ORA8 - Open Research Area pour les sciences sociales 2025

Les mobilités virtuelles des étudiants internationaux: vers un nouveau modèle d'internationalisation de l'enseignement supérieur ? – VIRMOBS

Résumé de soumission

La crise sanitaire a eu de lourds impacts sur l’ensemble des circulations étudiantes à travers le monde, accélérant l’avènement des mobilités virtuelles, en remplacement ou en complément de mobilités physiques à l’étranger, proposant aux étudiants une nouvelle vision de l’expérience internationale. Celle-ci suppose de penser les mobilités différemment, en incluant des formes virtuelles ou hybrides. Or, les opportunités et les expériences des étudiants internationaux engagés dans des formations à distance sont insuffisamment connues.
Le projet VIRMOBS sera la première recherche significative portant sur la comparaison des dynamiques qui sous-tendent les mobilités virtuelles des étudiants internationaux inscrits dans des formations universitaires à distance au Royaume-Uni, en France et au Canada. Ces pays figurent parmi les six premières destinations des étudiants internationaux dans le monde. Pour autant leurs stratégies de recrutement n’en sont pas moins différentes, offrant les conditions idéales d’une étude comparative. Le système britannique a mis en place des frais différenciés pour les étudiants internationaux dès les années 1980 et est aujourd'hui de loin le système le plus marchandisé ; par contraste, dans une logique de soft-power jusque dans les années 2000, la France n’a appliqué des frais différenciés pour les étudiants extra-communautaires qu’en 2020, avec un accent renouvelé sur des principes d’immigration sélective et d’ajustement du marché du travail. Le Canada se caractérise par une situation intermédiaire, en proposant des stratégies internationales axées sur le recrutement d’étudiants étrangers afin de générer des revenus mais aussi d’atténuer le déclin démographique, avec des variations selon les provinces.
Les mobilités virtuelles des étudiants internationaux soulèvent des questions essentielles en matière d’apprentissage, d’expérience culturelle, d’inclusion sociale, d’assurance qualité, de reconnaissance des qualifications, de financement et de réduction de l’impact environnemental. Si à première vue, ces innovations éducatives semblent diminuer les barrières territoriales, favoriser le dialogue interculturel et avoir un grand potentiel pour contribuer à l’inclusion sociale, elles doivent cependant être soigneusement examinées et évaluées. Elles sont susceptibles en effet de créer de nouvelles inégalités entre les étudiants internationaux, avec d’importantes variations en fonction du genre, des origines socio-économiques, culturelles et ne font qu’effacer superficiellement les frontières entre les étudiants, laissant intacts les obstacles auxquels se heurtent les acteurs du Sud dans leurs projets de migration physique pour études.
Au sein et entre ces pays, le projet comparera les dynamiques institutionnelles et les choix politiques qui sous-tendent le développement des mobilités virtuelles en utilisant une méthodologie sociohistorique à un niveau « macro » ; à un niveau « méso », le travail sur le terrain se concentrera sur des études de cas d’établissements universitaires et de leurs formations en ligne auxquels sont inscrits des étudiants internationaux, afin de mieux comprendre les stratégies de mise en œuvre et de fonctionnement de ces enseignements ; à un niveau d’analyse « micro », la méthodologie combinera un questionnaire et des entretiens biographiques auprès d’étudiants internationaux inscrits dans les programmes en ligne des institutions universitaires enquêtées.
En combinant des approches mixtes et en adoptant une perspective comparative internationale, le projet apportera une clarté conceptuelle et une image riche de ce phénomène à croissance rapide. VIRMOBS aidera les établissements à soutenir leurs étudiants internationaux qui suivent des programmes d'études à distance et fournira une base aux décideurs politiques pour mieux prendre en compte la mobilité des étudiants virtuels dans les politiques publiques, y compris celles liées au financement, à l'immigration et à l'accréditation.

Coordination du projet

Valérie Erlich (UNITE DE RECHERCHE MIGRATIONS ET SOCIETE)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

Université de Montréal
University of Surrey
URMIS UNITE DE RECHERCHE MIGRATIONS ET SOCIETE
MESOPOLHIS Centre méditerranée de sociologie, de science politique et d'histoire
Université TELUQ Québec
UOB University of Bath

Aide de l'ANR 316 154 euros
Début et durée du projet scientifique : mars 2025 - 36 Mois

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