Décarboniser l'industrie: innovation, structure de marché et politiques publiques – DISIMS
Afin de limiter le réchauffement climatique à moins de deux degrés Celsius, comme le prévoit l'Accord de Paris, il est impératif que les grandes économies développées, telles que l'Allemagne et la France, deviennent neutres en carbone d'ici 2050.
Pour réaliser ces réductions d'émissions, il convient de mettre en place des processus de production fondamentalement nouveaux. Cependant, la recherche, le développement et le déploiement de nouvelles technologies sont entravés par des défaillances du marché, ce qui conduit à un sous-investissement dans ces nouvelles technologies.
Par ailleurs, les entreprises allemandes et françaises sont en concurrence avec des producteurs issus de juridictions où les émissions de carbone sont moins réglementées, ce qui crée des avantages comparatifs pour ces producteurs. Dans ce contexte, le commerce international ne rend pas seulement la politique climatique européenne moins efficace, entraînant des "fuites de carbone", mais contribue également à la désindustrialisation.
Alors que de nombreuses contributions traitent de ces deux défis de manière isolée dans le cadre d'une concurrence parfaite, il existe peu de recherches à l'intersection de l'organisation industrielle et de l'économie de l'environnement qui étudient simultanément ces questions. Leur interdépendance complique les prescriptions et les évaluations des politiques, et peut conduire à des recommandations inefficaces. Du point de vue de la théorie économique, face à de multiples défaillances de marché, les politiques visant à corriger une défaillance particulière n'améliorent pas nécessairement le bien-être si des distorsions supplémentaires affectent l'équilibre.
Le premier objectif du projet de recherche, est de comprendre comment la réglementation environnementale et les structures du marché influencent les incitations des firmes à innover. De nombreuses industries contribuant de manière significative au changement climatique sont caractérisées par une concurrence imparfaite, en raison de coûts fixes à l'entrée (acier, ciment). L’utilisation de modèles d'organisation industrielle est cruciale pour étudier ces questions alors qu’elle est largement absente de la littérature sur l'économie de l'environnement. Notre objectif est ensuite de fournir des éclairages significatifs sur les effets intra-industriels des politiques environnementales, en mettant particulièrement l'accent sur l'innovation.
Deuxièmement, nous complétons notre analyse au niveau de l'entreprise par une perspective à l'échelle de l'économie dans son ensemble pour évaluer les impacts globaux sur le bien-être en considérant les effets interindustriels, le commerce international, ainsi que les interactions d'équilibre général affectant les prix des facteurs et la demande. Contrairement à la littérature existante, l'objectif de la recherche proposée est de développer, d'estimer et de simuler des modèles structurels avec des effets d'équilibre partiel et général des politiques climatiques.
Coordination du projet
Bertrand KOEBEL (Bureau d'économie théorique et appliquée (UMR 7522))
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Partenariat
BETA Bureau d'économie théorique et appliquée (UMR 7522)
ZEW Zentrum fu¨r Europäische Wirtschaftsforschung
Aide de l'ANR 121 762 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 36 Mois