Blanc SHS 2 - Blanc - SHS 2 - Développement humain et cognition, langage et communication 2011

Processus perceptifs et cognitifs après perte partielle ou totale de la vision maculaire : vers une approche plus écologique – lowvision

Résumé de soumission

La dégénérescence maculaire liée à l’age (DMLA) constitue la principale cause de déficit visuel chez les personnes âgées dans les pays industrialisés. Cette pathologie concerne environ 30% de la population de plus de 70 ans, environ 1,5 million de personnes en France. La forme la plus fréquente de DMLA (atrophique) est actuellement non curable. La DMLA affecte la région de la rétine qui comporte la plus forte densité de récepteurs (la macula). Le développement d’un scotome central (zone de perte visuelle) affecte toutes les fonctions de la vision centrale : la lecture, la conduite automobile, la capacité de cuisiner, de regarder la télévision, de reconnaître des visages et des objets. La DMLA a des conséquences sur la vie sociale dans la mesure où ces personnes perdent progressivement leur autonomie. Ils rencontrent plus de difficultés que les personnes d’âge équivalent avec vision normale pour faire les courses, utiliser la monnaie, préparer les repas, utiliser les transports publics et réaliser de petits travaux ménagers. En comparaison à la population avec vision normale de même âge les personnes souffrant de DMLA doivent souvent vivre en institution, le risque de chute est deux fois plus élevé, le risque de fracture du col du fémur est multiplié par quatre et l’incidence de la dépression est multipliée par trois.
Deux aspects sont particulièrement sous explorés dans cette pathologie : (1) la vision résiduelle de ces patients, particulièrement en grande périphérie au-delà de la macula et (2) l’adaptation fonctionnelle à la perte de vision centrale en termes de réorganisation perceptive, motrice et cérébrale. Dans une société où l’accès à l’information repose de plus en plus sur le texte et l’image (télévision et internet) la compréhension des processus déficitaires, et de ceux qui sont épargnés, est critique pour une prise en charge efficace en terme de rééducation, pour le développement de systèmes d’aide optique prenant en compte les propriétés physiologiques du système visuel, et pour l’adaptation de l’environnement dans lequel ces patients évoluent.
Au cours des quatre années de ce programme de recherche nous proposons d’étudier (1) les aspects perceptifs et cognitifs des problèmes rencontrés par les patients souffrant de DMLA ; en particulier la reconnaissance des scènes et des objets en vision périphérique et la contribution de la vision périphérique à la mémoire spatiale et (2) les fonctions visuelles qui nécessitent des mouvements des yeux, de la tête et du corps pour extraire l’information pertinente et dans la lecture et la recherche d’objets dans des scènes ; cela à l’aide de trois approches complémentaires : comportementales (équipes 1 Lille et 2 Marseille), l’imagerie cérébrale fonctionnelle (équipe 1) et la simulation de la vision des patients avec un modèle computationnel (équipe 3 Grenoble).
Les sujets seront des patients avec une DMLA, des patients avec une maculopathie juvénile (maladie de Stargardt) et des sujets avec vision normale appariés en âge aux patients. La maladie de Stargardt est une maculopathie hérédiraire qui débute à l’adolescence. Cette comparaison avec les patients DMLA nous permettra d’étudier l’adaptation à long terme à la perte de vision centrale et la réorganisation cérébrale. Le recrutement des sujets se fera dans les services d’ophtalmologie des CHU de Lille et de Marseille.

Coordination du projet

muriel BOUCART (UNIVERSITE DE LILLE II [DROIT ET SANTE])

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

INP INSTITUT NATIONAL POLYTECHNIQUE DE GRENOBLE - INPG
LNFP UNIVERSITE DE LILLE II [DROIT ET SANTE]
CNRS CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE - DELEGATION REGIONALE PROVENCE ET CORSE

Aide de l'ANR 316 877 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2011 - 48 Mois

Liens utiles

Explorez notre base de projets financés

 

 

L’ANR met à disposition ses jeux de données sur les projets, cliquez ici pour en savoir plus.

Inscrivez-vous à notre newsletter
pour recevoir nos actualités
S'inscrire à notre newsletter