Production et provenance d'or et d'étain dans l'Occident protohistorique et antique – MINEMET
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Résumé Projet ANR 2011 - MINEMET
L’acquisition et l’échange de métaux constituent depuis les débuts de la Protohistoire un des pôles économiques structurant des sociétés anciennes. Pour retrouver et documenter les centres de production des métaux, il est nécessaire de disposer de données techniques, chronologiques et contextualisées sur les différents ateliers que constituent les mines.
Dans ce projet, nous nous proposons de caractériser par la chronologie, la dynamique d’exploitation, la physique et la chimie des matériaux, de nouveaux districts miniers méconnus, bien qu’ayant été exploités de la Protohistoire à l’Antiquité. Le projet va s’appuyer sur l’étude de trois régions minières ayant exploitées des dépôts alluviaux, pour l’or aux confins des Lemovices et des Petrocores et chez les Cerretanes en Cerdagne, enfin pour l’étain chez les Eduens en Morvan.
L’archéologie minière est une discipline récente qui se pratique en lien avec les sciences de la terre et de la physico-chimie. Par la caractérisation chimique et isotopique des métaux inclus dans les minerais, les déchets métallurgiques, puis dans le métal, il est possible de proposer des lieux de provenance des métaux. Cette démarche systématique qui vise à suivre le métal tout au long de la chaîne opératoire, de la mine au lingot, n’est pertinente que si les différents échantillons sélectionnés pour analyse proviennent de contextes archéologiques cohérents et bien documentés. L’étude va porter sur des exploitations minières, ouvertes dans des dépôts alluviaux. Bien qu’encore visibles en surface, ces vieux travaux, vestiges de l’abattage par la force hydraulique de terrains exclusivement minéralisés en or ou en oxyde d’étain (cassitérite), ont le plus souvent été interprétés comme des marques d’érosion naturelle. Ce type de mines est rare en Gaule et encore très peu étudié et elles n’ont été que récemment découvertes. Leur étude est un enjeu formidable, car elles viennent brutalement s’insérer dans des contextes historiques où l’exploitation minière et l’apport de métaux rares étaient des données totalement ignorées, qui plus est pour la Protohistoire.
Une caractérisation des districts miniers et des résidus métallurgiques associés sera lancée grâce à des analyses géochimiques, élémentaires et multi-isotopiques sur l’or et la cassitérite alluvial. Nous souhaitons évoluer vers une caractérisation plus fine des mines anciennes en passant à la multi-isotopie (Pb, Ag, Fe, Cu) sur le territoire de la Gaule entre l’âge du Fer et l’époque romaine où aucune recherche de ce type n’a encore été lancée pour tracer le métal.
De plus, ce projet pourrait permettre d’utiliser la technique du LIDAR pour les cartographier et celle encore expérimentale du relevé par Indoor-GPS pour les topographier rapidement et en détail. Enfin, les mines en alluvions n’ont que très rarement fait l’objet de fouilles et sont généralement datées de manière abusive et non contrôlée par association spatiale avec des sites d’occupation plus classiques. Une connaissance approfondie de la chronologie relative des chantiers miniers permettra de positionner des sondages archéologiques pour dater et documenter de manière pertinente les différentes phases de l’activité minière sur ces sites.
Fort de l’expérience en archéologie minière, géologie / géomorphologie et géochimie, des trois laboratoires du CNRS impliqués (TRACES, GET et ENS-Lyon). De plus, ce projet est fortement soutenu par le Centre Européen Archéologique de Bibracte, ce projet réunit toutes les conditions nécessaires pour résoudre la problématique proposée.
Coordination du projet
Béatrice Cauuet (Travaux et Recherches Archéologiques sur les Cultures, les Espaces et les Sociétés)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
TRACES Travaux et Recherches Archéologiques sur les Cultures, les Espaces et les Sociétés
GET Géosciences Environnement Toulouse
LGL Laboratoire de géologie de Lyon : Terre, planètes et environnement
Bibracte Bibracte
Aide de l'ANR 300 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
janvier 2012
- 48 Mois