés de transport de spin dans les rubans. En effet, si on a bien un seul canal de conduction pour des rubans de l’ordre du micron en longueur (et non pas 4 comme pour le graphène), alors ce canal devrait être polarisé non seulement en vallée mais aussi en spin.

L’ANR a bien démarré et nous préparons une publication commune à trois partenaires sur les quatre portant sur la structure atomique et électronique des rubans de graphène.

Résumé de soumission

Un défi technologique majeur est trouver un matériau nouveau pour l’après CMOS de silicium. Le graphène possède les excellentes propriétés des nanotubes de carbone sans le problème de comment le placer sur la surface et de faire un nombre important de dispositifs sur la même puce. Le graphène épitaxial est, d’après l’industrie, le candidat le plus viable pour les nanodispositifs à haute vitesse et basse puissance. Les principaux challenges sont la résistance aux contacts, le maintien d'une mobilité élevée dans le graphène avec une porte supérieure (top-gate) et l’obtention du graphène avec des bords bien définis après le procédé lithographique pour obtenir le canal pour les fréquences élevées. Une autre voie presque inexplorée pour le graphène est celle de la nanoélectronique balistique. Il est connu que les nanotubes de carbone sont des conducteurs balistiques même à température ambiante. Les rubans de graphène ont des propriétés similaires et sont donc extrêmement intéressants pour des circuits « tout en graphène », car on croit qu’ils ont une meilleure mobilité et qu'ils peuvent supporter des densités de courant supérieures à celles du cuivre.

Les rubans de graphène peuvent croître sur du graphène épitaxial par des techniques non-lithographiques sur les parois latérales de marches de SiC obtenues par gravure chimique (etching). Cette technique est adaptée à la fabrication massive, car 10 000 transistors ont déjà été réalisés sur le même chip. De plus, les mesures de transport sur ce type de rubans suggèrent que les bords sont bien définis car les effets du désordre (localisation, bande interdite de transport) ne sont pas observés. Ces rubans peuvent donc être une percée dans l’électronique à base de graphène, ouvrant la voie du transport balistique, des effets non-linéaires dans les jonctions balistiques et des nouvelles interconnexions uniquement à base de graphène. Ce type d’électronique ne peut pas être réalisée avec des semiconducteurs conventionnels.

L’objectif principal de ce projet est donc d’étudier les rubans de graphène sur les parois latérales de SiC, et de les comparer avec des rubans obtenus par lithographie. Les contacts de métal sur graphène, d’importance primordiale pour la fabrication de dispositifs seront aussi abordés, avec le défi que presqu'aucun élément ne « mouille » le graphène. Ce projet étudiera la structure atomique des rubans sur les parois latérales, leur structure électronique globale et locale, leurs défauts et leur transport. Les interfaces métal/graphène, système modèle pour les contacts électriques seront aussi étudiées. Nous aborderons les questions ouvertes sur la structure électronique et atomique, avec un ensemble de techniques expérimentales (photoémission résolue en angle, microscopie/spectroscopie à effet tunnel, microscopie électronique à transmission) et des calculs (transport quantique) maitrisés dans le consortium.

Coordination du projet

Antonio Tejeda (Institut Jean Lamour)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

LPS Laboratoire de Physique des Solides
INEEL Institut Néel
SOLEIL Synchrotron SOLEIL
IJL Institut Jean Lamour

Aide de l'ANR 510 952 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2012 - 42 Mois

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