BLANC - Blanc 2009

Processus et milieux du traitement thermique des silex barrémo-bédouliens au Chasséen (fin 5ème et 4ème mill. Cal BC , Méditerranée occidentale) – ProMiTraSil

Résumé de soumission

De la fin du Vème et durant le IVème millénaire (Cal. B.C.), s?opère un tournant marquant dans l?évolution des sociétés néolithiques de Méditerranée nord occidentale. De profondes mutations socio-économiques se traduisent par deux phénomènes corrélés : le renforcement des spécialisations artisanales et le développement des échanges à longue distance. D?un point de vue archéologique, cela est particulièrement visible dans la culture du Chasséen méridional qui s?étend dans tout le midi de la France. C?est dans ce contexte que l?on observe l?exceptionnelle diffusion des productions lithiques spécialisées réalisées en silex barrémo-bédouliens du Vaucluse. L?ampleur de ces réseaux d?échanges se mesure dans un cadre européen puisque les productions vauclusiennes sont exportées jusqu?en Italie et Catalogne. Comment alors expliquer l'ampleur du phénomène de diffusion des productions vauclusiennes ? Qu'est-ce qui a incité ces communautés du Néolithique de Méditerranée nord-occidentale à adopter le même outillage, et ce pendant plus de 700 ans ? Qu'est-ce qui justifie dans leur procédé de fabrication la haute valeur de ces biens destinés à l'échange ? Ces questions seront traitées à travers l?analyse de la production la plus remarquable du Chasséen méridional : celle qui est caractérisée par le traitement thermique des silex barrémo-bédouliens pour l?obtention de lamelles par pression. La segmentation de la production des lamelles, dans le temps et dans l?espace, est à mettre en correspondance avec une différenciation des savoir-faire : les très délicates phases de mise en forme ont lieu sur les sites producteurs en Vaucluse et sont exécutées par des spécialistes, alors que sur les sites consommateurs, le débitage des lamelles concernerait des tâches domestiques ne nécessitant pas les mêmes savoir-faire. La chauffe, étape fondamentale de la chaîne opératoire, est donc l'une des clefs pour comprendre ce système dans lequel producteurs et consommateurs sont totalement interdépendants. La chauffe illustrerait ainsi la répartition sociale des tâches entre producteurs qui savent et consommateurs qui ne savent pas et dont on simplifie le travail. Aujourd?hui nous savons très peu de choses sur le traitement thermique des silex barrémo-bédouliens. Quels sont les précédés et les milieux qui ont permis ces transformations du silex possibles ? Cette question est particulièrement importante dans le contexte qui nous intéresse ici car contrairement à ce que l?on connaît dans d?autres contextes chrono-culturels où il existe de la chauffe pour du façonnage (et non du débitage), les modules chauffés sont très grands comme en témoignent les préformes récemment trouvées sur différents ateliers producteurs. Or, un important volume de silex pose de nombreux problèmes pour le traitement thermique : il est plus difficile à chauffer au regard des risques d?éclatement. Ce projet vise donc à mieux cerner les conditions nécessaires au succès de la chauffe. Pour ce faire, plusieurs approches doivent être menées en parallèle : - approche archéologique : étude fine notamment des ratés de chauffe trouvés sur les sites producteurs ; - approche physique : quelles transformations physiques les silex barrémo-bédouliens ont-ils subi qui permettent d?expliquer les changements observés ? Que se passe t-il à l?échelle atomique ? - approche chimique : analyse des résidus trouvés sur les déchets de fabrication des préformes du Saint-Martin afin d?obtenir des indices sur les milieux de chauffe. - approche expérimentale : 1/ réalisation de traitement thermique de reproductions de préformes chasséennes dans un four pour mieux cerner la fourchette de températures dans laquelle les silex barrémo-bédouliens opèrent leur transformation. 2/ appréciation des effets induits par le traitement thermique sur les silex barrémo-bédouliens pour la taille de lamelles par pression. Les enjeux de ce projet sont importants dans l?appréhension de ces sociétés néolithiques. Aborder ces industries en silex barrémo-bédouliens et notamment la question de la chauffe, c?est aborder le savoir faire des artisans spécialisés. Les résultats de ce projet sont attendus au niveau européen et au niveau international. Nos collègues européens, particulièrement les Espagnols et les Italiens sont très intéressés puisque beaucoup de leurs sites archéologiques sont alimentés par ces réseaux de diffusion de silex barrémo-bédouliens. A un niveau international, les résultats de ce projet ouvriront indubitablement des voies de recherche intéressantes pour l?étude d?autres contextes chrono-culturels au sein desquels des indices de chauffe ont de même été identifiés sur des silex différents.

Coordination du projet

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

Aide de l'ANR 190 000 euros
Début et durée du projet scientifique : - 0 Mois

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