ECOTECH - ECOTECH : production durable et technologies de l'environnement 2009

Analyse Systémique de l'Utilisation de Ressources renouvelables de la Technosphère – ASURET

Améliorer le bilan environnemental du BTP : Préserver les ressources naturelles et optimiser le recyclage

Recherche de conditions d’amélioration du bilan environnemental des activités du BTP, via l’optimisation du recours aux ressources naturelles et au recyclage de matériaux, au travers d’une approche systémique de ce secteur, et en identifiant des modèles de production et de consommation<br />plus vertueux.

Réduire les consommations de ressources naturelles en optimisant la valorisation de matériaux recyclés dans le BTP

ASURET propose aux acteurs de la construction et de l’aménagement du territoire (construction et<br />déconstruction de bâtiments, d’équipements, d’infrastructures) une approche et une méthode<br />d’analyse et d’aide à la décision visant à réduire les impacts environnementaux de ces activités, plus<br />particulièrement liés à la consommation de ressources naturelles, tout en apportant des éléments<br />concrets pour le développement de filières de recyclage.<br />ASURET a permis, au travers d’une approche systémique, de mieux caractériser le cycle global des matériaux du BTP, d’évaluer les gisements et les flux de matériaux et de déchets, d’identifier des techniques efficaces pour soutenir la construction, la déconstruction et le recyclage et d’apporter des éléments pour le développement les bonnes pratiques au travers d’une concertation multi acteurs.<br />Les recherches ont en particulier porté sur les questions suivantes :<br />? Evaluation multi échelle des flux entrants et sortants (matériaux et déchets) et du stock ;<br />? Potentiel de recyclage parmi les flux sortants ;<br />? Extension et généralisation des pratiques de recyclage ;<br />? Identification des freins et leviers organisationnels et humains, conditions d’appropriation des bonnes pratiques par les acteurs du secteur.

Les recherches ont porté une attention importante à la question de l’échelle d’analyse. Elles ont été menées en considérant l’échelle locale (le chantier), l’échelle territoriale (la ville, le département, la région) et l’échelle globale (le secteur du BTP au sein de l’économie nationale). Ce fil conducteur était nécessaire à l’élaboration d’une analyse systématique de l’activité BTP.
Les travaux ont porté d’une part sur le développement d’une méthodologie d’analyse des flux (matériaux de construction et déchets) et des stocks associés à l’activité BTP en termes de données et d’impacts environnementaux, et d’autre part sur l’aspect humain du système, en explorant les facteurs d’adhésion et les risques de non-coopération des acteurs du BTP, via la mise en oeuvre d’une méthode d’analyse participative.
S’agissant du développement du recyclage des matériaux, ASURET a analysé les besoins et marchés potentiels pour les matériaux recyclés, les voies possibles de valorisation, et les performances environnementales de procédés associés à la valorisation de matières premières secondaires.
Les outils méthodologiques ont été testés sur 2 territoires (ville d’Orléans et département des Bouches du Rhône) via des scénarios prospectifs.

ASURET se place dans un cadre de contribution à l’intérêt général. Il a mis à la disposition des acteurs du BTP, des outils pour déployer une stratégie de meilleure gestion des ressources naturelles et des déchets du BTP, réduire les impacts environnementaux du secteur.
Les principaux résultats d’ASURET consistent en une méthodologie d’analyse des flux et stocks associés aux activités du BTP, à partir de laquelle des scénarios prospectifs (pénurie, évolutions réglementaires, sociétales, urbanistiques) peuvent être évalués afin d’optimiser la gestion des ressources à l’échelle d’un territoire.

Les outils développés dans le cadre d’ASURET pourraient être déployés sur des territoires divers (villes, agglomérations<, patrimoines diffus d’aménageurs) pour :
-Elaborer des diagnostics initiaux spécifiques à ces territoires ;
-Alimenter en informations les plans, schémas et autres documents d’orientation ;
- Caractériser les interactions entre un territoire et son environnement (ressources, pénurie) ;
- Simuler aux différentes échelles les effets de politiques de recyclage, suivre les gains environnementaux associés, et accompagner la mise en place de telles initiatives.
Ces outils pourraient faire l’objet de développements ultérieurs.

Référence du formulaire : ANR-FORM-090601-01-01 4/17
L’approche systémique retenue et la multiplicité des acteurs ont nécessité une communication autour du sujets scientifiques variés tels que le recyclage des déchets du BTP (WasteEng 2012, COLEIT 2012, revue Resources, conservation and Recycling), l’évolution de l’urbanisme (Futurs Urbains 2013), l’accompagnement sociétales d’une évolution des pratiques vers une gestion plus durable des ressources, mais aussi vers les acteurs (fédérations professionnelles, représentants des collectivités).

Le développement de notre société repose notamment sur l’extraction, au coût le plus bas possible, de matières premières et d’énergie du sous-sol, leur transformation et leur accumulation dans la technosphère, puis leur rejet vers l’extérieur sous forme de déchets. L’augmentation de la demande a toujours été traitée par celle de la production. La prise de conscience du caractère non renouvelable de certaines ressources naturelles, les tensions observées sur les marchés, la pression réglementaire croissante impulsée par l’UE, notamment aux travers des Directives déchets, remettent en cause ce postulat. La transition vers des territoires durables et une maîtrise de l’entropie territoriale supposent une réorganisation et une diminution des flux externes (les entrées et sorties du système) et des flux internes (en optimisant la réutilisation de la matière et de l’énergie). Il s’agit de changer de paradigme en allant vers une approche systémique du territoire, probablement plus adaptée à la définition d’un modèle de développement cohérent. Un territoire soutenable doit s’envisager en termes de durabilité interne mais également externe, au regard de ses interactions potentielles avec d’autres territoires. Cette analyse est cependant encore difficile à réaliser, tant au niveau de l’organisation des flux, que de la structuration qualitative et quantitative des échanges. Une analyse du métabolisme des territoires au travers d’une approche systémique (« penser globalement et agir localement ») permettrait probablement de favoriser le développement de modèles de production et de consommation plus vertueux. Dans le même temps, le marché national des filières de collecte, de traitement et de valorisation des matériaux issus de la déconstruction peine à décoller sur le plan économique. Les questions du recyclage et de la valorisation sont principalement posées à l’échelle d’un projet, d’une ville ou d’une collectivité locale d’extension définie, sans que soient abordées les questions préalables des échelles spatiale et temporelle, de la disponibilité et de la pérennité de la ressource. ASURET posera, au travers d’une approche systémique, les bases d’une réflexion sur le long terme en considérant les territoires comme des gisements de matériaux évolutifs dans le temps et l’espace qu’il convient de caractériser et dont les conditions d’exploitation techniques et économiques restent à discuter (évaluation et utilisation des ressources accumulées dans la technosphère, anticipation des impacts de l’évolution des modes de construction et de déconstruction). ASURET propose d’aborder, au travers de l’exemple des matériaux de construction (qui représentent à eux seuls environ 40% du tonnage des matériaux transportés chaque année), les questions de l’échelle spatiale et temporelle auxquelles doivent être pensées les filières de recyclage et valorisation, les conditions économiques, techniques et sociétales de leur optimisation : Quelles installations, quelles capacités, quelle localisation, pour quels matériaux ? Comment développer les synergies, comment mesurer les progrès ?

Coordination du projet

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

Aide de l'ANR 819 866 euros
Début et durée du projet scientifique : - 0 Mois

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