CE35 - Santé-Environnement : Environnement, pathogènes et maladies infectieuses émergentes et réémergentes, résistance aux antimicrobiens

Hybrid Swarm: rôle de l'hybridation dans les capacités invasives, l'épidémiologie et le diagnostic de la schistosomiase – HySWARM

Résumé de soumission

Il existe un intérêt grandissant sur l'effet des changements globaux sur la transmission des maladies infectieuses. En effet, aussi bien les changements environnementaux (réchauffement climatique) qu'anthropiques (flux de personnes) sont susceptibles de promouvoir l'émergence ou l'expansion des pathogènes. Dans ce contexte, les maladies tropicales sont supposées monter en latitude. Jusqu'en 2013, la Bilharziose urogénitale était restreinte aux zones tropicales et sub-tropicales de la planète. En été 2013, plus de 100 personnes ont contracté une Bilharziose autochtone dans le sud de la Corse. La Corse est une ile méditerranéenne française, qui attire tous les étés des centaines de milliers de touristes. En été 2015 puis 2016 la contamination a repris et la Bilharziose est rentrée dans la liste des maladies infectieuses à déclaration obligatoire. La caractérisation génomique du parasite incriminé a montré qu'il ne s'agissait pas de l’agent pathogène habituel de la bilharziose uro-génitale humaine (Schistosoma haematobium) mais d'un parasite hybride entre cette espèce et un parasite de l'animal (S. bovis). Le statut hybride du parasite rend la situation épidémiologique plus complexe. En effet, le parasite hybride (i) pourrait être plus virulent pour ses hôtes invertébrés et vertébrés (i.e. vigueur hybride) (ii) est susceptible d'élargir son spectre d'hôtes invertébrés et vertébrés (iii) pourrait être moins sensible aux traitements médicamenteux (iv) et rendre plus difficile le diagnostic médical.
Le projet HySWARM est basé sur un protocole d'évolution expérimentale qui consiste à créer des souches hybrides de schistosomes dont le fonds génétique est contrôlé. Pour ceci, nous proposons d'hybrider les deux espèces pures de parasites à l’aide de croisements réciproques puis d’établir des lignées retro-croisées avec soit l'espèce S. haematobium, soit l'espèce S. bovis. En fonction du niveau d'introgression de chacune des deux espèces nous proposons (i) d'analyser la vigueur des parasites hybrides dans un contexte environnemental européen (ii) d'étudier la tolérance des parasites hybrides vis-à-vis du seul traitement utilisé pour lutter contre la Bilharziose (le Praziquantel) (iii) de tester la capacité des parasites hybrides à élargir leur spectre d'hôte (mollusque et vertébré) (iv) de décrire les déterminants moléculaires de la virulence des parasites à travers une double approche (RNAseq et DNAseq) (v) d'étudier les conséquences en terme de diagnostic médical en ce qui concerne l'examen parasitologique des fèces et des urines, le diagnostic ADN sérique ou antigénique (vi) de retourner sur le terrain afin de comparer les résultats expérimentaux aux données recueillis en population naturelle. Ce projet se situe dans le contexte One Heath ("une seule santé") car nous réunissons au travers des partenaires du projet les compétences d'experts des domaines de l'écologie parasitaire, du traitement des données -omiques, de médecine vétérinaire et humaine. L'objectif finalisé est d'évaluer les risques et de délivrer des outils et des stratégies de contrôle pour lutter contre la transmission des maladies infectieuses dans un mode en perpétuel changement.

Coordinateur du projet

Interactions Hôtes-Pathogènes-Environnements (Laboratoire public)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

Interactions Hôtes-Pathogènes-Environnements
Biologie Moléculaire et Immunologie Parasitaires
LDBIO DIAGNOSTICS
Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale

Aide de l'ANR 545 254 euros
Début et durée du projet scientifique : janvier 2019 - 48 Mois

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