Alessandro Morbidelli - #monANR
Alessandro Morbidelli : Le rôle des planètes géantes
« Pour la première fois, nous avions accès à une structure pour déposer nos projets et dynamiser la recherche. Jusqu’alors, il ne s’agissait que de petits projets faiblement financés. C’était enfin possible d’envisager des projets d’envergure. Les résultats que nous avons obtenus n’auraient pas été possibles sans le soutien de l’ANR. » Alessandro Morbidelli, planétologue à l'Observatoire de la Côte d'Azur, Laboratoire J.-L. Lagrange, Professeur au Collège de France
En quoi consiste votre projet de recherche ?
En 2013, j’ai été investigateur principal du projet MOJO, qui portait sur la modélisation des origines des planètes joviennes, c’est-à-dire les planètes géantes du système solaire : Saturne, Neptune, Jupiter. Nous voulions comprendre comment la formation de ces planètes géantes avait eu un impact sur la formation du système solaire.
Quelle a été la genèse de ce projet ?
À l’époque, j’élaborais un modèle décrivant l’évolution du système solaire après la formation des planètes et la dissipation du gaz autour du Soleil. Il nous fallait mieux comprendre comment ces planètes géantes s’étaient formées. On ne le concevait pas bien, et plusieurs hypothèses étaient en discussion : la pression du gaz, l’accrétion de corps, la poussière… Nous avons pu explorer différents processus.
Qu’a permis ce financement ?
Avoir les moyens nécessaires pour travailler : disposer d’équipements, participer à des colloques, et surtout, engager la synergie entre chercheurs ! Dans mon domaine, la force de ce projet a reposé sur les ressources humaines, notamment grâce à des équipes de post-doctorants très efficaces. C’est un domaine très compétitif, ce qui stimule énormément la recherche.
Nous avons, par exemple, compris que la formation de Jupiter avait établi une sorte de barrière dans le mouvement des grandes poussières du disque proto-planétaire, les empêchant de migrer vers les zones internes du système. On pourrait penser que cela n’a pas d’importance, mais non ! C’est crucial : cela explique pourquoi la Terre contient relativement peu d’eau par rapport à ce qu’elle aurait dû avoir.
L’ANR a 20 ans, que lui souhaitez-vous pour les 20 années à venir ?
Pour la première fois, nous avions accès à une structure pour déposer nos projets et dynamiser la recherche. Jusqu’alors, il ne s’agissait que de petits projets faiblement financés. C’était enfin possible d’envisager des projets d’envergure. Les résultats que nous avons obtenus n’auraient pas été possibles sans le soutien de l’ANR.
En savoir plus :
Projet MOJO - Modélisation du processus de croissance des planètes Joviennes
Alessandro Morbidelli codirige également le programme de recherche de France 2030 « Origines : des planètes à la vie »