CE28 - Cognition, comportements, langage

Réguler la punition pour renforcer la coopération: Des individus aux institutions – ENFORCE

Résumé de soumission

La punition est un mécanisme puissant pour inciter les individus à coopérer, mais elle constitue également une arme à double tranchant. Si certaines théories mettent en avant ses conséquences prosociales, d’autres soulignent son potentiel destructeur. La punition peut être utilisée pour se venger ou pour obtenir un avantage compétitif sur les autres, et elle est parfois dirigée contre des individus très coopératifs. Les groupes humains sont donc confrontés à un double défi : renforcer la coopération tout en minimisant les conséquences destructrices de la punition. Comment les individus et les communautés humaines régulent-ils la punition de manière à ce qu’elle serve le bien commun ? En intégrant des perspectives issues de la psychologie, de l’anthropologie, de l’économie et de l’évolution culturelle, le projet ENFORCE propose et teste empiriquement trois possibilités pour limiter les effets délétères de la punition. Le projet s’articule autour de trois axes de recherche interconnectés, qui examinent comment la punition est régulée par des systèmes réputationnels, des normes sociales et des règles institutionnelles. Il adopte une approche multi-méthodes, combinant des enquêtes transculturelles à la fois dans des sociétés à petite échelle et des sociétés industrialisées, ainsi que des tâches expérimentales innovantes permettant d’étudier l’émergence « par le bas » des normes et des institutions dans les groupes humains. Le Projet 1 explore comment les systèmes de réputation peuvent réguler la punition en récompensant les punisseurs prosociaux et en imposant des coûts réputationnels aux punisseurs antisociaux. Il s’intéresse à la manière dont les bénéfices et les coûts réputationnels varient en fonction de la forme, de l’intensité et de la proportionnalité de la punition. Le Projet 2 examine comment les normes sociales régulent la punition en prescrivant qui a le droit de punir et au nom de qui. Il se concentre sur les normes limitant la punition par les victimes elles-mêmes—ainsi que par leurs proches ou leurs alliés—et étudie comment ces normes varient d'une culture à l'autre. Pris conjointement, les projets 1 et 2 répondent à la demande croissante en sciences sociales et comportementales de dépasser l'étude d'échantillons d'étudiants occidentaux en collectant des données auprès de populations culturellement diverses. Cette approche transculturelle permet d'identifier les similitudes et les différences dans l'évaluation de la punition à travers les sociétés et de tester, sur la base de théories, comment les facteurs socio-écologiques et culturels façonnent les normes en matière de la punition. Le Projet 3 analyse comment les institutions formelles régulent la punition par le biais de règles qui définissent quand la punition est autorisée, quel peut être son degré de sévérité et qui peut en être la cible. Pour comprendre la variabilité des solutions institutionnelles à travers les groupes humains, ce projet utilise des expériences de prise de décision qui simulent les principales caractéristiques des problèmes d'action collective rencontrées dans le monde réel. Cette configuration innovante permet de tester l’effet causal des menaces externes—telles que les risques environnementaux ou les conflits intergroupes—sur la forme des institutions punitives que les individus adoptent. Pris conjointement, ces projets introduisent des innovations méthodologiques clés, en générant des bases de données ouvertes et inter-sociétales et en développant de nouveaux paradigmes expérimentaux pour étudier l'émergence et la transformation des institutions. Dans l’ensemble, ENFORCE offre un potentiel important pour intégrer des résultats apparemment divergents sur les multiples usages de la punition dans les sociétés humaines, en découvrant les mécanismes par lesquels celles-ci réglementent la punition pour renforcer la coopération.

Coordination du projet

Catherine Molho (FONDATION JEAN JACQUES LAFFONT TOULOUSE SCIENCES ECONOMIQUES)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

FONDATION JEAN JACQUES LAFFONT TOULOUSE SCIENCES ECONOMIQUES

Aide de l'ANR 391 893 euros
Début et durée du projet scientifique : janvier 2026 - 48 Mois

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