CAractérisation chimique, microbiologique, écotoxicologique et spatio-temporelle des contaminants des Bassins de Retenue des eaux pluviales urbaines : évaluation et gestion des Risques Environnementaux et Sanitaires associés – CABRRES
La contamination des eaux pluviales urbaines est avérée depuis plusieurs années. On sait par exemple que les métaux, les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques - HAP, les pesticides et les pathogènes sont véhiculés sous forme majoritairement particulaire dans les eaux pluviales urbaines. L’apparition de plusieurs contraintes règlementaires (en particulier la DCE) et la perception des risques écotoxicologiques poussent plusieurs collectivités à mettre en place des techniques dites alternatives pour la gestion de ces eaux contaminées. L’une de ces techniques consiste à stocker l’eau pendant un certain temps afin de permettre une dépollution par décantation. Ces ouvrages sont appelés bassins de retenue-décantation des eaux pluviales. Les dépôts ainsi constitués représentent des zones de contamination importante. Ces ouvrages sont des écosystèmes à part entière avec un habitat faunique très riche et un risque très élevé de contamination des milieux aquatiques superficiels ou souterrains vers lesquels les eaux transitant par ces systèmes sont rejetées. Ces ouvrages peuvent également participer de l'aménagement des espaces publics urbains quand ils sont paysagés. Sous cette forme, ils appellent les pratiques sociales habituelles aux jardins publics. Ces pratiques peuvent accidentellement ou assidûment exposer les publics aux différents contaminants. En outre, ces ouvrages nécessitent un entretien et une gestion particulière, impliquant des expositions des techniciens lors d’opérations diverses (curages). Il est donc indispensable de caractériser finement les contaminants chimiques et microbiologiques présents dans le dépôt et d’évaluer les risques de contamination et de dégradation environnementale associés à ces dépôts. Dans ce contexte, nous avons suivi le bassin de retenue-décantation Django Reinhardt situé à Chassieu (Est Lyon) et connecté à un bassin d’infiltration. Les premiers tests de caractérisation microbiologique des sédiments de ce bassin ont permis d'observer une relation entre la répartition des HAP et les indicateurs microbiologiques prédictifs d’une contamination par des micro-organismes pathogènes (Escherichia coli et entérocoques intestinaux). Ces premiers résultats constituent la base de notre proposition. Les objectifs visés sont : i) l’identification des sources des contaminants chimiques et microbiologiques présents dans le bassin à partir d’une étude sociotechnique, ii) le développement d’un modèle hydrodynamique prédictif des zones de contamination dans le bassin de retenue, en prenant en compte la dispersion des contaminants particulaires (support des contaminants chimiques et microbiologiques) et le cisaillement et l’énergie cinétique turbulente, iii) les caractérisations microbio-physico-chimique et écotoxicologique des dépôts (teneur en polluants chimiques prioritaires, bactéries adaptées aux milieux hydriques dont agents pathogènes) par métagénomique et approches culturales des micro-organismes dans le but de fixer la relation entre la taille des particules et la diversité bactérienne observée, iv) l’établissement de corrélations entre les tailles des particules et les agents chimiques et microbiologiques portés par ces particules grâce à la modélisation statistique. Ce projet est interdisciplinaire et l’ensemble des résultats permettra : i) d’améliorer les connaissances sur les interactions entre les agents chimiques (dont les agents écotoxiques) et microbiologiques (incluant les agents pathogènes) au sein de ces ouvrages, ii) de mieux comprendre les processus sociotechniques de production et de diffusion des contaminants, iii) d’en tirer les éléments essentiels pour l’évaluation des risques que présentent ces ouvrages pour la santé et les écosystèmes, iv) de proposer des protocoles de prévention à partir des pratiques sociales techniques des publics actifs sur les bassins versants et enfin v) de proposer un protocole adapté de surveillance de ces ouvrages.
Coordination du projet
Gislain Lipeme Kouyi (INSTITUT NATIONAL DES SCIENCES APPLIQUEES DE LYON - INSA)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
CNRS - LEM CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE - DELEGATION REGIONALE RHONE-AUVERGNE
INSA DE LYON -ITUS-EVS INSTITUT NATIONAL DES SCIENCES APPLIQUEES DE LYON - INSA
ISA-SCA CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE - DELEGATION REGIONALE RHONE-AUVERGNE
INSA DE LYON -LGCIE INSTITUT NATIONAL DES SCIENCES APPLIQUEES DE LYON - INSA
Aide de l'ANR 500 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
février 2012
- 48 Mois