HAITI - SEISME HAITI : Pour une reconstruction durable 2010

– S3F pour Haïti

Un sorgho sucré pour diversifier l’agriculture haïtienne

Le développement de la culture du sorgho sucrier offrirait aux agriculteurs une opportunité de combiner la production de combustible (alcool à partir du sucre des tiges) avec l’alimentation humaine (graines produites) et animale (utilisation des bagasses comme fourrage pour le bétail), et augmenter ainsi leurs revenus.

Introduction de variétés exotiques de sorgho sucrier mieux adaptées aux conditions écologiques locales pour développer une nouvelle filière combinant alimentation/fourrage et combustible.

Le sorgho grain communément appelé petit mil ou « pitimi » en créole en Haïti est connu des paysans. L’introduction d’une variété sucrée permettra de diversifier la production en produisant de l’alcool à partir du sucre accumulé dans les tiges. Par ailleurs de nombreuses petites infrastructures permettant l’usinage des tiges de canne à sucre (guildiveries) existent mais ont des périodes de fonctionnement de plus en plus courtes pour différentes raisons (variétés de cannes peu performantes, désintérêt de la canne à sucre au profit de cultures plus lucratives etc…). Après avoir vérifié que l’usinage des cannes de sorgho ne demande pas de modifications majeures des équipements adaptés à la canne à sucre, le sorgho sucrier pourrait alors compléter la production de canne et permettre d’étendre la période de fonctionnement des distilleries, guildiveries et siroperies. Cette extension peut se faire soit avant l’entrée en production de la canne, soit en fin de période de production. Elle dépend selon les zones de la compatibilité des variétés proposées dans le système de culture des agriculteurs, du type de rémunération qui sera proposé dans la phase de lancement et de l’acceptabilité alimentaire des graines de sorgho sucrier. L’objectif est de combiner productions énergétique et alimentaire. L’amélioration des conditions de production d’alcool résultant de l’introduction du sorgho sucrier devrait diminuer le coût de production de l’alcool et permettre des investissements nouveaux favorables à une diversification de ses usages énergétiques. Des études de filières seront conduites pour qualifier les deux trajectoires que sont (i) l’utilisation de l’alcool comme combustible dans des réchauds de cuisine, ou (ii) comme combustible de démarrage des foyers classiques à charbon en remplacement du « bois gras ». <br />Enfin les possibilités de valorisation du sorgho sucrier pour l’alimentation animale restent encore à explorer.<br />

Cette introduction nécessite (i) de collecter un pool de variétés de sorgho sucrier, (ii) d’évaluer ce pool dans les conditions environnementales locales afin d’identifier les meilleures variétés, (iii) de multiplier ces variétés et les diffuser aux agriculteurs. Un programme d’amélioration du sorgho sucrier en Haïti sera initié.
Parallèlement, on optimisera les itinéraires techniques pour produire le sorgho sucrier en culture pure ou en association avec le pois d’angole.
Au niveau transformation, des études seront conduites pour s’assurer que les équipements adaptés à l’usinage des cannes à sucre peuvent être utilisés pour les cannes de sorgho sans demander de modifications lourdes, et qu’une partie des bagasses peut également être brulée (cogénération) dans les fours des unités de transformation.
Enfin, une analyse socio-économique de la filière permettra d’identifier les usages prioritaires concernant la valorisation de la culture de sorgho sucrier et d’évaluer la compatibilité de ces usages.

La première étape de constitution d’une collection de variétés de sorgho sucrier a été réalisée. Ces variétés sont évaluées afin d’identifier les plus adaptées aux environnements haïtiens.
Une première enquête sur la filière a été conduite afin de définir les conditions du développement du sorgho sucrier en Haïti.

Les meilleures variétés exotiques seront identifiées et multipliées. On devrait rapidement pouvoir réaliser la transformation du sorgho et confirmer que les moulins utilisés pour la canne à sucre sont également adaptés à l’usinage des tiges de sorgho.
Les itinéraires culturaux seront précisés, que ce soit en culture pure ou en association avec le pois d’angole.
La qualité des grains sera également évaluée par rapport aux attentes de la population.
L’étude socio-économique du développement de la filière sorgho sucrier sera poursuivie.

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Coordination du projet

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Aide de l'ANR 396 240 euros
Début et durée du projet scientifique : - 0 Mois

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