Industries culturelles et créatives (ICCARE)

Porté par le CNRS, le programme et équipement prioritaire de recherche (PEPR) "ICCARE – Industries culturelles et créatives :  action, recherche expérimentation" constitue le volet recherche de la stratégie nationale ICC et bénéficie d’un budget de 25 M€ pour une durée de six ans.

La stratégie nationale d’accélération "Industries culturelles et créatives", dotée de 400 M€ sur la période 2021-2025, élaborée à l’issue d’une vaste consultation publique,  comprend "l’audiovisuel, le cinéma, le spectacle vivant dans toutes ses disciplines, la musique dans toutes ses composantes, les musées et les patrimoines, les arts visuels, le design, l’architecture, les métiers d’art, le jeu vidéo, le livre et la presse, ainsi que les secteurs connexes de la communication et de la mode pour le volet créatif de leur activité"..

Stratégie nationale : Industries culturelles et créatives françaises (gouvernement.fr)

Budget alloué : 25 M€ alloués sur une durée de 6 ans

Appels à venir : Un appel à manifestation d’intérêt (AMI) ouvert aux communautés scientifiques et professionnelles opéré par l’Agence nationale de la recherche et lancé fin 2024 (5 M€).

Pilote du programme :

Partenaires du programme : Equipex+ Continuum ; IR* Humanum

Direction de programme :

  • Solveig Serre, historienne et musicologue, directrice de recherche au CNRS (INSHS)
  • David Coeurjolly, directeur de recherche au CNRS (INS2I)

Les industries culturelles et créatives (ICC) sont l’une des filières les plus dynamiques de l’économie française, y compris en termes d’emplois non délocalisables, et dont la capacité de projection sur les marchés extérieurs est importante. Dans un contexte de transformation des usages, des modes de consommation et de l’apparition de nouveaux acteurs opérant à l’échelle mondiale, les ICC françaises doivent faire face à de nouveaux défis. La stratégie ICC, qui s’articule avec France 2030, est donc destinée à imposer les ICC françaises comme les leaders mondiaux sur les briques technologiques qui seront au cœur des expériences culturelles et des processus de production de demain et à installer durablement la France sur des marchés à fort potentiel de croissance et sur l’échiquier mondial.

Dans ce cadre, la lettre de mission du 29 mars 2022, cosignée par la directrice générale de la recherche et de l'innovation Claire Giry (MESR) et le secrétaire général pour l’investissement Bruno Bonnell, confie au CNRS le pilotage du Programme et équipement de recherche (PEPR) Industries culturelles et créatives : action, recherche, expérimentation (ICCARE), qui constitue le volet recherche de la stratégie ICC. Les actions soutenues, pour un montant total de 25 M€ et sur une durée de six ans, articulent un volet d’équipements de haute technologie et un volet de structuration de la recherche destinés à : (1) renforcer les liens entre les acteurs de la recherche et les acteurs des ICC autour des plateformes et équipements immersifs de l’Enseignement supérieur et de la recherche ; (2) constituer un pôle d’expertise sur la qualité des données des ICC françaises ; (3) soutenir les initiatives de recherche les plus structurantes et à forte ambition transdisciplinaire en direction des ICC. lCCARE a donc pour objectif de :

  • Favoriser l’interdisciplinarité entre les communautés de sciences humaines et sociales et sciences informatiques ;
  • Créer les conditions d’une rencontre et d’un dialogue soutenu entre la recherche et les ICC ;
  • Mener une action constante entre la recherche et les ICC dans une démarche de co-construction, de co-réalisation et de co-valorisation (Science avec et pour les ICC) ;
  • Répondre aux besoins d’accélération des ICC.

Considérant que le marché de la culture et de la création est encore aujourd’hui relativement distant des potentiels de développement offerts par la recherche, ICCARE a pour objectif de créer une « équipe de France » composée de chercheurs et enseignants-chercheurs compétents sur les objectifs du programme, de l’animer de manière très intense (trois cents journées en six ans) et de la faire dialoguer avec les communautés professionnelles issues des ICC à toutes les étapes du processus de recherche. Ce dialogue sera de trois ordres :

1- Un dialogue sectoriel : l’ICCARE-Lab (12 M€)

