Vers une théorie critique des industries créatives. – CULTURECREATION
La pensée communicationnelle des industries culturelles est aujourd'hui suffisamment consistante, mais aussi assez éclatée pour que le moment soit venu de la soumettre au crible d'une réflexion critique et épistémologique. Cette évaluation est d'autant plus indispensable que la pensée en question s?est construite, pour l?essentiel, durant les années 80 et le début des années 90. Or, depuis, les cadres économiques, politiques, techniques et idéologiques du développement des industries culturelles ont considérablement évolué. Ces évolutions, ainsi que sur le plan épistémologique, l?émergence de ce qu?il est convenu d?appeler l?économie numérique, la société de l?information puis de la connaissance, l?économie de l?immatériel ou de la création ne rendent pas forcément obsolètes les théories de l'époque, mais elles exigent leur confrontation à de nouveaux éléments empiriques et leur réappariement dans un ensemble homogène. Nous souhaitons donc travailler à l'élaboration d'une approche communicationnelle et critique des industries créatives, apte à prendre en compte les mutations suscitées par les mouvements de financiarisation, de concentration, de mondialisation, de convergence entre les industries culturelles et les industries de la communication (c?est-à-dire les télécommunications, le Web, l?informatique, et matériels électroniques) et par le développement des industries éducatives. Sans rien sacrifier à la reconnaissance de ce qui fait la spécificité des industries culturelles et éducatives, l'accent sera mis sur ce qu'il y a de créatif dans ces industries, autrement dit, sur la singularité de leur régime de création, susceptible de les inscrire dans la catégorie générique des industries créatives, mais sans les y fondre en un ensemble indifférencié. Nous n?étudierons pas les autres secteurs industriels parfois inclus, abusivement selon notre hypothèse, dans les industries créatives. Afin d?ancrer notre réflexion épistémologique dans la littérature internationale s?intéressant à ces questions et de prendre en compte les mutations empiriques intervenues, deux séries d?enquêtes seront conduites. D?une part, une recension et une analyse des travaux scientifiques et parascientifiques relatifs aux thématiques des industries culturelles, de la communication, éducatives, créatives et à celle des « sociétés » ou « économies » de la connaissance, du « numérique » ou de l? « immatériel ». D?autre part, des enquêtes, notamment par entretiens et analyses de données secondaires, sur les stratégies des acteurs économiques et sociaux (notamment les opérateurs de plateforme électroniques comportant des produits et services culturels, informationnels ou éducatifs, les acteurs de la réglementation et de la régulation, les acteurs des « contenus » impliqués dans des stratégies dites de convergence). Les résultats seront valorisés, durant la recherche, par la diffusion et la discussion de premiers résultats sur le site Web de l?Observatoire international des mutations des industries culturelles (Omic), puis, dans une dernière phase, par la publication bilingue de deux ouvrages et l?organisation d?un colloque international qui fera suite au colloque de septembre 2006. L?équipe accueille 9 chercheurs de 4 laboratoires, plus un professionnel du cinéma. Ils sont coordonnés au sein de la MSH Paris Nord où tous ont participé à deux recherches antérieures (2004-2008). Le présent projet se différencie de celles-ci par l?objectif, principalement épistémologique cette fois-ci, et par l?approche, renouvelée avec la référence aux théories des industries créatives. Deux partenaires étrangers (canadien et britannique) auto-financés, seront associés de manière privilégiée afin d?assurer le caractère international de la recherche. Un poste de post-doctorant est demandé pour les 3 années que durera la recherche. La faisabilité de la recherche est aussi garantie par le nombre limité de membres, l?ancienneté de leur collaboration, et l?organisation en sous-équipes (comportant un responsable) en fonction de la division des tâches.
Coordination du projet
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
Aide de l'ANR 220 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
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