L'articulation des sons renforce l'acquisition – SARA
L’apprentissage de la prononciation de l’anglais, souvent redouté par les apprenants, est pourtant essentiel pour bien se faire comprendre. Alors qu’on considère en général qu’une bonne perception des sons est nécessaire pour bien les prononcer, cette étape n'empêche pas des difficultés de prononciation persistantes chez les apprenants. Ils tendent alors à utiliser des gestes articulatoires plus familiers (car issus de leur langue maternelle), mais inadaptés dans la langue cible. Le projet SARA vise tout d’abord à analyser en production ces phénomènes de transfert au moyen de l’IRM articulatoire en temps réel. Dans un second temps, cette même technique sera employée pour fournir aux apprenants un retour visuel de leur propre articulation ainsi que celle d’un modèle natif. Nous testerons si cette représentation visuelle riche des organes de la parole permet d’améliorer l’articulation des apprenants par rapport à la technique de retour visuel plus commune (et moins informative) par échographie de la langue. De plus, si le retour visuel améliore la précision des gestes articulatoires, son impact sur la perception des sons entraînés, notamment la distinction de contrastes phonémiques difficiles, reste à clarifier. Nous examinerons donc à quel point les représentations motrices sont mobilisées dans la perception de contrastes difficiles en langue étrangère en observant l’activité cérébrale grâce à l’IRM fonctionnelle, ainsi que les effets d’un entraînement articulatoire sur la perception de ces contrastes. En s’appuyant sur l’analyse d’apprenants francophones de l’anglais, le projet SARA vise à répondre aux questions suivantes : 1) Les apprenants transfèrent-ils les gestes articulatoires de leur langue maternelle à leur langue étrangère? 2) Quel est l’impact de la quantité d’information dans les retours visuels que nous proposons sur l’acquisition ? 3) L’amélioration des représentations articulatoires conduit-elle à une meilleure perception des contrastes difficiles ?
Coordination du projet
Emmanuel Ferragne (UNIVERSITÉ PARIS CITÉ)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
ALTAE UNIVERSITÉ PARIS CITÉ
IPNP INSTITUT DE PSYCHIATRIE ET NEUROSCIENCES DE PARIS
Aide de l'ANR 250 454 euros
Début et durée du projet scientifique :
septembre 2025
- 36 Mois