L’ICCARE-Lab, doté d’un budget de 12 M€ et déployé pour une durée de six ans, est composé de chercheurs, d’enseignants-chercheurs, doctorants ou post-doctorants et d’ingénieurs issus de l’ensemble de l’Enseignement supérieur et de la recherche, ainsi que de membres des industries culturelles et créatives. Il a pour objectif de : (1) constituer un réseau national destiné à développer des approches intégrées et systémiques autour des enjeux propres à chacune des secteurs (ou sous-secteurs des ICC ; (2) créer les conditions du dialogue entre communautés scientifiques et professionnelles ; (3) faire vivre le réseau activement et durablement, au-delà de la durée du programme. Il est formé de dix équipes projet constituées autour d’un secteur (et éventuellement de sous-secteurs ICC, composées grâce à un travail initial de remontée d’information préparatoires, et destinées à s’enrichir au fur et à mesure du programme. Ces équipes ont pour mission de : (1) cartographier l’ensemble des forces de recherche ainsi que les communautés professionnelles susceptibles d’être intéressés par les actions du PEPR ; (2) assurer de manière continue durant toute la durée du programme une mission de veille et de prospective destinée à identifier les grandes problématiques en lien avec le secteur pouvant faire l’objet de questions de recherche, (3) animer de manière extrêmement soutenue les réflexions autour de chaque secteur au moyen de « journées d’accélération » (3/4 minimum par an et par secteur) sur des thématiques prioritaires identifiées ; (4) accompagner la création de structures mixtes recherche/ICC au sein des grands centres nationaux ou renforcer la dynamique lorsqu’elle existe déjà. Afin de mener à bien ses missions, l’ICCARE-Lab dispose de moyens complémentaires : un AAP au fil de l’eau pour des « petits projets » (50 000 € max) destinés à encourager les interactions entre recherche/création ou à permettre d’amorcer la structuration de projets de nature plus ambitieuse ; une grappe d’emploi constituée de contrats doctoraux, post-doctoraux et d’ingénieurs ; une plateforme ressource alimentée en continu et destinée à faire remonter vers l’activité de recherche les attentes et besoins de ICC en termes de recherche.

2- Un appel à manifestation d’intérêt (AMI) ouvert aux communautés scientifiques et professionnelles opéré par l’Agence nationale de la recherche et lancé fin 2024 (5 M€).

La fragmentation disciplinaire de la recherche contribue à la difficulté de voir émerger un véritable domaine de connaissance, de savoirs et de pratiques spécifiques dédiées particulièrement aux ICC. Il est donc nécessaire qu’ICCARE n’aggrave pas la fragmentation d’un champ scientifique et technique en cours de structuration par la mise en concurrence des équipes de recherche. C’est la raison pour laquelle nous proposons, à la fin de l’année 2024, de lancer un appel à manifestation d’intérêt (AMI) suivi d’un appel à projet (AAP) destiné à financer des projets d’envergure (800 000 €—1,50 M€) pour une durée comprise entre trois et cinq ans. Cet AMI/AAP aura pour objectif d’aborder des nouvelles questions non couvertes par le champ du programme ICCARE ou de les aborder différemment. Ces projets seront dédiés aux collaborations entre au moins trois structures de recherche différentes et au moins une organisation de la société civile (entreprise, ONG, association, organisation professionnelle, acteur de l’économie sociale et solidaire, opérateur culturel) appartenant au champ des ICC en France. Cette collaboration visera à atteindre en commun des résultats de recherche aux deux parties. Elle permettra aux entreprises appartenant au champ des ICC d’accéder à la recherche publique de meilleur niveau afin d’améliorer leur capacité d’innovation. Les termes et conditions de réalisation des projets seront conclus avant le début du projet dans un accord de consortium.

Le processus sera divisé en deux étapes : un AMI servant à la mise en place de consortia et à une pré-identification des projets, opéré par l’ANR mais dont le processus de sélection incombe au COPROG ; un AAP ouvert uniquement aux projets des consortia ayant été sélectionnés lors de la première étape, opéré par l’ANR dans la mise en œuvre et la sélection. L’Agence nationale de la recherche (ANR) sera opérateur de cet AMI.

3- Le programme Industries créatives et culturelles met en œuvre un dialogue transversal autour de six projets transversaux et interdépendants (8 M€)

Responsable d’Action ANR : Michel Isingrini

Date du kick off/lancement : le 19 juin 2024 à Plaine Images, Tourcoing

Projets ciblés : Le programme Industries créatives et culturelles met en œuvre un dialogue transversal autour de six projets transversaux et interdépendants (8 M€)

Ces projets, dotés d’un budget global de 8 M€ et déployés sur une durée de cinq années, ont été pensés afin de répondre aux grands défis du programme et, de manière plus large, de la stratégie ICC. Ils ont été conçus pour s’articuler étroitement avec les autres dispositifs d’ICCARE (l’ICCARE-Lab et l’AMI).

