Développement d'une base de données cartographique pour analyser les comportements électoraux à l'échelle des bureaux de vote – CARTELEC
Notre projet vise, à partir d'une double compétence thématique et méthodologique, à l'amélioration de la connaissance sociale et politique intra-urbaine française, en créant une nouvelle couche d'information, les résultats électoraux par bureau de vote, et en la mettant à la disposition de la communauté scientifique française. Depuis une dizaine d'années en France, la science politique et la géographie tendent à se rapprocher en termes d'analyse des comportements électoraux. Ces convergences sont liées notamment à de considérables progrès dans l'accès aux données socio-électorales numérisées. Ainsi, les chercheurs ne disposent que depuis 2001 de données électorales informatisées des 36 000 communes de France. L'exploitation à un niveau fin de ces résultats électoraux (les résultats électoraux restent la source d'information sur les comportements individuels la plus fiable, exhaustive et régulière) a relancé un certain nombre de débats scientifiques (gradient d'urbanité et comportements politiques ; comportements protestataires périurbains ; abstention et quartiers urbains de difficulté ; impacts locaux des enjeux, objectifs ou subjectifs, d'insécurité et d'immigration…). De même, les grandes enquêtes nationales d'opinion politique, dont le Baromètre Politique Français en 2006/2007, ont cherché à davantage contextualiser leur méthodologie, en visant à mieux tenir compte des différences des enjeux régionaux et locaux. Cependant, ces progrès dans l'analyse électorale restent paradoxalement limités à l'exploitation d'un découpage communal et cantonal, alors que pour une majorité d'électeurs, dans une France désormais urbaine, l'échelon d'agrégation de votes le plus fin est celui du bureau de vote. Une commune telle Marseille compte autant d'habitants que les 10 000 plus petites communes françaises… Nous proposons donc dans ce programme de créer, exploiter, analyser et diffuser une nouvelle couche d'information géographique, celle du bureau de vote (environ 36 000 communes françaises sont découpées en environ 65 000 bureaux de vote). Les outils géomatiques rendent désormais techniquement possible le passage automatisé de fichiers textuels définissant les limites des bureaux de votes (noms de rue, numérotation, etc.) à une cartographie vectorielle, et le ministère de l'intérieur centralise les résultats électoraux à l'échelle des bureaux de vote. Si de telles expériences ont pu être menées à l'étranger, elles ne l'ont jamais été en France. La double compétence et la collaboration étroite entre politistes et géographes, spécialistes reconnus des questions électorales, rend ce projet crédible. Obtenir cette nouvelle couche d'information (les résultats électoraux cartographiés par bureaux de vote), présente plusieurs intérêts en terme scientifique. Tout d'abord, un tel niveau d'information fera progresser l'analyse électorale elle-même, et plus globalement, les réflexions sur les évolutions sociopolitiques citadines, dans un contexte souvent souligné de fragmentation des espaces urbains : les bureaux de vote étant d'une taille comparable aux IRIS 2000 de l'INSEE, il sera possible de superposer ces deux unités spatiales intra-urbaines dans un référentiel spatial commun. Ensuite, notre objectif est avant tout de mettre à disposition de la communauté scientifique cette nouvelle couche d'information (aussi bien auprès des spécialistes de sociologie urbaine, d'urbanistes, de politistes, etc.), qui pourra servir pour des typologies nationales de quartiers urbains (impact de la politique de la ville, des politiques de développement durable, de rénovation de quartiers…), comme base de sondage pour les grandes enquêtes nationales, ou pour des extractions locales répondant à des recherches ou applications plus monographiques. Enfin, cette nouvelle couche d'information aura elle-même une utilité politico-administrative forte puisqu'elle rendra plus aisée pour les collectivités locales le redécoupage rationnel des bureaux de vote (ainsi que leur v
Coordination du projet
CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE DELEGATION REGIONALE NORMANDIE (Divers public)
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Partenariat
CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE DELEGATION REGIONALE NORMANDIE
Aide de l'ANR 280 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 36 Mois