Comportements conjugaux et retraite – MARITAL
La question des inégalités de revenu et de leurs déterminants est au premier plan, dans le débat public comme dans la sphère académique. Elle l’est en particulier, et continuera à l’être, au sein de la population des retraités, compte tenu d’une baisse attendue du niveau des pensions relativement aux revenus d’activité dans les années à venir. Parmi les déterminants de la formation de ces inégalités au sein des retraités, le rôle de la situation conjugale a fait l’objet de peu d’attention dans la littérature. Or, la profonde transformation des comportements conjugaux depuis plusieurs décennies – hausse de la part d’unions non mariées, pacsées ou unions libres, des séparations –, initiée par la génération du babyboom, désormais en partie à la retraite, va modifier durablement la structure conjugale de la population retraitée, avec des implications importantes en termes d’inégalité. La situation conjugale des seniors et son évolution sont ainsi importantes pour les politiques publiques. Ces évolutions interagissent toutefois avec celles du système de retraite. Ce dernier joue lui aussi un rôle déterminant sur les inégalités de revenus entre retraités, car les pensions constituent leur principale ressource mais également parce qu’il a, de par sa fonction d’assurance, pour objectif d’atténuer partiellement les disparités héritées de l’inégale répartition des revenus d’activité. La redistribution, définie comme une moindre dispersion des retraites comparées aux trajectoires salariales, est ainsi une problématique centrale de l’étude du système de retraite. Ce système intègre en outre des dispositifs directement liés à la situation matrimoniale, telle la pension de réversion. Or, bien que la dimension du couple apparaisse comme un des éléments clés de l’analyse des inégalités de retraite, elle est, paradoxalement, pour l’instant absente des réflexions et des mesures de la redistribution engendrée par le système de retraite, les analyses étant menées au niveau individuel et sur les seuls droits directs de retraite. En outre, on peut aussi s’interroger sur l’impact « à rebours » des dispositifs de retraite sur les comportements conjugaux des seniors. Un degré de protection apporté par l’État différent selon la situation conjugale pourrait influencer le type d’union choisie. L’ambition du projet Marital est d’étudier le rôle de la situation conjugale dans la formation des inégalités de pensions de retraite au sein des retraités. Le projet poursuit trois objectifs : améliorer la connaissance de la situation et des évènements conjugaux des seniors, leurs déterminants et évolutions au fil des générations ; identifier les canaux réciproques par lesquels la situation conjugale et les situations de retraite s’influencent en analysant les interactions entre les trajectoires et comportements conjugaux, les comportements de départ à la retraite et le dispositif de réversion ; renouveler l’analyse des inégalités de pension et des propriétés redistributives du système de retraite en intégrant la dimension du couple et le dispositif de réversion, et évaluer les effets sur celles-ci de réformes possibles des règles de réversion. Il s’agira de développer un cadre conceptuel incluant la dimension du couple dans l’analyse de la redistribution du système de retraite et de développer un modèle de microsimulation dynamique afin d’étudier les impacts des réformes envisageables des dispositifs de retraite liés au couple. L’ajout de la dimension couple dans les thématiques de retraite est rendue possible par la disponibilité de nouvelles bases de données, résultant d’appariements inédits entre des données individuelles sur les retraites (Echantillon Interrégimes des Retraités, EIR et Echantillon Interrégimes des Cotisants, EIC, produits par la DREES) et des bases avec des informations fiscales (Échantillon démographique permanent, EDP et Fichier Démographique sur les logements et les individus, Fideli) (produits par l’Insee) individuelles et de couple.
Coordination du projet
Carole BONNET (INSTITUT NATIONAL D'ÉTUDES DÉMOGRAPHIQUES)
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Partenariat
DEMO ECO INSTITUT NATIONAL D'ÉTUDES DÉMOGRAPHIQUES
ECOLE D ECONOMIE DE PARIS
Aide de l'ANR 420 840 euros
Début et durée du projet scientifique :
janvier 2026
- 48 Mois