Marie-Hélène Moncel - #monANR

Marie-Hélène Moncel, directrice de recherche au CNRS

 

Marie-Hélène Moncel, directrice de recherche au CNRS, rattachée au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris : L’origine de Néandertal

L’homme de Néandertal émerge il y a environ 450 000 - 400 000 ans. Une période charnière. C’est lors de cette période qu’il apprivoise le feu, modifie son comportement et développe des innovations techniques. Marie-Hélène Moncel veut comprendre pourquoi. En 2019, cette directrice de recherche au CNRS obtient le financement de son projet NEANDROOTS. Rattachée au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, elle s’entoure de spécialistes de disciplines diverses, dont des paléoclimatologues pour reconstituer cette période.

En quoi consiste votre projet de recherche, NEANDROOTS, soutenu par l’ANR ?

Je travaille sur une période comprise entre 450 000 et 350 000 ans avant notre ère, qui enregistre une longue phase interglaciaire qui succède à une période très froide. Mon projet vise à comprendre pourquoi le monde néandertalien avec ses comportements spécifiques émerge lors de cette période. Ces innovations majeures sont la maîtrise du feu, de nouveaux outillages et techniques, de nouvelles stratégies de subsistance. Le projet cherche à comprendre, entre autres, si le climat a eu un impact majeur sur ces modifications comportementales et si elles traduisent une transformation des capacités cognitives. Grâce à ce projet, nous avons pu acquérir une vision d’ensemble de cette période sur l’Europe de l’Ouest.

Quelle est la genèse de votre projet de recherche ?

Ce projet fait suite à un premier projet ANR portant sur une période plus ancienne, autour de 700 000 ans. Me focaliser dans un second temps sur une phase plus récente m’a permis d’accumuler des données et de mieux comprendre les raisons de l’arrivée de ces nouveaux comportements , à l’origine de Néandertal.

Qu’a permis ce financement ?

La période sur laquelle je travaille est encore mal connue. Grâce au soutien de l’ANR, j’ai pu établir une vaste base de données sur de nombreux sites archéologiques répartis dans plusieurs pays d’Europe de l’Ouest. Ce financement m’a également donné les moyens de collaborer avec des modélisateurs, des paléoclimatologues et des géochronologues, d’élargir mes collaborations, notamment au niveau européen.

Quel impact ce projet peut-il avoir sur la société ?

Travailler avec des paléoclimatologues nous aide à comprendre les comportements humains homininés face aux conditions climatiques. Bien sûr, nous étudions des échelles de temps très longues, sans comparaison directe avec notre époque, mais ces recherches offrent des informations précieuses sur les variations climatiques passées et les stratégies d’adaptation mises en œuvre par les homininés.

Quel a été l’impact sur votre trajectoire ?

Cet accompagnement a été déterminant. Il m’a permis de déposer un projet européen (ERC) en 2022, portant sur les premiers peuplements en Europe par des groupes humains qui vont conduire à l’émergence de Neandertal.

L’ANR fête ses 20 ans : que lui souhaiteriez-vous pour les 20 ans à venir ?

Je lui souhaite de continuer à financer des projets ambitieux et risqués, soutenir de jeunes chercheurs et chercheuses, sur des temps longs. En préhistoire ancienne, nous sommes peu nombreux, et l’ANR m’a offert les moyens essentiels pour travailler, explorer et construire des projets d’avenir.

En savoir plus

Projet NEANDROOTS - 450-350 ka : un seuil dans l'évolution humaine ? Comprendre les racines du monde néandertalien

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