[HARMONIE] Les défis de la création, de la diffusion et de la production à l’heure du numérique

Coordinateur : Richard Kronland, CNRS

Le projet HARMONIE, doté de 1,50 M€, vise à décloisonner le monde de la recherche scientifique, de l’innovation et de la recherche en art en proposant d’expérimenter un lieu de rencontre et de partage autour de technologies numériques de pointe. Il part de l’hypothèse qu’un des verrous bloquant l’accélération des développements créatifs dans le domaine des ICC réside en la difficulté pour les créateurs d’expérimenter et appréhender les nouvelles technologies numériques. Il considère également que l’insuffisance d’interaction entre recherche et création crée des carences dans l’arsenal des outils numériques mis à la disposition des créateurs. Le projet entend répondre à ces défis par la mise en place d’un ART-Lab fondé sur une méthodologie innovante associant chercheurs, enseignants-chercheurs, doctorants, post-doctorants, ingénieurs, artistes et membres des ICC autour d’une plateforme expérimentale unique orientée sur les thématiques de recherche en lien avec la question des alternatives culturelles et créatives, en particulier artistiques et immersives. Cette plateforme constituera à la fois un lieu d’expérimentation et d’étude des processus de création, qu’elle soit numérique ou simplement assistée par les technologies numériques, mais également une vitrine incitant à l’utilisation des opportunités offertes par les nouvelles technologies. Le projet se positionne ainsi dans une démarche résolument interdisciplinaire à l’interface entre les communautés des sciences humaines et des sciences de l’informatique.

[THÉMIS] Toucher les publics

Coordinateur : Volny Fages, ENS Saclay

Le projet THÉMIS, doté de 1,50 M€, se propose de repenser la question de la démocratisation culturelle. Partant du constat de mutations profondes dans les pratiques culturelles des Français, qu’elles soient conjoncturelles (crise sanitaire) ou structurelles (transformations des lieux culturels, développement de l’offre numérique, vieillissement des publics, etc.), THÉMIS constituera un pôle de réflexion et d’expérimentation sur les moyens destinés à atteindre et intéresser les publics, compris dans toute leur hétérogénéité. Qu’il s’agisse des leviers de l’offre culturelle, de la communication et des relations publiques, de la tarification ou encore de la médiation, l’objectif sera de partager des expériences et d’en proposer des analyses afin d’améliorer la compréhension de la transformation des publics de la culture. Ces analyses, co-produites avec les ICC, seront susceptibles d’éclairer leurs propres pratiques, mais également de proposer des éléments qui permettront de guider de futures politiques culturelles. THÉMIS travaillera tout particulièrement les enjeux d’inclusivité. Les travaux réalisés dans le projet ciblé œuvreront tout particulièrement à la compréhension de l’impact sur les publics de l’irruption du numérique dans la culture, montrant comment les ICC se saisissent – ou peuvent se saisir – de ce nouvel outil. En adoptant une perspective opérationnelle autant que théorique, THÉMIS permettra et suscitera la rencontre de communautés de chercheurs et chercheuses de diverses disciplines avec des acteurs de terrain des ICC. Partage de travaux scientifiques, présentation et mise en circulation au sein d’un Public-Lab permettant d’expérimenter les résultats et de produire des connaissances nouvelles sur les publics seront au cœur des actions de THÉMIS.

[EUPRAXIE] Surmonter les crises : bien-être, démocratie, résilience

Coordinatrice : Sandra Laugier, université Paris 1

Le projet ciblé EUPRAXIE, doté de 1,50 M€, a pour vocation de montrer que la science avec et pour les ICC (SAPICC) peut aider à apporter des réponses et à trouver des solutions concrètes aux crises et urgences du présent. Les ICC, par leur impact inégalé sur toutes les générations, ont un rôle à jouer dans la transmission et le partage des valeurs, dans la sensibilisation aux menaces (environnement, conflits), dans l'intégration de la diversité, dans la prévention des risques sanitaires et sociaux. À travers la création d’un PRAXI-Lab, ce projet vise à articuler les différents savoirs expérientiels, académiques, savants, politiques et industriels, dans une double dimension : interdisciplinaire (sciences de l’information et de la communication, approches cognitives, SHS, sciences de l’ingénieur, etc.), d’une part, et dans les échanges entre professionnels des différents secteurs impliqués, journalistes, politiques, chercheurs, étudiants, artistes, d’autre part. En évaluant l’impact des produits des ICC sur l’évolution des sociétés, en enquêtant sur la capacité des ICC à devenir ou être perçues et investies comme des leviers essentiels dans le développement des compétences des citoyens et dans la production de sociétés résilientes productrices de bien-être pour les citoyens, EUPRAXIE montrera que les ICC relèvent de processus essentiels pour l’évolution démocratique des sociétés.

