BLANC - Blanc 2007

– Confidence

Résumé de soumission

La confiance subjective dans la correction d'une proposition fait partie des jugements métacognitifs au même titre que d'autres sentiments noétiques. La confiance subjective partage également des caractéristiques avec certaines formes de réponses affectives. On peut donc considérer qu'elle constitue une synthèse de processus affectifs et de processus cognitifs. La question de la confiance subjective se situe à l'intersection de trois domaines de recherche très actifs: la métacognition, les émotions et les fonctions exécutives. Nous pensons que les notions et données de chacun de ces domaines peuvent être combinés et développés de manière féconde. Notre objectif principal est de développer et tester un cadre théorique qui permettra une meilleure compréhension de la relation entre les aspects cognitifs et affectifs de la confiance subjective, du rôle de cette dernière dans la régulation des processus cognitifs, et de ses déficiences dans certaines conditions psychopathologiques. Le présent projet recouvre des dimensions philosophiques, psychologiques et cliniques. L'étude de la confiance subjective et ses relations avec la métacognition, le fonctionnement exécutif et les émotions soulève plusieurs problèmes importants en philosophie de l'esprit : la fiabilité des sentiments de confiance, le rapport entre la conscience et le comportement, la relation entre les capacités métacognitives et métareprésentationnelles et le rôle motivationnel des sentiments noétiques. Ces problèmes conceptuels sont traités dans la section 1 du projet. Dans la section 2, nous testons et analysons la confiance subjective chez les sujets adultes sains. Nous tentons de rendre compte de l'usage stratégique des sentiments d'incertitude et des sentiments d'erreur afin de mettre en lumière les paramètres qui contribuent à la calibration entre confiance et performance. La plupart des sujets ont une confiance subjective excessive au regard de la qualité de leurs performances. On a mis l'accent sur des mécanismes sociocognitifs dans l'explication de la confiance subjective et négligé les paramètres affectifs. Nous visons une meilleure compréhension du rôle respectif des facteurs cognitifs et affectifs dans la confiance excessive. L'étude de la confiance subjective est cruciale dans le développement ontogénétique et dans les pathologies qui impliquent conjointement des déficiences des capacités métacognitives, exécutives et émotionnelles. Parmi ces pathologies nous nous concentrons sur le syndrome d'Asperger et sur plusieurs délires monothématiques. La plupart des recherches sur la métacognition chez les enfants reposent sur des tâches verbales et font état des capacités métacognitives limitées des jeunes enfants. Cependant la question de savoir si les enfants préverbaux ou les nourrissons possèdent des capacités métacognitives partielles indépendamment de la maîtrise du langage reste ouverte. Il est possible que la métacognition verbale fasse son apparition tardivement dans le développement humain tandis que des formes préverbales de métacognition, par le moyen de sentiments de confiance ou d'incertitude, apparaissent de manière plus précoce. Dans la section 3 du projet nous explorons ce problème en utilisant des tâches qui reposent sur des stimuli visuels testés auprès d'enfants d'âge préscolaire (3-5 ans). Dans la section 4 du projet, nous explorons la confiance subjective chez des patients adultes atteints du syndrome d'Asperger (AS). En sus des troubles du fonctionnement social et métacognitif, plusieurs études ont mis en évidence des déficiences exécutives chez ces patients. Ils ont des performances sous optimales dans les tâches qui requièrent l'intégration de contenus émotionnels ou affectifs et d'une information cognitive. L'étude de la détection des erreurs et du pilotage de la performance chez ces patients revêt donc un intérêt particulier pour comprendre la manière dont les relations entre facteurs exécutifs, métacognitifs et émotionnels définissent le profil cognitif de cette population clinique. Dans la section 5 du projet nous étudions la confiance subjective chez les patients présentant des délires monothématiques. Les croyances délirantes suscitent un très fort degré de conviction et forment ainsi un cas exemplaire de dissociation entre confiance subjective et correction objective de la croyance. Les sujets souffrant de délires monothématiques ne présentent généralement pas de déficiences intellectuelles. Il semble donc difficile d'expliquer la dissociation entre la confiance subjective et la correction des croyances chez ces patients par des biais de raisonnement similaires à ceux que présentent les schizophrènes. Nous posons le problème de savoir si, dans le cas des délires monothématiques, cette dissociation ne pourrait pas être due à des facteurs affectifs, tels que la saillance et la valence (négative ou positive) émotionnelles du contenu du délire ainsi que sa signification personnelle pour le patient.

Coordination du projet

Organisme de recherche

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE - DELEGATION REGIONALE ILE-DE-FRANCE SECTEUR PARIS A

Aide de l'ANR 170 000 euros
Début et durée du projet scientifique : - 36 Mois

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