La dynamique des marchés internes et externes du travail dans une économie fondée sur le savoir – DYNAMIT
Dans les années récentes, l'importance du savoir s'est considérablement accrue dans de nombreuses activités économiques. Parallèlement, les relations d'emploi semblent être devenues plus instables qu'elles ne l'étaient par le passé. La question que nous nous proposons d'aborder ici est: ces deux évolutions sont-elles liées et, si oui, en quoi ? Quel est l'impact de l'accélération du rythme d'accumulation du savoir sur la longueur des carrières ? En particulier, dans quelle mesure les carrières longues à l'intérieur des entreprises (caractéristiques des marchés internes du travail) ont-elles reculé au profit de contrats de court terme impliquant des entrées et des sorties de travailleurs fréquentes en provenance du marché externe du travail ? Notre étude sera divisée en trois temps. Tout d'abord, nous étudierons l'impact des innovations technologiques et organisationnelles sur la part relative des marchés internes et externes du travail dans les ajustements en matière de main-d'œuvre. Suite à l'adoption de nouvelles technologies et de pratiques de travail innovantes, les entreprises font face à des besoins accrus en matière de compétences. Elles peuvent se procurer ces nouvelles compétences soit sur le marché externe du travail soit par la formation et la promotion de leurs propres salariés, s'appuyant alors sur le fonctionnement du marché interne. Notre recherche permettra d'évaluer l'importance relative de ces différentes stratégies. Dans un second temps, on s'interrogera sur le degré de généralité du cas français. La France est connue pour avoir des institutions du marché du travail relativement rigides : la législation sur la protection de l'emploi (LPE) y est plus contraignante que dans la plupart des autres pays de l'OCDE et la compression des salaires est forte, du moins par rapport aux pays anglo-saxons. La question se pose de savoir si l'importance relative des marchés internes et externes du travail est liée ou non à la nature des institutions sur le marché du travail. Afin d'étudier cette question, nous appliquerons la méthodologie présentée ci-dessus à un pays dans lequel la LPE est sensiblement plus faible qu'en France. Nous pourrons ainsi évaluer si les mêmes tendances sont à l'œuvre dans des pays caractérisés par des institutions du marché du travail différentes. La seconde partie de notre analyse s'intéressera à l'impact potentiel des ressources humaines dont disposent les entreprises sur leur capacité à innover. Cette question a deux facettes liées aux rôles respectifs des marchés internes et externes du travail dans l'approvisionnement des entreprises en qualifications. Dans un premier temps, nous nous intéresserons à l'impact de l'offre d'éducation sur le marché local du travail sur l'adoption de nouvelles technologies et de pratiques de travail innovantes par les entreprises. Une seconde façon pour les entreprises d'obtenir les compétences dont elles ont besoin consiste à mobiliser le marché interne du travail. Dans cette seconde partie de la recherche, nous nous attacherons à identifier les rôles respectifs des qualifications acquises en interne et en externe dans la constitution de capacités à innover propres aux entreprises. La troisième partie de notre recherche prendra en compte non plus seulement les flux de savoirs nouveaux mais également le rôle du stock de savoir lui-même. Il s'agit d'un facteur de production essentiel et les formes de gestion du savoir choisies par les entreprises sont susceptibles d'affecter à la fois leur efficacité productive et leurs stratégies de gestion des ressources humaines. Dans un premier temps, nous nous intéresserons aux déterminants des formes de gestion du savoir. Dans quelle mesure les entreprises codifient-elles leur savoir ou le conservent-elles, au contraire, sous forme tacite ? Comment cette décision est-elle influencée par l'usage de nouvelles technologies et la pression concurrentielle croissante ? Quel est l'impact de ce choix sur les relations d'emploi ? Ce
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Université
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Début et durée du projet scientifique :
- 36 Mois