[DÉDALE] Alternatives culturelles et créatives

Coordinateur : Luc Robène, université de Bordeaux

Le principe cardinal du projet DÉDALE, doté de 1,50 M€, consiste à détecter ou à imaginer de nouvelles ressources aux marges (entendues dans tous les sens du terme) pour accélérer les ICC en valorisant des manières de faire « autrement », postulant que ces alternatives sont un levier puissant de transformation des ICC tant du point de vue de leurs fonctionnements, de leurs dispositifs ou de leurs contenus, que du rapport à la culture et à la création ou aux processus d’innovation, de production et de diffusion. Ces problématiques doivent par ailleurs permettre de questionner transversalement l’ensemble des thématiques du programme ICCARE au prisme des alternatives culturelles et créatives, tant au niveau des différents secteurs des ICC que des quatre autres défis. DÉDALE s’organise autour de trois grands chantiers : (1) recenser, cartographier et valoriser des ressources « à la marge » ; (2) repenser le périmètre des ICC ; (3) questionner les équilibres (et les déséquilibres) territoriaux. Il repose sur trois grands principes : (1) la création d’un observatoire des alternatives culturelles et créatives (OA2C) ; (2) la Science avec et pour les ICC (SAPICC), c’est-à-dire la co-construction, (3) la co-réalisation et la co-valorisation des résultats de la recherche ; des journées dites « d’accélération » destinées à favoriser le dialogue entre les communautés de recherche SHS et STIC et les communautés professionnelles.

[STYX] Les mondes infinis du métavers, pour en faire quoi ?

Coordinatrice Joëlle Farchy, université Paris 2

Le projet STYX, doté de 1 M€, s’inscrit dans le défi 5 du PEPR intitulé « Métavers et expériences immersives ». Il a pour vocation, en coordination avec les approches scientifiques et techniques, de mettre plus particulièrement l’accent sur les aspects économiques et sociaux du Métavers et sur leurs conséquences en termes de régulation. STYX s’organise en trois axes scientifiques : (1) cartographier acteurs, discours et communication dans l’espace public,
(2) concevoir et créer : vers la « fabrique » du métavers par les développeurs, (3) restructurer les secteurs des ICC. Il repose sur cinq tâches opérationnelles : (1) diffusion et mise en visibilité, (2) cartographie, (3) enquête sur les développeurs, (4) études de cas,
(5) compétitions créatives. Au-delà des discours, la place des ICC dans le métavers peut être appréhendée selon une double approche. La première met l’accent sur les personnes au cœur de l’économie des contenus qui vont pouvoir « remplir » l'espace du métavers, ces développeurs qui écrivent un nouveau chapitre de la création numérique, ceux dont le métier est de peupler le métavers d'informations et de contenus. La seconde, en termes de filières industrielles, permet d’identifier les restructurations annoncées. Quelles entreprises sont impliquées ? Quels sont les phénomènes d'hybridation qui apparaissent entre les mondes techniques de la création immersive et les mondes culturels ? Quels atouts et faiblesses des acteurs français dans ces évolutions ?

[COMET] Conception et usage des univers métaversiques : enjeux scientifiques et méthodologiques

Coordinateur Yann Coello, université de Lille

Les univers métaversiques (UM) permettent aux utilisateurs de se connecter, d’interagir et de créer de manière collective dans des environnements virtuels immersifs, transcendant les limitations de l'espace physique en permettant des expériences multisensorielles et multimodales augmentées. Ils représentent ainsi une évolution prometteuse pour l'avenir de la connectivité numérique et la façon dont nous travaillons, apprenons, socialisons et vivons nos vies en ligne. Dans ce contexte, le projet COMET, doté de 1 M€, vise à favoriser les avancées scientifiques et technologiques des UM en soutenant les recherches au contact des artistes et en interaction avec les ICC. En lien avec l'infrastructure de recherche Continuum, les orientations prioritaires de COMET s’articulent en cinq axes scientifiques : perfectionner les technologies, produire les contenus, développer les systèmes d’interactions, animer les agents virtuels, étudier les transformations comportementales induites par les UM. Outre les avancées scientifiques et technologiques attendues, le développement des UM doit promouvoir les approches inclusives et éthiques intégrant une réflexion sur la réglementation et la sécurisation des systèmes ainsi que sur la protection des données individuelles. Un autre enjeu concerne l’évaluation de l’impact des UM sur les personnes ainsi qu’au niveau environnemental et sociétal. Par ailleurs, les enjeux des UM s’étendant à de nombreux secteurs des ICC, les avancées scientifiques et technologiques doivent s’appuyer, au moyen de la création d’un COMET-Lab, sur des interactions fortes entre les communautés professionnelles et scientifiques, afin de répondre conjointement à la transformation des usages et au bouleversement des modes de création, de production et de diffusion induits par les UM.

Lien vers le site du PEPR : à venir

En savoir plus :

ICCARE : le programme de recherche de France 2030 consacré aux industries culturelles et créatives (ICC) - Actu ANR sept. 2023

Dossier de presse de la stratégie Industries culturelles et créatives (gouvernement.fr)

Mis à jour le 14 mai 2024
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