Influence de l'exposition aux polluants atmosphériques sur la fécondabilité et un biomarqueur de fertilité féminine : une étude de cohorte en population générale – ATMOSFER
Contexte : Quelques études ont indiqué un effet possible des polluants atmosphériques sur les caractéristiques spermatiques, qui influencent elles-mêmes la fertilité des couples ; toutefois, l'effet de ces polluants sur la probabilité de grossesse des couples n'a pas été directement caractérisé, pas plus que sur la fertilité féminine. Objectifs : Caractériser l'influence de l'exposition masculine et féminine aux polluants atmosphériques, et en particulier aux polluants dus au trafic routier, sur la probabilité de grossesse des couples (fécondabilité) et sur les caractéristiques du cycle menstruel. Population et méthodes : Type d'étude, population : Notre approche repose sur la méthodologie de cohorte prévalente. La population est celle de l'Observatoire épidémiologique de la fertilité : à partir d'un échantillon aléatoire de la population générale vivant sur l'ensemble du territoire français (contacté par génération aléatoire de numéros de téléphones fixes et portables) nous recruterons et suivrons un échantillon de 1000 femmes de 18 à 44 ans n'utilisant pas de contraception et ayant une activité sexuelle. Caractéristiques de fertilité : Ces femmes et leur conjoint seront interrogés sur le délai écoulé depuis l'arrêt de la contraception, puis suivis dans le temps (jusqu'à deux ans) pour identifier la survenue de grossesses. Un sous-échantillon de 200 à 300 femmes réalisera un prélèvement urinaire tous les deux jours durant un cycle menstruel à partir de bandelettes de papier pH. Ces bandelettes seront analysées par des techniques immuno-enzymatiques pour doser un métabolite de la progestérone et ainsi déterminer si le cycle est ovulatoire et les durées des phases folliculaire et lutéale. Mesure de l'exposition : Une première approche consistera à prendre en compte les données des stations de fond de surveillance de la qualité de l'air à proximité des lieux de vie des couples. Une deuxième approche consistera à implémenter un modèle d'exposition intégré ayant 3 composantes articulées dans un Système d'Information Géographique (SIG) : un modèle de trafic routier prenant en compte l'intensité du trafic sur les principaux axes proches des lieux de vie du couple, un modèle de dispersion semi-gaussien (ADMS) intégrant les émissions de polluants dues au trafic et les données météorologiques et le budget espace-temps des couples. Ce modèle intégré permettra de prédire l'exposition aux principaux polluants de l'air provenant du trafic routier, sans exclure de sujet. Analyse statistique : L'influence des expositions environnementales sur la probabilité de grossesse sera estimée par un modèle de Cox à entrée différée. L'exposition pourra être traitée comme une variable dépendant du temps pour prendre en compte les variations saisonnières des niveaux de pollution atmosphérique. L'influence des expositions environnementales sur les caractéristiques de fertilité féminine sera estimée à l'aide de modèles de régression. Conclusion : Cette étude prospective permettra de caractériser l'influence des polluants de l'atmosphère issus du trafic routier sur la fertilité des couples. Elle repose sur des approches novatrices, tant du point de vue de la mesure de la fertilité (méthodologie de cohorte prévalente, caractérisation du cycle menstruel par des biomarqueurs) que de l'estimation de l'exposition (modèle de dispersion reposant sur un système d'information géographique et intégrant le budget espace-temps).
Coordination du projet
Organisme de recherche
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Partenariat
CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE DELEGATION REGIONALE ILE-DE-FRANCE SECTEUR PARIS A
Aide de l'ANR 200 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 36 Mois