Blanc SHS 1 - Sciences humaines et sociales : Sociétés, espace, organisations et marchés 2010

Expérimentation d'archivage et d'analyse secondaire d'enquêtes qualitatives – REANALYSE

Résumé de soumission

La création d’une banque de données qualitatives, susceptibles de faire l’objet de réanalyses, semble pouvoir répondre à certains des problèmes récurrents que pose l’utilisation des méthodes qualitatives: un souci d’économie, ainsi que les problèmes d’accès à certains terrains, difficiles ou saturés. En outre, elle élargirait les possibilités de comparaison dans le temps et dans l’espace, quand les méthodes qualitatives butent sur le nombre limité de cas travaillés. Elle favoriserait enfin la cumulativité des pratiques scientifiques en rendant possible une comparaison plus systématique des résultats obtenus sur des terrains ou avec des procédures de recherche différentes.
Nombreux sont les pays, notamment européens, engagés dans de tels développements mais la communauté scientifique SHS française est plutôt réticente. Pour des raisons déontologiques d’abord, hésitant à partager avec d’autres chercheurs des données produites sur la base d’un contrat de confiance entre enquêteur et enquêtés ; et épistémologiques, refusant de dissocier les données enregistrées des conditions de leur production.
Néanmoins, l’expérience accumulée par les chercheurs et les laboratoires impliqués dans ce projet nous pousse à tenter l’expérience. Le CDSP, rompu à l’archivage des données quantitatives, est membre du CESSDA, qui structure la réflexion sur la capitalisation des enquêtes SHS au niveau européen. Les chercheurs du pôle « sciences humaines et sociales » d’EDF R&D sont les seuls en France à déjà réaliser systématiquement l’archivage et l’analyse secondaire de leurs enquêtes qualitatives. Enfin, ce projet s’inscrit dans le prolongement d’une étude de faisabilité financée par ADONIS/CNRS et Sciences Po, qui débouche sur un prototype innovant d’archivage d’enquêtes qualitatives en science sociales.
Ce programme de recherche vise à prolonger ces expériences et tester réellement les conditions de faisabilité des pratiques d’archivage et de réanalyse des enquêtes qualitatives. Il est organisé autour de deux objectifs intimement liés.
Il s’agit d’abord de tester l’utilité et la faisabilité de la réanalyse à partir de différents exemples mettant en jeu divers rapports de l’utilisateur secondaire à l’enquête ou aux enquêtes utilisées. Nous conduirons pour cela cinq études, consacrées respectivement au lien entre mobilité sociale et attitudes politiques, à l’identification à la nation entre identité et idéologie, à l’ethnicisation des rapports sociaux dans les quartiers populaires, aux carrières journalistiques et enfin, aux attitudes à l’égard de l’intégration européenne. C’est l’intérêt de ces études, projetées par des chercheurs spécialistes de ces domaines et qui espèrent trouver dans la réanalyse le moyen d’aborder des questions impossible à traiter autrement, qui nous permettra, nous l’espérons, de convaincre de l’utilité d’une banque de données qualitatives. Ce faisant nous serons également conduits à expérimenter et affiner les dispositifs techniques d’archivage innovants, nécessaires pour mener à bien le premier objectif. Nous considérons que tout travail de terrain est une co-production de données entre le chercheur et le milieu où il investigue. Dès lors, l’archivage ne peut se limiter à mettre à disposition des données : leur réutilisation nécessite une « enquête sur l’enquête » qui rende compréhensible les documents archivés. A côté des dispositifs classiques : numérisation, anonymisation (éventuelle), documentation, indexation et référencement, nous développerons des outils plus novateurs grâce à l’insertion des enquêtes dans une base dotée d’une plate forme informatisée, elle-même dotée d’une interface de navigation permettant la découverte et l’exploration des enquêtes en ligne, de sorte à conserver aux enquêtes archivées leur unité. Cette base d’enquêtes qualitatives aura également pour vocation d’enrichir les possibilités d’enseignement des sciences sociales.

Coordination du projet

Organisme de recherche

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

TRIANGLE ECOLE NORMALE SUPERIEURE DE LYON
PACTE INSTITUT D'ETUDES POLITIQUES DE GRENOBLE - IEP
EDF SA EDF RECHERCHE ET DEVELOPPEMENT
FNSP FONDATION NATIONALE DES SCIENCES POLITIQUES

Aide de l'ANR 240 099 euros
Début et durée du projet scientifique : - 48 Mois

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