Mobilisations conservatrices et contraintes discursives : émergence, compréhension, adaptation – MOCONDI
Des contraintes sociales et juridiques pèsent sur l’expression militante des protagonistes investi·es contre des demandes d’égalité en matière de droits sexuels et reproductifs et viennent délimiter les frontières du dicible et de l’indicible. Le concept d’homophobie est une contrainte manifeste dans le cadre de la production des discours émanant de ces luttes, contraintes que nous appellerons désormais « contraintes discursives ». Partant de ce constant, ce présent projet, inscrit en sociolinguistique critique et en analyse du discours, souhaite poursuivre l’étude des mobilisations conservatrices du 21e siècle autour de questions de genre, sexe et sexualité, et particulièrement l’articulation entre expression militante et contraintes discursives dans une perspective diachronique et synchronique. À partir de données ethnographiques et archivistiques, les objectifs de ce projet sont 1) de comprendre les conditions et procédés d’instauration des contraintes discursives qui entourent l’expression militante conservatrice depuis ces vingt dernières années, 2) d’analyser leurs natures (réelles ou fantasmées), leurs évolutions et, avec elles, la reconfiguration de l’espace discursif (dicible, indicible) autour de ces délibérations citoyennes conflictuelles, 3) d’interroger les effets de ces contraintes discursives sur les discours conservateurs. En suivant ces objectifs, ce projet entend plus largement interroger les processus de construction de la dicibilité, aussi bien ses dynamiques de transformation et de régulation, que celles de stabilisation durant le début du 21e siècle autour de la démocratie sexuelle.
Coordination du projet
Claire Hugonnier (UNIVERSITÉ GRENOBLE ALPES)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
LIDILEM UNIVERSITÉ GRENOBLE ALPES
Aide de l'ANR 256 739 euros
Début et durée du projet scientifique :
décembre 2025
- 42 Mois