Méthode critique de l’histoire de la Tapisserie: Préceptes, Circulation de modèles, Transferts de savoir-faire. France - XIVe-XXIe siècles – ARACHNE
Ce programme vise à replacer la tapisserie au sein de l’histoire de la création artistique. Il repose d’une part sur une approche dialectique de cet art, dans son rapport à la théorie de l’ornement dans les arts et l’architecture, dans sa relation étroite à la peinture et dans sa dépendance à l’organisation et au fonctionnement des anciens métiers d’art. D’autre part, il a pour objet de porter un regard critique sur les méthodes d’enquête et d’analyse utilisées jusque-là dans ce domaine de l’histoire de l’art.
Réfléchir aujourd’hui sur le processus de création dans l’art de la tapisserie nécessite de repenser son histoire à partir de trois conceptions renouvelées :
1. La tapisserie comme ornement. Ce premier axe thématique porte sur l’analyse de la place des choses, sur la fonction du médium comme structure de l’espace et élément de la diffusion d’un style. Comment la tapisserie, intégrée dans un espace, peut en modifier l’aspect ? (jusque dans la pratique de l’installation pour la tapisserie contemporaine) Quelle est la place de la tapisserie accordée par l’architecte d’hier et d’aujourd’hui (Corbusier, Portzamparc) ? Comment la tapisserie était-elle vue ou regardée ? Comment la tapisserie s’adapte-t-elle aux styles et comment participe-t-elle de leur diffusion ? La tapisserie étant comprise comme un double de la peinture, il convient aussi de s’arrêter sur les enjeux de la reproduction tissée, de la transmission d’une esthétique à un moment donné et de sa réception.
2. La tapisserie comme expression d’un art collectif. Centré sur l’analyse de l’application de la théorie dans la pratique d’une technique artistique, ce deuxième axe thématique vise à analyser les phases du processus permettant de passer du verbal au peint et au tissé. Il aborde les questions d’intertextualité, d’échelle, de transposition, de traduction d’un médium dans un autre.
3. La tapisserie comme art et métier. Ce dernier axe thématique vise à comprendre l’organisation et le fonctionnement des métiers que recouvre l’appellation de tapissier en partant des notions de migration d’artisans, de transfert de savoir-faire et de marques. Il est lié au précédent dans la mesure où le tapissier est à la fin du processus de création et son travail constitue la partie matérielle des œuvres réalisées. On sait que le mot de tapissier en France recouvre au moins cinq ou six métiers, qui se partagent la production et le commerce des différentes sortes de tapisserie, mais on a une connaissance très limitée du fonctionnement de ces métiers en réseaux, au sein d’une même ville (Paris, Beauvais, Aubusson), entre ces villes et a fortiori avec les pays voisins, alors qu’on en connait l’existence.
Pour se faire, le programme s’appuie sur une double ossature : une réflexion historiographique, et l’élaboration d’une base de données informatique consacrée aux tapissiers. Écrire sur la tapisserie signifie et implique d’établir une meilleure compréhension de cet art en analysant la façon dont son histoire s’est constituée. Il s’agit non seulement de mieux saisir son processus de production, de création, mais surtout de mesurer l’impact de notions historiques, fonctionnelles ou symboliques dans l’historiographie de la tapisserie. La constitution et l’abondement d’une base de données, si elle n’est pas une fin en soi, est un travail fondamental, puisque se sont ces données collectées et l’exploration de leurs relations qui serviront de support essentiel à la réflexion.
Le but escompté est de mettre à la disposition de la communauté scientifique, du marché de l’art et des acteurs de la création une connaissance renouvelée de cette manifestation artistique, de préciser la spécificité de l’art de la tapisserie, en France principalement, sous la forme d’un ensemble d’analyses (essais, éditions critiques, études fondamentales) et de sources (catalogues, répertoires, bases de données, reconstitutions d’intérieurs), reflétant la diversité des approches scientifiques.
Coordination du projet
pascal BERTRAND (UNIVERSITE DE BORDEAUX III)
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Partenariat
UPEMLV UNIVERSITE PARIS-EST MARNE LA VALLEE
EPHE ECOLE PRATIQUE DES HAUTES ETUDES
UBx3 UNIVERSITE DE BORDEAUX III
Aide de l'ANR 339 999 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 48 Mois