CE03 - Science de la durabilité 2024

Impacts sur la santé dûs au dégazage passif hydrothermal à long terme – IHYDE

IHYDE - Impacts sur la santé dû à l’exposition à long-terme au dégazage hydrothermal volcanique

Environ 10 % de la population mondiale vit à proximité de volcans actifs, faisant souvent de ces zones des systèmes socio-écologiques vulnérables. Le dégazage est le phénomène le plus courant. Des systèmes hydrothermaux avec des manifestations persistantes à la surface sont souvent générés dans les climats tropicaux. Des millions de personnes sont ainsi exposées aux gaz volcaniques, et leurs impacts peuvent différer de ceux de la pollution atmosphérique anthropique.

Notre objectif est de quantifier l'exposition de la population au dégazage hydrothermal passif.

Malgré la rareté des études sur les effets sanitaires d'une exposition à long terme aux panaches volcaniques et hydrothermaux, ces effets dans ces zones sont bien reconnus et il a été démontré qu'un dégazage persistant, passif et/ou hydrothermal peut être aussi nocif que les volcans à éruption sporadique, en particulier pour un dégazage à long terme. Cependant, ces impacts sont probablement sous-estimés car (i) les études concernant les effets sur la santé humaine de l'exposition aux gaz volcaniques se sont généralement concentrées sur les éruptions et l'exposition ponctuelle, négligeant le dégazage passif continu, et (ii) l'étendue de la dispersion des gaz volcaniques n'est pas toujours prise en compte. Nous prévoyons donc de répondre à trois questions principales : (1) Quelle est la composition chimique des gaz volcaniques émis au sommet par les fumerolles des systèmes hydrothermaux ? (2) Comment le panache généré par les fumerolles se disperse-t-il ? (3) Quels sont les effets cardio-respiratoires du dégazage hydrothermal passif ?

Pour répondre à ces questions, notre projet hautement transdisciplinaire combinera des expériences biologiques innovantes, des approches épidémiologiques renommées ainsi que l'état de l'art de l'échantillonnage géochimique des gaz volcaniques et de la modélisation numérique. Le projet sera organisé en 4 groupes de travail scientifiques interconnectés, centralisés par un groupe de travail de coordination de la gestion, qui alimenteront tous un groupe de travail intégratif où la science rencontrera les parties prenantes.

Notre premier objectif est de prendre en compte les multiples facteurs qui régissent l'ampleur des risques sanitaires liés aux gaz volcaniques, tels que les concentrations de gaz, la dispersion des gaz dans l'atmosphère, la longévité ou la durée de l'événement, afin de quantifier l'exposition de la population au dégazage hydrothermal passif. Le second objectif est de limiter ses effets potentiels sur la santé par des approches de biologie expérimentale et d'épidémiologie. Les autorités publiques et les services de santé qui s'occupent des gaz volcaniques, ainsi que les populations qui y sont exposées, seront les bénéficiaires immédiats de ce travail.
Nous (i) superviserons l'intégration appropriée des données multidisciplinaires acquises, dans le but de maximiser les informations obtenues sur l'impact potentiel sur la santé des panaches hydrothermaux de ces volcans déchaînés et (ii) identifierons les zones habitées exposées, ce qui permettra aux parties prenantes de concevoir des stratégies d'atténuation pour réduire l'apparition de maladies respiratoires dans la population.

Les espèces présentes dans les panaches gazeux autres que le H2S peuvent être considérées comme les moteurs potentiels de la réponse biologique, ce qui ouvrira des perspectives intéressantes pour d'éventuels travaux de suivi après l'achèvement de l'IHYDE.

Environ 10% de la population vit à proximité de volcans actifs. Un aspect commun de l'activité de la plupart des édifices volcaniques est le dégazage volcanique. Ainsi, des millions de personnes sont potentiellement exposées aux gaz volcaniques. Malgré la rareté des études sur les effets sanitaires dû à l'exposition des panaches volcaniques-hydrothermaux, leurs impacts sur la santé sont bien reconnus et il a été démontré que le dégazage persistant, passif et/ou hydrothermal peut être aussi nocif que les éruptions sporadiques. Or, l’ampleur de ces impacts est sous-estimée puisque (i) ces études se sont généralement concentrées sur les éruptions et les expositions ponctuelles, négligeant ainsi le dégazage passif continu, et (ii) l'étendue de la dispersion des gaz volcaniques n’est pas toujours prise en compte. Nous prévoyons donc de répondre à 3 questions principales : (1) Quelle est la composition chimique des gaz volcaniques émis au sommet des systèmes hydrothermaux ? (2) Comment le panache généré par les fumerolles se disperse-t-il ? (3) Quels sont les effets cardiorespiratoires résultant du dégazage hydrothermal passif ? Pour répondre à ces questions, notre projet transdisciplinaire combinera des expériences de biologie innovantes, des approches d'épidémiologie reconnues ainsi que l'état de l'art de l'échantillonnage géochimique des gaz et de la modélisation numérique. Notre objectif principal est de considérer plusieurs facteurs qui régissent l'ampleur des risques sanitaires liés aux gaz volcaniques tels que les concentrations de gaz, leur dispersion dans l'atmosphère, la durée de l'événement afin de quantifier l'exposition de la population au dégazage hydrothermal passif. Le second objectif est de contraindre son effet potentiel sur la santé via des approches de biologie expérimentale et d'épidémiologie. Enfin, notre troisième objectif sera de transférer les connaissances scientifiques acquises dans le cadre de ce projet à la société en développant et en mettant en œuvre des solutions durables avec et pour les communautés locales et les décideurs.

Coordination du projet

Severine Moune (Université Clermont Auvergne)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

iGReD Université Clermont Auvergne
United States Geological survey
Universita della campania "luigi vanvitelli"
LMV Université Clermont Auvergne
LAMP Université Clermont Auvergne
instituto nicaraguense de estudios territoriales
IRSET Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique
UMS-IPGP Institut de Physique du Globe Paris

Aide de l'ANR 802 052 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2024 - 48 Mois

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