Mondialisation, musiques et danses : circulations, mutations, pouvoirs – MUSMOND
Particulièrement concernées par l'amplitude des circulations contemporaines, les pratiques musicales et dansées interrogent directement les paradigmes de la mondialisation. Ce projet entend ainsi mettre à l'épreuve les outils conceptuels que sont le métissage, les réseaux transnationaux, l'acculturation, et, in fine, la mondialisation, au travers de terrains variés, mobiles, et bi-situés. Notre entreprise ne consiste pas à comparer des répertoires ou des contextes variés, mais à dégager des processus et à mettre en lumière des logiques partagées de circulations, de mutations et de hiérarchisations. - Dans cette perspective, nous nous attacherons à identifier les relations établis entre différents types d'individus (musiciens, publics, agents) ainsi que les liens opérés entre ces individus et les flux culturels organisés à différentes échelles. Nous tâcherons également de mettre en lumière les facteurs qui interviennent dans l'orientation des acteurs (valeurs, identités, moralités, etc.) et les agencements des rôles sociaux qu'ils endossent dans leurs interactions avec autrui. - L'analyse des jugements esthétiques permettra de mesurer les enjeux identitaires, politiques et économiques dont les catégorisations musicales sont le support. Notre attention se portera sur l'hétérogénéité des usages des catégories, les principes sur lesquels se fondent les goûts du public et des musiciens, les clivages qu'ils recouvrent, les divergences d'interprétations, les réprobations d'attitude et de goût et les processus de légitimation mis en œuvre. - Ce projet invite ainsi à repenser certaines oppositions et corrélations parfois invoquées dans les analyses sur les usages sociaux de la musique et de la danse ; il incite à penser les interstices entre différents espaces sociaux rural et urbain, central et périphérique, local, national et global en soulignant la variété de leurs articulations. - Les processus communs à nos recherches seront dégagés autour de trois axes : - - Changements d'échelles, itinéraires, réseaux et médias - Il s'agira de réinterroger les logiques circulatoires des musiques et des danses. La mise en relief de la mondialisation des musiques et des danses contemporaines a suscité plusieurs travaux qui témoignent d'un tel processus. Souhaitant dépasser ce simple constat, notre projet entend analyser les processus de « désancrage » et de « réancrage » - indigénisation et re-territorialisation et les divers changements d'échelles dont relèvent ces circulations. La multiplicité des terrains permettra de dégager des mobilités géographiques (locale, régionale, nationale) et des mobilités sociales (passage d'un milieu social à un autre, d'un groupe culturel à un autre). - - Institutionnalisation, catégorisations et changement de statut - Nos terrains contribueront à éclairer le processus de concentrations verticales et horizontales à l'œuvre dans le contexte de mondialisation. Il s'agit de mettre en lumière l'équilibre entre production et réception des musiques et des danses, dont dépendent leur légitimation publique, leur évolution, leur diffusion et leur succès. - Nous engagerons parallèlement une réflexion critique sur la construction des catégories utilisées dans différents cadres (institutionnels, artistiques et académiques) pour définir les musiques et les danses étudiées et les débats taxinomiques qui en découlent : « populaires », « de masse », « savantes », « traditionnelles », « ethniques », « folkloriques », « noires », « blanches », « métisses », « sacrées », « profanes », « musique à danser » sont autant de classifications dont l'instrumentalisation et l'impact social, économique et politique devront être analysés. - - - Musiques et danses du monde : les paradigmes du métissage à l'épreuve - Les musiques et les danses dites du monde sont aujourd'hui souvent perçues comme un véritable creuset culturel. La mise en avant des différents apports qui les définissent s'accompagne bien souvent de la revendication
Coordination du projet
Autre établissement d’enseignement supérieur
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Partenariat
Aide de l'ANR 116 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 48 Mois