CE17 - Recherche translationnelle en santé 2021

Évaluation préclinique d'une valve monocusp et d'un patch transannulaire entièrement biologiques pour la correction de la tétralogie de Fallot – BIOVALVE

Vers une nouvelle génération de valves cardiaques biologiques pour réparer le cœur des enfants atteints de malformations congénitales

Chaque année, des milliers d'enfants naissent avec une malformation cardiaque nécessitant une ou plusieurs interventions chirurgicales. Les valves actuellement disponibles ne grandissent pas avec l'enfant et doivent souvent être remplacées. Le projet BIOVALVE a développé une nouvelle génération de valves cardiaques entièrement biologiques, capables de s'intégrer naturellement aux tissus. Ces travaux ont conduit à des avancées majeures et à la création d'une startup.

Des valves biologiques pour réduire les réinterventions chez l'enfant

Les malformations cardiaques congénitales sont les anomalies congénitales les plus fréquentes. Chaque année, des milliers d'enfants naissent avec un défaut du cœur nécessitant une ou plusieurs interventions chirurgicales dès les premiers mois de vie. Malgré les progrès considérables de la chirurgie cardiaque pédiatrique, les matériaux actuellement utilisés pour reconstruire les valves cardiaques ou les vaisseaux sanguins restent imparfaits. Fabriqués à partir de matériaux synthétiques ou de tissus d'origine animale, ils ne grandissent pas avec l'enfant, peuvent se détériorer avec le temps et nécessitent souvent plusieurs opérations successives tout au long de sa croissance. Chaque nouvelle intervention représente une épreuve physique et psychologique pour les jeunes patients et leurs familles, ainsi qu'un coût important pour le système de santé. Le projet BIOVALVE est né de cette problématique majeure. Son ambition était de développer une nouvelle génération d'implants cardiaques entièrement biologiques, capables de remplacer les matériaux conventionnels actuellement utilisés. Plutôt que de fabriquer des implants à partir de polymères ou de tissus d'animaux, le projet s'est appuyé sur une matrice extracellulaire produite naturellement par des cellules en culture. Ce biomatériau reproduit la structure des tissus humains et constitue une base prometteuse pour concevoir des valves cardiaques biocompatibles et plus durables. Pour transformer cette idée en solution concrète, le projet a réuni des expertises complémentaires en ingénierie tissulaire, biomécanique, chirurgie cardiaque, imagerie médicale et modélisation numérique. De nouvelles méthodes de fabrication ont été développées afin de produire des tissus biologiques robustes, des sutures chirurgicales entièrement biologiques et des valves cardiaques capables de fonctionner dans des conditions proches de celles du cœur humain. Leur comportement a été évalué grâce à des essais mécaniques, à un cœur biorobotique reproduisant la circulation sanguine, à des simulations numériques et à des études précliniques chez le mouton. Au-delà des avancées scientifiques, BIOVALVE visait à accélérer le transfert de ces innovations vers la pratique clinique. Le projet a conduit à des publications internationales de premier plan, au dépôt d'un brevet protégeant les technologies développées et à leur valorisation par une startup dédiée à leur développement industriel. À plus long terme, ces travaux ouvrent la voie à une nouvelle génération d'implants biologiques susceptibles de réduire le nombre de réinterventions chez les enfants atteints de malformations cardiaques, d'améliorer durablement leur qualité de vie et de faire progresser la médecine régénérative au bénéfice de nombreux autres patients.

Pour relever le défi de créer une nouvelle génération de valves cardiaques biologiques, le projet BIOVALVE a combiné plusieurs approches innovantes issues de disciplines complémentaires. L'objectif n'était pas seulement de fabriquer un nouveau matériau, mais de repenser l'ensemble du processus de conception, d'évaluation et de validation afin de rapprocher plus rapidement les innovations du laboratoire des besoins des patients.

 

La première étape a consisté à produire un tissu entièrement biologique. Plutôt que d'utiliser des matériaux synthétiques ou des tissus prélevés sur des animaux, les chercheurs ont laissé des cellules fabriquer naturellement leur propre support, reproduisant ainsi l'organisation des tissus présents dans le corps humain. Ce biomatériau a ensuite été transformé en différents dispositifs destinés à la chirurgie cardiaque, notamment des fils de suture biologiques, des valves cardiaques et des patchs de réparation.

 

Avant toute expérimentation chez l'animal, il était essentiel de vérifier que ces dispositifs pouvaient résister aux contraintes mécaniques très importantes imposées par le fonctionnement du cœur. Les matériaux développés ont donc été soumis à de nombreux essais afin d'évaluer leur résistance, leur souplesse et leur durabilité.

 

Le projet a également développé des outils inédits permettant de reproduire le fonctionnement du cœur en laboratoire. Une plateforme expérimentale associant un cœur biorobotique et l'imagerie médicale a permis d'observer le mouvement des valves et d'analyser précisément la circulation du sang dans des conditions proches de la réalité. En parallèle, des simulations numériques ont été utilisées pour prédire le comportement des implants et optimiser leur conception avant leur fabrication. Cette approche a permis de réduire le nombre d'essais expérimentaux, d'accélérer le développement des dispositifs et de limiter le recours aux études animales.

 

Enfin, les solutions les plus prometteuses ont été évaluées dans un modèle préclinique reproduisant les conditions rencontrées chez les jeunes patients atteints de malformations cardiaques. Cette étape a permis de démontrer la faisabilité de l'implantation de valves biologiques et de confirmer leur bon fonctionnement au sein d'un organisme vivant.

 

En associant ingénierie tissulaire, essais mécaniques, modélisation numérique, imagerie médicale et chirurgie expérimentale, BIOVALVE a mis en place une démarche complète, allant de la conception d'un biomatériau à sa validation préclinique. Cette stratégie constitue un modèle pour accélérer le développement de futurs implants biologiques et favoriser leur transfert vers la pratique clinique.

