SAMENTA - Santé Mentale et Addictions 2012

Evaluation du traitement magnocellulaire chez les fumeurs chroniques de cannabis – CAUSA MAP

Résumé de soumission

Le cannabis est la substance illicite la plus consommée dans les pays industrialisés. Sa consommation a particulièrement augmenté chez les adolescents, une population où le cerveau en développement est particulièrement sensible à l’exposition au facteurs de risques environnementaux. Ce point est crucial car une association entre la consommation précoce de cannabis et le risque de développer une schizophrénie est désormais bien établi.
Un dysfonctionnement du système glutamatergique a récemment été proposé pour expliquer la physiopathologie de cette interaction. Le système cannabinoïde endogène a en effet un rôle régulateur dans la libération synaptique de glutamate. En empêchant cette fonction d’homéostasie, il a été proposé que les cannabinoïdes exogènes puissent considérablement influencer les processus de maturation synaptique. Cet effet pourrait interagir avec une vulnérabilité biologique préexistante, conduisant ainsi au développement d’une schizophrénie. Si ce modèle est séduisant, il est toutefois principalement basé sur des expérimentations animales et doit maintenant être confirmé chez l’humain. Dans ce but, nous proposons d’étudier l'impact de la consommation chronique de cannabis sur les fonctions cognitives connues pour être sensibles aux altérations de la transmission glutamatergique. La mesure du traitement visuel précoce nous semble être le candidat idéal dans ce sens. En effet, un dysfonctionnement du système magnocellulaire a largement été décrit dans la schizophrénie, à l’aide de nombreuses méthodologies, et a été mis en lien avec un dysfonctionnement glutamatergique. La mesure d’une telle fonction cognitive de bas niveau a l'avantage d'être peu sensible à l'attention, éliminant ainsi le biais d'un déficit spécifique non attentionnel généralisée. Nous proposons ici pour étudier l'impact de la consommation excessive de cannabis sur le traitement magnocellulaire afin d'évaluer le fonctionnement du système glutamatergique.
Le traitement magnocellulaire sera évalué dans plusieurs études utilisant des mesures de fonction de sensibilité au contraste, de masquage rétroactif et de seuil de simultanéité. Le recueil des potentiels évoqués visuels sera effectué au cours de ces mesures afin de vérifier que les résultats comportementaux sont dus à des dysfonctionnements visuels précoces. L'impact d'un dysfonctionnement magnocellulaire sur le traitement d'ordre supérieur visuelle sera également évalué dans une tâche de reconnaissance de visage avec des stimuli filtrés en fréquences spatiales. Enfin, nous évaluerons si différents polymorphismes génétiques du système endocannabinoïde et de la plasticité neurale modulent de traitement magnocellulaire chez les consommateurs chroniques de cannabis

Coordination du projet

Raymund SCHWAN (Centre d'Investigation Cinique Pierre Drouin)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

INSERM UMR894 Unité INSERM Analyse phénotypique, développementale et génétique des comportements addictifs
CHU Nancy Service d'ophtalmologie du CHU de Nancy
EA 4360 APEMAC Maladies chroniques, santé perçue et processus d'adaptation. Approches épidémiologiques et psychologiques. Université Paul Verlaine, Metz
CIC INSERM 9501, CHU Nancy Centre d'Investigation Cinique Pierre Drouin
CRAN CNRS UMR 7039 Centre de Recherche en Automatique de Nancy
INSERM U 666 Unité INSERM Physiopathologie Clinique et Experimentale de la Schizophrénie

Aide de l'ANR 507 745 euros
Début et durée du projet scientifique : octobre 2012 - 24 Mois

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