BLANC - Blanc 2008

Paysage de la peur et utilisation de l'hétérogénéité spatiale des ressources par des herbivores de taille corporelle différente: nouvelles hypothèses de coexistence interspécique – FEAR

Résumé de soumission

La diversité au sein des peuplements de grands herbivores des savanes africaines a depuis toujours intéressé les scientifiques, sans voir émerger de règles satisfaisantes sur les mécanismes de coexistence. Il a récemment été proposé que cette coexistence soit permise par l'interaction entre l'hétérogénéité environnementale et les différentes perceptions de celle-ci par des herbivores de taille différente. La taille est un bon intégrateur de nombreux trait de vie chez les ongulés, notamment des besoins nutritionnels et de la capacité à se déplacer. En général, les petits herbivores devraient utiliser de plus petites zones alimentaires mais de meilleure qualité que les grands qui sont eux plus limités par la quantité de ressources consommables. Malgré quelques tentatives, aucun résultat expérimental n'a encore permis de corroborer cette hypothèse particulièrement intéressante. Ces échecs nous semble lier à l'absence de prise en compte des effets indirects de la prédation et le but de ce projet est de démontrer combien le risque de prédation influence la distribution, le comportement alimentaire et donc ultimement la coexistence d'herbivores sympatriques de taille différente. Les herbivores de petite taille sont des proies potentielles pour plus de carnivores que ceux de grande taille et, par conséquent, devraient être plus sensibles au risque de prédation dans leur utilisation de l'espace. L'effet du risque de prédation sur la façon dont les herbivores utilisent l'hétérogénéité des ressources peut s'exprimer à plusieurs échelles : soit en entrainant un évitement de certaines zones de pâturage, soit en influençant la sélection des patchs alimentaires au sein de ces zones de pâturage pour les herbivores plus sélectifs (les plus petits). Nous nous attendons à ce que la taille minimale des zones herbeuses et des patchs utilisables par les herbivores augmente avec le risque de prédation puisque la distance au couvert est associée au risque d'embuscade par un prédateur et puisque les herbivores ont tendance à former de plus grands groupes lorsque le risque de prédation est élevé. De plus, nous nous attendons à ce que les herbivores utilisent des zones herbeuses et patchs de meilleure qualité lorsque le risque de prédation est élevé, car la baisse d'efficacité alimentaire associé au maintien d'un niveau de vigilance accru doit être compensé par une nourriture de meilleure qualité. Dans ce cadre théorique, le risque de prédation pousserait les petits herbivores à utiliser les mêmes aires de pâturage que les grands herbivores, la prédation pourrait donc être à l'origine d'un chevauchement accru entre les niches des différentes espèces d'herbivores sympatriques. Nous proposons de mettre en place une approche unique basée sur le suivi simultané de quatre espèces de paisseurs recouvrant une gamme large de tailles corporelles (impala, zèbre, buffle et éléphant) et de leurs trois prédateurs principaux (lycaon, hyène tachetée et lion). Le projet sera développé dans le Parc National de Hwange, au nord-ouest du Zimbabwe, où la structure du paysage permet d'identifier des zones herbeuses bien définies. L'étude de l'utilisation de l'hétérogénéité spatiale par les herbivores se fera à travers (1) un suivi de comportement alimentaire fin, (2) une manipulation expérimentale de patchs de ressources (taille, qualité) grâce à la fertilisation de patchs dans des zones herbeuses identifiées et (3) l'étude des trajectoires et de l'utilisation de l'espace par les herbivores grâce à la pose de 120 colliers GPS. Le risque de prédation sera étudié à travers (1) l'étude des trajectoires et de l'utilisation de l'espace par les carnivores grâce à la pose de 30 colliers GPS et (2) l'étude des sites de prédations. Ces données sur l'écologie spatiale des prédateurs permettra de définir le paysage de la peur et le paysage du risque réel pour chacune des espèces d'herbivores. Ce projet permettra de collecter un jeu de données unique alliant le suivi par satellite de p

Coordination du projet

Organisme de recherche

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

Aide de l'ANR 600 000 euros
Début et durée du projet scientifique : - 48 Mois

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