 

Le projet BIOVALVE a franchi plusieurs étapes déterminantes vers le développement d'une nouvelle génération de valves cardiaques biologiques destinées aux enfants atteints de malformations cardiaques.

 

Une première avancée majeure a été la mise au point d'un biomatériau entièrement biologique, produit naturellement par des cellules. Les chercheurs ont démontré qu'il pouvait être transformé en différents dispositifs utilisés en chirurgie cardiaque, notamment des fils de suture, des patchs de réparation et des valves cardiaques. Ces matériaux ont montré des propriétés mécaniques compatibles avec les contraintes imposées par le fonctionnement du cœur.

 

Le projet a également permis de développer une approche originale pour évaluer ces nouvelles valves avant leur implantation. En combinant un cœur biorobotique reproduisant les battements du cœur, l'imagerie médicale et la modélisation numérique, les équipes ont pu analyser avec une grande précision le comportement des implants et optimiser leur conception. Cette méthode permet d'accélérer le développement de nouveaux dispositifs tout en limitant le recours aux expérimentations animales.

 

L'une des étapes les plus importantes du projet a été la validation préclinique des valves biologiques dans un modèle reproduisant une malformation cardiaque congénitale. Les implants ont été posés avec succès et ont démontré leur capacité à fonctionner dans un organisme vivant. Ces résultats constituent une preuve de faisabilité essentielle avant d'envisager un futur développement clinique.

 

Les travaux réalisés ont été reconnus par la communauté scientifique internationale grâce à plusieurs publications dans des revues de premier plan, dont l'une dans Science Translational Medicine. Ils ont également conduit au dépôt d'un brevet protégeant les innovations développées. Cette technologie a ensuite été licenciée à la startup BioValve Therapeutics, cofondée dans le prolongement du projet afin d'accélérer son développement vers une application clinique.

 

Au-delà des résultats scientifiques, BIOVALVE a permis de poser les bases d'une nouvelle approche de la chirurgie cardiaque pédiatrique. À terme, ces innovations pourraient réduire le nombre d'opérations nécessaires chez les enfants atteints de malformations cardiaques, améliorer durablement leur qualité de vie et contribuer à faire émerger une nouvelle génération d'implants biologiques en médecine régénératrice.

 

Les résultats obtenus par BIOVALVE ouvrent des perspectives prometteuses pour la prise en charge des enfants atteints de malformations cardiaques congénitales. Si les premières études ont démontré qu'il était possible de fabriquer et d'implanter avec succès des valves cardiaques entièrement biologiques, plusieurs étapes restent à franchir avant une utilisation chez les patients.

 

L'une des prochaines priorités sera d'évaluer ces implants sur des périodes beaucoup plus longues. Des études précliniques sont en cours afin de suivre les valves pendant plus d'un an après leur implantation chez l'agneau en croissance. Ces travaux permettront de vérifier si les implants conservent leurs performances au fil du temps et s'ils sont capables d'accompagner la croissance de l'animal. Démontrer cette capacité représenterait une avancée majeure vers des implants capables de grandir avec les jeunes patients et de limiter le nombre d'interventions chirurgicales au cours de leur vie.

 

Le projet ouvre également la voie au développement d'une nouvelle génération de valves biologiques encore plus sophistiquées. Les premiers travaux se sont concentrés sur la réparation de la valve dans certaines malformations cardiaques grâce à une valvule simple. Les recherches se poursuivent désormais pour concevoir une valve complète à trois valvules, destinée au remplacement intégral d'une valve malade. Cette évolution permettra d'élargir les indications thérapeutiques et de répondre aux besoins d'un plus grand nombre de patients, enfants comme adultes.

 

Au-delà des valves cardiaques, les technologies développées dans le projet BIOVALVE pourraient être adaptées à d'autres tissus ou organes nécessitant une reconstruction biologique. Les méthodes de fabrication, les outils d'évaluation et les approches de modélisation mis au point au cours du projet constituent une base solide pour accélérer le développement de nombreux implants issus de la médecine régénératrice.

 

Enfin, la création de BioValve Therapeutics marque une étape importante vers le transfert de ces innovations vers la pratique clinique. En rapprochant la recherche académique, l'innovation industrielle et les besoins médicaux, le projet BIOVALVE a posé les fondations d'une technologie qui pourrait transformer durablement la chirurgie cardiaque pédiatrique et offrir, à terme, de nouvelles solutions aux patients dans le monde entier.

 

La tétralogie de Fallot est une malformation cardiaque cyanogène très fréquente chez les nouveau-nés. Elle peut être corrigée grâce à une réparation chirurgicale qui consiste à élargir la voie de sortie du ventricule droit. Cette approche engendre obligatoirement une fuite valvulaire pulmonaire qui doit être réparée. Des patchs synthétiques ou biologiques provenant d’animaux et traités chimiquement ont pu être utilisés pour limiter cette fuite. Néanmoins, ils se sont révélés inefficaces et ont été associés à des complications postopératoires sévères. Nous avons développé un tissu complètement biologique sans traitement chimique produit par des cellules humaines et pouvant potentiellement grandir avec le patient. Le but de ce projet est d’étudier l’applicabilité et l’efficacité pré-clinique de ce tissu biologique pour la réparation de la tétralogie de Fallot. Ultimement, ce tissu biologique pourra être une solution de thérapie innovante et efficace pour cette population pédiatrique.

Coordination du projet

Fabien Kawecki (BIOINGÉNIERIE TISSULAIRE)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

BIOTIS BIOINGÉNIERIE TISSULAIRE

Aide de l'ANR 311 000 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2021 - 36 Mois

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