Rôle des pathogènes naturels dans la résilience des écosystèmes marins côtiers contaminés par des microalgues toxiques invasives – PARALEX
Les marées rouges, causées par la prolifération anarchique de microalgues, traduisent de façon spectaculaire l’impact des récents changements globaux sur le phytoplancton marin. Ces efflorescences peuvent avoir de nombreux effets dévastateurs sur l’environnement marin d’une part, suite à la raréfaction de l’oxygène, la réduction de la luminosité en profondeur et la perte d’habitats et sur la qualité des services (tourisme, pêche côtière, aquaculture) d’autre part. La plupart des espèces responsables de ces proliférations sont des dinoflagellés, un groupe de micro-organismes qui sont également des producteurs primaires essentiels au sein du phytoplancton marin. Certaines de ces espèces sont capables de produire de redoutables toxines de types paralysantes, neurotoxiques, diarrhéiques, ou hémolytiques. Ces toxines s’accumulent généralement dans la chaîne trophique et peuvent être responsable chez l’homme d’intoxications mortelles dues à la consommation de produits de la mer, tels que coquillages, mollusques, crabes ou poissons. Ce phénomène mondial de prolifération est connu depuis de nombreuses années, mais il a considérablement augmenté lors de ces vingt dernières années. L’origine de ces efflorescences toxiques est multifactorielle et peut s’expliquer en partie par des changements environnementaux (eutrophisation des côtes et réchauffement climatique) et des transferts accidentels d’espèces toxiques (eaux de ballasts des cargos et introduction d’espèces pour l’aquaculture). Le fait que la plupart de ces dinoflagellés toxiques soient capables de produire des kystes de résistances, qui s’accumulent localement dans les sédiments, constitue un facteur aggravant. En effet, la contamination d’un écosystème par l’introduction d’une nouvelle espèce toxique peut induire rapidement des problèmes récurrents et durables. Si de nombreux travaux ont permis de mieux connaître et de prédire les facteurs environnementaux favorisant ces efflorescences, pratiquement rien n’est connu sur la résilience des écosystèmes impactés dans le temps. Les premiers suivis à long terme réalisés suggèrent que certaines espèces qui sont capables de produire d’intenses efflorescences toxiques pendant plusieurs années s’intègrent finalement au compartiment phytoplanctonique à des concentrations cellulaires plus faibles, n’entraînant plus de problèmes de toxicité. De récents travaux suggèrent que cette régulation pourrait être due à la présence de parasites tels que virus, bactéries ou protistes capables d’infecter spécifiquement certaines microalgues toxiques et de réguler leurs populations. L’objectif principal de ce projet est d’identifier ces parasites naturels dans des écosystèmes récemment contaminés par des microalgues invasives et toxiques afin de comprendre leur rôle dans la résilience et la stabilité des écosystèmes marins côtiers.
Coordination du projet
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Partenariat
Aide de l'ANR 700 524 euros
Début et durée du projet scientifique :
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