Les bases biologiques des décisions économiques – BIOECO
Bien que les exemples de coopération soient nombreux dans la nature, l'aptitude des animaux à la réciprocité calculée paraît limitée. Au contraire, les échanges sont au cœur des sociétés humaines. La fréquence avec laquelle nous échangeons biens et services représente une anomalie en comparaison avec le monde animal. Des travaux récents montrent que des singes peuvent rendre une denrée alimentaire pour en obtenir une plus profitable. Ils s'engagent dans des échanges avec un être humain, générant ainsi des situations expérimentales permettant d'étudier les facultés cognitives et sociales nécessaires aux transactions. On observe actuellement une convergence d'intérêt quant aux facultés économiques des primates. Les modèles élaborés pour rendre compte de leurs stratégies d'adaptation sont basés sur des analyses de coûts et bénéfices, mais nos connaissances concernant les facultés cognitives à la base de ces stratégies restent limitées. Au moment où l'on prend conscience de l'aspect critique de l'aptitude à estimer la valeur des relations sociales chez les singes, on en vient à s'intéresser aux biais psychologiques qui influencent les décisions économiques des agents humains. Alors que l'économie classique considère que les agents maximisent leur profit de manière rationnelle, l'économie expérimentale démontre que des erreurs de jugement affectent les décisions économiques. Il est aujourd'hui essentiel d'entreprendre un programme de comparaison des aptitudes à l'échange chez les singes, les grands singes et chez l'enfant à travers des expériences menées de façon systématique. Des grands singes comme les chimpanzés et les orang-outans se montrent meilleurs que des macaques ou des singes capucins dans des tests où les sujets doivent savoir ce que sait autrui. Ces derniers peuvent prédire le comportement de leurs congénères à partir de leurs actes, mais ils apparaissent incapables de reconnaître leurs buts. Nous tirerons avantage de ces disparités pour comparer leurs résultats dans des tâches qui requièrent différents niveaux de compréhension. De même, les grands singes font preuve de moins bonnes facultés cognitives que des enfants assez âgés pour partager leurs intentions. En comparant les performances d'enfants de 18 mois à 5 ans avec celles de singes et de grands singes, nous pourrons préciser les facultés nécessaires pour convertir les choix individuels en décisions économiques. Le projet réunit l'expertise et les moyens de quatre groupes de recherche : l'Equipe d'Ethologie des Primates (UMR 7178, CNRS, Université de Strasbourg) qui étudie la biologie du comportement et les relations sociales des singes ; le Wolfgang Köhler Primate Centre (Max Planck Institute, Leipzig) dont les recherches portent sur la psychologie comparative chez les grands singes ; la School of Psychology (University of St Andrews, Royaume Uni), spécialisée dans les études cognitives ; et le Laboratoire de Recherches en Gestion et Economie (EA 2364, Université de Strasbourg), compétent en finance comportementale et économie expérimentale. Nous étudierons les différentes dimensions de l'échange : 1) sa dimension d'appréciation : estimation des risques en situation de certitude ou d'incertitude ; reconnaissance des proportions et inférence bayésienne ; aversion du risque et effet de dotation. 2) sa dimension temporelle : gratification retardée, inhibition de l'action et dépréciation temporelle, influence de l'impulsivité. 3) sa dimension de planification : anticipation, intention et comportements orientés vers l'avenir. 4) sa dimension sociale : confiance et reconnaissance de l'efficience des partenaires ; effet des relations sociales dans le choix des partenaires ; échange réciproque entre congénères. Tout succès ou échec des sujets étudiés sera riche d'enseignement. En comprenant quelles facultés sous-tendent les échanges, nous apporterons des réponses à des questions cruciales que posent les biologistes, psychologues et économistes : Quelles limites cogniti
Coordination du projet
Organisme de recherche
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Partenariat
Aide de l'ANR 330 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 36 Mois